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Actu-Environnement

"Nette amélioration" de la qualité de l'eau du robinet

La population française alimentée par une eau non conforme aux limites de qualité pour les pesticides a diminué de 43% depuis 2003, et de 16% entre 2010 et 2012 pour les nitrates, selon la Direction générale de la Santé.

Eau  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

L'eau du robinet distribuée en France en 2012 est "globalement de bonne qualité", selon le rapport publié le 14 octobre par la Direction générale de la Santé (DGS), réalisé à partir des données du contrôle sanitaire mis en œuvre par les Agences régionales de santé (ARS).

Les programmes de contrôle de la qualité de l'eau du robinet donnent lieu, chaque année, "à la réalisation de plus de 12 millions d'analyses, ce qui fait de l'eau du robinet la denrée alimentaire la plus contrôlée en France", souligne la DGS.

Pesticides et nitrates : limites dépassées en zones rurales

Si la DGS constate "une nette amélioration" de la qualité de l'eau du robinet distribuée ces dernières années, elle pointe néanmoins des disparités géographiques.

Les dépassements des limites de qualité pour les pesticides (insecticides, herbicides, fongicides,…) et les nitrates sont "majoritairement rencontrés en zones rurales". Tous les territoires agricoles ne sont cependant pas touchés. En 2012, 95,5% des Français ont été alimentés par une eau conforme vis-à-vis des pesticides. En 2012, plus de 550 pesticides différents ont été recherchés dans l'eau par les ARS en fonction notamment des activités agricoles locales, des surfaces cultivées et des quantités de pesticides vendus. 348 molécules ont été détectées et 172 ont été retrouvées au moins une fois à une teneur supérieure à la limite de qualité. Les molécules les plus fréquemment mesurées à des teneurs supérieures à 0,1 μg/L sont l'atrazine (pesticide rémanent interdit en France depuis octobre 2003), ses métabolites (atrazinedéséthyl et atrazine-déséthyl-déisopropyl) et le métaldéhyde.

Depuis 2003, la population alimentée par une eau non conforme vis-à-vis des pesticides a diminué de 43%, souligne la DGS. Le nombre de personnes ayant été concernées par des restrictions des usages de l'eau à cause de la présence de pesticides est également "en baisse régulière" (environ 27.000 personnes en 2012 contre 164.300 en 2003).

Des améliorations ont également été observées pour les nitrates avec une baisse de 16% de la population alimentée par une eau non conforme entre 2010 (130.000 habitants concernés) et 2012 (110.000 habitants).

En 2012, 99,1% de la population ont ainsi été alimentés "en permanence par de l'eau respectant la limite de qualité pour les nitrates". Les teneurs en nitrates "n'ont jamais été supérieures à 100 mg/L en 2012",  précise la DGS. Pour près de 62% de la population, la concentration maximale en nitrates a été inférieure à 25 mg/L.

Plomb : risque de non-conformité des réseaux privés

En 2012, 98,2 % des analyses de plomb étaient conformes à la limite de qualité de 25 μg par litre d'eau. Depuis le 25 décembre 2013, cette limite est passée à  10 µg/L. 90,9% des analyses étaient inférieures à 5 µg/L. "Bien que les collectivités aient mis en oeuvre de vastes programmes de remplacement des canalisations et des branchements publics en plomb, des non conformités peuvent être rencontrées au robinet lorsque des canalisations en plomb persistent au niveau des réseaux intérieurs privés", prévient la DGS.

Fin 2013, il restait environ 1,2 million de branchements en plomb à remplacer soit un peu moins de 5% du parc national des branchements publics, selon le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD). Concernant l'habitat privatif, peu de travaux ont été entrepris.

Mesures des résidus médicamenteux et du BPA

Le ministère de la Santé et l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ont également lancé des campagnes nationales de mesures de deux substances émergentes : les résidus de médicaments et le bisphénol A (BPA) pour lesquels il n'existe pas de limite de qualité. "Les réglementations européenne et française ne prévoient pas de les rechercher", indique la DGS.

