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Désinfection de l'eau : l'hypochlorite de sodium pour réduire le risque chimique

Eau de javel, chlore gazeux, hypochlorite de sodium… voilà trois façons de désinfecter l'eau. L'une est moins risquée que les autres et bien maîtrisée depuis 5-6 ans. Retour d'expérience de Christophe Rossigneux, directeur commercial de Lutz-Jesco France.

Avis d'expert  |  Eau  |    |  Actu-Environnement.com

A l'échelle industrielle, l'approvisionnement en produits pour la désinfection de l'eau n'est pas chose aisée sur le plan de la logistique, du stockage et de la maîtrise des risques opérationnels. Les traditionnels réactifs chimiques chlorés que sont l'eau de javel et le chlore gazeux imposent de nombreuses contraintes liées à leur dangerosité.

Eau de javel et chlore gazeux sous surveillance

Ainsi, la livraison d'eau de javel par camion citerne et le remplissage des cuves de stockage chez le client requièrent des habilitations et peuvent imposer de bloquer la circulation d'un quartier. Quant au chlore gazeux, les contraintes technico-réglementaires relèvent d'un savoir-faire élaboré. Le chlore gazeux est intégré à la nomenclature ICPE, avec une étude d'impact obligatoire tous les trois ans à partir de 100 kg stockés. Et certaines villes vont jusqu'à en interdire la livraison.

Outre les contraintes administratives, les conditions de mise en oeuvre des solutions traditionnelles sont complexes : plans de prévention des risques, formation des opérateurs, EPI, sécurisation des zones de stockage… un savoir-faire spécifique est requis sur site.

Une technique récente, testée industriellement depuis les années 2000, et totalement maîtrisée depuis 5-6 ans, apporte une solution nouvelle pour le traitement de l'eau. Il s'agit de l'hypochlorite de sodium, un réactif chimique chloré issu de l'électrolyse d'une saumure (eau saturée en sel), produit sur le site même de sa mise en oeuvre. Les propriétés bactéricides du principe actif sont similaires à l'eau de javel et au chlore gazeux, mais pour en disposer, il suffit de s'équiper d'un électrolyseur et de se faire livrer en sel adapté pour préparer sa solution de désinfection.

De l'eau et du sel pour faire du chlore

Avec l'hypochlorite de sodium, les conditions de la chloration sont simplifiées. Idéal pour les activités en zone urbaine à risque ou difficilement accessible, ainsi que pour les équipes qui ne disposent pas, sur place, des compétences nécessaires aux solutions traditionnelles. Au sein de petites unités de traitement, telles que pour un château d'eau ou pour un poste de rechloration sur réseau d'eau, les solutions d'électrolyse sont souvent plug and play et requièrent plus une vision d'électromécanicien du métier que de chimiste ou préventeur des risques.

S'agissant d'une technologie de rupture relativement simple, les équipementiers accompagnent le plus souvent les exploitants lors de la mise en oeuvre de la solution, et cela suffit. Naturellement, pour les grosses installations de traitement, des compétences plus larges sont attendues, par exemple en instrumentation, en électricité et en systèmes numériques de contrôle-commande.

Hypochlorite de sodium : des atouts opérationnels nombreux

Les solutions de traitement de l'eau à base d'hypochlorite de sodium permettent, en outre, de s'affranchir de certains inconvénients des solutions traditionnelles. Par rapport au chlore gazeux, sa simplicité l'emporte. Par rapport à l'eau de javel, assez simple de mise en oeuvre puisque livrée prête à l'emploi, certains atouts peuvent toutefois faire la différence.

   
   

L'eau de javel a tendance à générer un sous-produit organo-chloré, les THM - trihalométhanes, à partir d'un certain taux de traitement. Par ailleurs, en phase de stockage, l'eau de javel se dégrade dans le temps et perd 20 % de son titre en un mois. Autant dire qu'il vaut mieux multiplier le nombre de livraisons et utiliser l'eau de javel rapidement. Enfin, le pH élevé de l'eau de javel peut provoquer une cristallisation à son point d'injection dans le réseau, de nature à boucher la tuyauterie. Cet inconvénient n'existe pas avec l'hypochlorite de sodium produit par électrolyse au pH identique à celui de l'eau du réseau.

