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L'Anses confirme le potentiel irritant du diméthylfumarate

Les travaux de l'Anses confirment le potentiel irritant du diméthylfumarate à l'origine des symptômes cutanés aigus constatés en 2008. L'Agence fait une série de recommandations pour prévenir l'apparition de nouveaux cas.

Risques  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
   
L'Anses confirme le potentiel irritant du diméthylfumarate
   

Trois ans après les premiers signalements de symptômes liés à une exposition au déméthylfumarate, l'Anses fait un point sur les connaissances disponibles sur cette substance et présente les recommandations formulées dans l'avis qu'elle a rendu le 20 mai dernier.

Interdiction de mise sur le marché

"En 2008, plusieurs centaines de signalements de symptômes cutanés aigus de type allergique (eczémas, dermites irritatives ou allergiques) parfois sévères ont été observés en France et dans d'autres pays européens", rappelle l'Anses. "Ces cas survenaient essentiellement suite à l'exposition des personnes à divers articles traités avec du diméthylfumarate (DMFu), en grande majorité des produits d'importation (chaussures, canapés et fauteuils) pour lesquels cette substance avait été utilisée pour ses propriétés anti-moisissures".

Suite à ces événements, la mise sur le marché d'articles contenant du DMFu a été transitoirement suspendue en France en décembre 2008. Cette interdiction a été prolongée en mars 2009 par une décision reconductible de la Commission européenne. Parallèlement, la France a pris l'initiative d'une procédure de restriction de cette substance dans le cadre du règlement Reach. "Cette procédure vise à rendre pérenne en Europe l'interdiction d'utiliser du DMFu et la mise sur le marché d'articles en contenant dans des quantités supérieures à 0.1 mg/kg", explique l'Anses. La décision de la Commission est attendue d'ici la fin de l'année ou début 2012.

Malgré cette interdiction et le retrait des logements des articles contenant du DMFu, plus d'une centaine de signalements ont été encore rapportés entre janvier 2009 et février 2010. C'est dans ce contexte que l'Anses a été saisie afin de réaliser des campagnes de mesure permettant d'évaluer la contamination par cette substance.

Uniquement utilisé pour ses propriétés fongicides

"Les résultats de ces investigations (…) montrent que du DMFu résiduel peut être retrouvé au sein de matériaux textiles a priori absorbants et ayant été en contact direct (plaids, coussins, etc.) ou dans l'environnement proche d'un article contaminé (rideaux, etc.)", indique l'Agence.

Compte tenu de son caractère volatil, le DMFu peut en effet se retrouver dans des matériaux ayant été en contact avec un article contaminé, dans l'air, dans les poussières ou en surface d'éléments, sols ou surface intérieures.

Les travaux de l'Anses ont également permis de confirmer que la présence de DMFu est due uniquement à l'utilisation de cette substance par les fabricants du fait de ses propriétés fongicides. Elle est utilisée pour protéger divers produits d'importation (vêtements, produits à base de cuir, de PVC ou de polyuréthane, meubles).

"Les articles traités ou contaminés par le DMFu constituent ainsi la principale source d'exposition au DMFu dans l'environnement général et professionnel en France", conclut l'Agence.

Renforcer la surveillance médicale des professionnels exposés

 
Les effets sanitaires du DMFu L'Anses confirme le potentiel irritant et/ou sensibilisant du DMFu qui peut être responsable de dermites de contact irritatives et allergiques. En revanche, il n'est pas attendu d'effets systémiques sur la santé (cancérogènes ou autres), pouvant survenir suite à une exposition à du DMFu résiduel par inhalation ou contact cutané. Concernant les effets locaux sur le tractus respiratoire, les données disponibles restent limitées et n'ont pas conduit à confirmer une toxicité du DMFu par inhalation.
 
Compte tenu des effets toxiques du DMFu et de ses homologues (voir encadré), l'Anses formule une série de recommandations. En cas de dermites de contact pour lesquelles un rôle du DMFu est suspecté, elle demande de quantifier la présence de cette substance dans les articles et d'inciter les professionnels de santé consultés à explorer la fonction respiratoire des patients.

L'Agence recommande, en milieu de travail, la mise en oeuvre de moyens de protection adaptés, en particulier dans les lieux confinés. "Les personnels des filières d'élimination sont en effet les personnes les plus concernées par des expositions au DMFu", précise-t-elle. Elle suggère également de renforcer la surveillance médicale des professionnels exposés, "en mettant en œuvre des examens permettant de détecter des éventuels effets systémiques".

L'Anses souligne également la nécessité de conduire une enquête sur les risques liés au traitement des conteneurs par du DMFu pour les professionnels et pour les utilisateurs des marchandises transportées dans ces conteneurs. Un suivi des moyens de substitution du DMFu devrait aussi être réalisé "par une meilleure connaissance de la composition des produits utilisés pour assurer la conservation des articles pendant leur stockage et leur transport".

Enfin, l'agence de sécurité recommande un renforcement des dispositifs de toxicovigilance, un meilleur encadrement des procédures de rappel des produits à risques, ainsi que la mise en place d'un dispositif permettant aux victimes de faire reconnaître leurs symptômes et de bénéficier d'une expertise indépendante.

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