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Actu-Environnement

Couches pour bébés : l'Anses demande un encadrement réglementaire plus restrictif

L'Agence nationale de sécurité sanitaire a retrouvé des substances chimiques dangereuses dans toutes les couches jetables pour bébés qu'elle a testées. Elle appelle à une évolution de la réglementation pour améliorer la situation.

Risques  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com

"Le dispositif réglementaire existant (…) tel que défini dans la Directive sur la sécurité générale des produits n'est pas suffisant, du fait de la présence de substances chimiques dangereuses dans ces produits", a souligné dans son avis l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

Saisie en janvier dernier par la Direction générale de la santé (DGS), la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et la Direction Générale de la Prévention des Risques (DGPR), l'Agence s'est penchée sur la présence de polluants dans les couches jetables pour enfants et a essayé de caractériser les risques associés.

Des pesticides interdits retrouvés

Quels que soient les essais réalisés, les substances détectées et/ou quantifiées sont globalement les mêmes. Les contaminants figurent aussi bien dans les références de couches dites écologiques que dans les autres. Parmi les pesticides trouvés, la majorité sont aujourd'hui interdits dans l'Union européenne. L'Agence a également retrouvé du glyphosate et des substances telles que des dioxines, des furanes, des polychlorobiphényles de type dioxines (PCB-DL), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et du formaldéhyde.

Parmi les difficultés rencontrées pour mener ses travaux, l'Anses a indiqué ne pas avoir réussi à connaître avec précision la nature des matériaux avec lesquels sont fabriquées les couches jetables ou la description des auxiliaires de fabrication comme les colles, parfums, encres, etc.

"Certaines étapes des procédés de fabrication mettraient en œuvre de la silice, dont une partie sous forme nanoparticulaire, note l'Anses. Le CES [comité d'experts spécialisés] rappelle que la déclaration de substances à l'état nanoparticulaire dans le registre national R-Nano doit être réalisée".

Autre limite pour la quantification des risques : l'absence de valeur toxicologique de référence (VTR) pour une voie d'exposition cutanée, adaptée à ce contexte, pour les substances chimiques étudiées. L'Anses s'est donc rabattue sur des VTR par voie orale. "A ce jour et en l'état actuel des connaissances, il n'est pas possible d'exclure un risque sanitaire lié au port des couches à usage unique", a-t-elle conclu.

Vers une restriction par type d'articles, selon le règlement Reach ?

Pour améliorer la situation, l'Agence propose un cadre réglementaire plus contraint qui pourrait passer une procédure de restriction par type d'articles, selon le règlement Reach.

En attendant, elle préconise aux fabricants de supprimer l'utilisation de substances parfumantes mais également de mieux maîtriser l'origine des matières premières. Celles-ci peuvent, en effet, être contaminées avant la fabrication. Les procédés d'élaboration des couches doivent également être revus pour réduire la présence des polluants. "Pour limiter les dioxines et furanes chlorés, les phases de blanchiment des matériaux pourraient être réalisées sans agents chlorés, donne-t-elle comme exemple. Pour cela, des techniques existent telles que l'utilisation de dioxygène et du peroxyde d'hydrogène".

Sans attendre l'évolution réglementaire, l'Anses souhaite que soit fixé une concentration maximale pour chaque membre de la famille des dioxines, furanes chlorées et les polychlorobiphényles de type dioxine (PCB-DL). L'Agence préconise un seuil proche des limites mesurables.

Enfin, l'Anses recommande de poursuivre les campagnes de mesures, sur des broyats de couches entières, sur l'ensemble des produits du marché pour s'assurer de la prise en compte de ses recommandations par les fabricants.

"A la suite du rapport de l'@Anses_fr sur la sécurité sanitaire des couches, nous rencontrons, avec @agnesbuzyn et @FdeRugy, les fabricants et distributeurs. Nous demandons aux industriels de prendre rapidement les mesures garantissant la sécurité des produits sur le marché", a réagi dans un tweet, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances.

Réactions5 réactions à cet article

 

Question à Mme la rédactrice : cela concerne-t-il aussi les couches bio ? (ce que j'utilise et il semble avoir bcp moins de molécules...).

Nicolas | 24 janvier 2019 à 14h36
 
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L’analyse de l’Anses n’a porté que sur 23 références. L’Agence n’a pas souhaité publier la liste. Elle a toutefois indiqué que cette sélection comportait également des couches jetables dites "écologiques ".

Le constat de l’Anses est que toutes les couches testées, même celles dites "écologiques " dépassent les seuils pour au moins une des substances suivantes :

Dans les broyats de couches entières :

des composés organiques volatils (naphtalène, styrène, toluène, dichlorobenzènes, p-isopropyltoluène, xylènes, chlorobenzène), des pesticides (hexachlorobenzène, quintozène et son métabolite la pentachloroaniline, le glyphosate et son métabolite l’AMPA), du formaldéhyde, des dioxines, furanes et PCB-DL, des substances parfumantes (alcool benzylique, salicylate de benzyle, coumarine, l’hydroxyisohexyl 3-cyclohexène carboxaldéhyde (lyral®), le butylphényl méthyle propional (lilial®), limonène, linalol, alpha-isométhyle ionone).

Dans le voile externe, le voile interne et les autres parties (sauf le coussin absorbant) :

des dioxines, furanes

Dans les élastiques : des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)

Dorothée Laperche Dorothée Laperche
24 janvier 2019 à 15h29
 
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On s'alarme pour de faibles expositions au contact des couches, cela est louable, mais de la maternelle au CE1, au moins, les ardoises pour apprendre l'écriture se sont muées en ardoises blanches effaçables et les enfants baignent des années durant dans les vapeurs riches en xylènes et en toluènes des marqueurs effaçables (...). Il y en a bien à l'alcool, (...), mais considérés plus chers, à moindre durée de vie, ou au tracé peu contrasté, etc. toutes les institutrices à qui j'ai fait part de ce scandale ont semblé totalement inconsciente du risque pour la (y compris leur) santé. De plus, avec l'essort des tableaux blancs et des rétroprojecteurs pour afficher les pages d'écrans d'ordinateur, les craies disparaissent complètement. La norme jouet ne s'appliquerait pas au outils d'écriture? Les peintres en bâtiment qui passent à l'acrylique, au détriment des peintures glycéro, me semblent mieux protégés que les enfants, en plein développement neurologique, et confinés dans leurs salles de classe.

Nicolas Guary | 25 janvier 2019 à 23h03
 
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Il serait intéressant de définir précisément ce qu'est une couche "écologique" ou "bio"...
Cela permettrait sans doute un "décryptage" du règlement bio qui est une véritable foutaise: pour les curieux qui ont envie de lire ces textes et aller au-delà des prétentions du marketing des margoulins du bio, c'est le règlement 889/2008 qui sera bientôt remplacé par le règlement 2018/848.
Après lecture approfondie, merci de revenir dire ce que vous en pensez vraiment...
Par exemple, en posant la question suivante: quelle étude a bien pu permettre l'autorisation des substances listées dans les annexes VI, VII et VIII de ce texte...

Albatros | 01 février 2019 à 16h15
 
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Ne vous en faites pas, cher Monsieur Guary, on va vite trouver une estampille "bio" ou "écolo" pour ces jolis feutres de couleurs...
Et la poussière de craie ?

Albatros | 01 février 2019 à 16h17
 
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