Gérer le risque “hydrogène” : plutôt facile...

Afin d'être équilibré dans cette analyse comparée des solutions de désinfection de l'eau, considérons le dégagement d'hydrogène inhérent à la production d'hypochlorite de sodium. Il s'agit d'un gaz non toxique mais explosif. Pour un petit électrolyseur dédié à un château d'eau ou à un poste de rechloration sur réseau, l'évacuation naturelle à l'extérieur du local en point haut suffit. Un capteur d'hydrogène dans le local permet de s'assurer du niveau de sécurité.

Pour une grosse unité de traitement, et à partir de 150 g de chlore produit par heure, une cheminée d'évacuation et une ventilation renforcée sont requises. Les équipementiers maîtrisent la réglementation en la matière et les règles de mise en oeuvre.

Choisir un sel de qualité, c'est incontournable !

S'il n'y a pas de solution meilleure entre l'eau de javel, le chlore gazeux et l'hypochlorite de sodium pour désinfecter l'eau, leur choix dépendra du contexte d'implantation et de la compétence des équipes. La satisfaction à en attendre dépendra, bien évidemment, du sérieux des pratiques en phase d'exploitation. Concernant les solutions de production d'hypochlorite de sodium, la qualité du sel utilisé est un point de vigilance incontournable. Le succès commercial et le déploiement de cette technologie en dépend.

Concrètement, le sel utilisé doit être de qualité alimentaire, exempt de magnésium, de calcium, et de métaux lourds. Le magnésium et le calcium viendraient réduire les performances des plaques d'électrolyse, tandis que les systèmes d'électrolyse à passage direct, sans filtration, relargueraient toute pollution du sel dans le réseau d'eau. La majorité des électrolyseurs du marché est désormais équipée d'adoucisseurs pour éviter cet écueil. Quoi qu'il en soit, un équipementier doit pouvoir fournir une liste de fournisseurs de sel certifiés afin de garantir la qualité des traitements. Une vigilance facile à assumer par rapport au stockage de produits chimiques.

Avis d'expert proposé par Christophe Rossigneux, directeur commercial de Lutz-Jesco France.

Réactions5 réactions à cet article

 

Bonjour, vu du coté de l'industrie et de la diminution des risques lors de l'utilisation c'est une bonne technique, mais c'est toujours du chlore. On sait que le corps humain a de la difficulté à différencier les éléments chimiques de la même colonne du tableau périodique Fluor Chlore et Iode et que l'excès de chlore dans notre environnement induit des carences en iode. Faut pas s'étonner si le QI baisse ou alors payez des vacances à la mer à toute la population!

abeilles | 21 février 2019 à 09h10
 
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Bonjour,
J'ai toujours pensé que l'eau de javel c'était de l'hypochlorite de sodium.
Pourriez-vous me dire quelle est la différence, s'il vous plait?

Mi | 21 février 2019 à 15h17
 
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Eau de Javel (Hypochlorite de potassium), eau de Labarraque (hypochlorite de sodium) Difficile de s'y retrouver même pour un chimiste. Voir historique sur site officiel de l'eau de Javel:
www.eaudejavel.fr
Magnifique produit, pas cher, actif à des doses minimes et dont on redécouvre (enfin) les bienfaits.
Ne pas oublier non plus le peroxyde d'hydrogène notre bonne vieille eau oxygénée qui a ma préférence (sous produits : oxygène et eau, qui dit mieux ?
Bonne lecture à Mi

glaudius92 | 22 février 2019 à 11h39
 
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Bonjour,
Je vous cite : "L'eau de javel a tendance à générer un sous-produit organo-chloré, les THM" ; ce n'est pas le cas avec l'hypochlorite de sodium ? Pourquoi ?
Merci de votre réponse.

Guillaume | 25 février 2019 à 13h50
 
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@Guillaume
La fin de la phrase ne portait que sur le fait de la cristallisation au point d'injection ou carbonatation souvent rencontré avec de l'Eau de Javel concentrée. Mais comme l'eau de Javel, l'hypochlorite de sodium à faible concentration peut générer les mêmes sous-produits.

Christophe92 | 02 mars 2019 à 09h41
 
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