En 2009, 45 substances pharmaceutiques (et leurs principaux métabolites), d'origine humaine ou vétérinaire, ont été recherchées. Pour environ 75% des échantillons d'eau potable, aucune de ces 45 molécules n'a été quantifiée. Pour les 25% d'échantillons positifs, les analyses ont généralement révélé la présence simultanée d'une à quatre molécules. Les plus fréquemment retrouvées sont la carbamazépine (anti-épileptique) et son principal métabolite ainsi que l'oxazépam (anxiolytique).

Le BPA est quant à lui utilisé pour la synthèse de résines époxy-phénoliques (revêtement de surface interne de réservoirs et canalisations d'eau potable) et des polycarbonates (carafes et bonbonnes à eau). Sur les 292 échantillons d'eau du robinet analysés en 2011, 4,1% contenaient du BPA. Parmi ces échantillons, seuls 0,7% ont pu être quantifiés (limite de quantification égale à 25 nanogrammes par litre).

Ces deux campagnes ont respectivement montré que les concentrations trouvées dans les eaux du robinet "étaient 1.000 à 1 million de fois inférieures aux doses utilisées dans le cadre des doses thérapeutiques et que l'eau du robinet ne contribuait pas de manière significative à l'exposition de la population au BPA", souligne la DGS. D'autres campagnes de mesures sont actuellement en cours, et notamment sur les phtalates ou le chrome hexavalent.

Réactions6 réactions à cet article

 

Participant aussi à la pollution par excès de puisage dans les nappes et excès de consommation d'énergie (pour l'eau chaude etc), outre les pertes réseau encore importante, à noter aussi que beaucoup de français, particuliers et entreprises n'ont pas systématiquement encore des mousseurs économiseurs d'eau sur les robinets, douche etc de même que des réglages pression etc mal ajustés. Les mousseurs économiseurs coûtent quelques euros par robinet et c'est autour de 40% d'économie d'eau et environ 8% du poste global chauffage. Récemment une entreprise internationale bien connue, l'une des plus grosses capitalisations de Wall Street, allait bêtement ajouter des ballons d'eau chaude dans des unités face à une très grosse conso. sous évaluée, pour se rappeler qu'il y avait hyper simple et çà avait été oublié tellement c'était simple ! Donc c'est à rappeler en lisant cet excellent article.

Energie+ | 18 octobre 2014 à 03h40
 
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Que le developpement durable est merveilleux. La résultat que met en avant l’article à été obtenu après une dépense de centaines de millions d'euros pour faire des interconnexions sur les puits les moins pollués générant un gout dégueulasse de l'eau potable (puisque traitée pour être transportée sur des kilomètres) tout en lavant la conscience des agripollueurs qui peuvent ainsi continuer tranquillement à pourrir la ressource qui était potable naturellement.
Merci l’État corrompu et merci le lobby agricolochimique (2% de la population)

JCC | 18 octobre 2014 à 20h17
 
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Enquête publique quand le forage est creuse depuis longtemps ??

Multiples zenquetes QUE NOUS PAYONS de régularisation ??

firminou | 20 octobre 2014 à 12h10
 
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Parler de l'amélioration qualitative de l'eau du robinet sans évoquer les millions d'euros investis pour dépolluer les eaux brutes et mettre en place des interconnexions est à la limite de la désinformation!!!!
Comme d'habitude on traite les symptômes en faisant semblant d'ignore les causes!!!!
Il est urgent de s'attaquer à l'origine de la pollution (pesticides et nitrates) notamment en remettant en cause les modes de production agricole!!et donc s'attaquer au lobbying de l'agrochimie!!!

NDC | 20 octobre 2014 à 12h27
 
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Oui la qualité de l'eau s' améliore cf : http://www.eau-seine-normandie.fr/index.php?id=7854

balxha | 21 octobre 2014 à 13h08
 
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En lisant l'article, on a l'impression d'un certain regret à ne pas justifier le catastrophisme... C'est presque dommage que la qualité s'améliore, merde alors!
Heureusement viennent les commentaires violemment accusateurs qui me rassurent quant à la vigilance des "lanceurs d'alertes" en peau de lapin qui, courageusement, défendent la planète contre ces s*****s d'agriculteurs, d'industriels, de lobbyistes qui, cachés, complotent pour la destruction de ladite planète, ces vipères lubriques...
Gloire à ces héros méconnus (qui vont bientôt m'accuser d'être à la solde de...)

Albatros | 22 octobre 2014 à 17h31
 
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