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La FAO préconise des mesures urgentes pour faire face à la hausse des prix des produits alimentaires

Devant le premier Forum mondial pour l'agro-industrie à New Delhi, la FAO a appelé le 9 avril à la prise de mesures ''urgentes'' pour contrer la flambée des prix des denrées alimentaires entraînant de sérieuses pénuries de riz, de blé et de maïs.

Agroécologie  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
Dans le cadre du premier Forum mondial pour l'agro-industrie qui se tient jusqu'au 11 avril à New Delhi (Inde), l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a appelé hier à la prise de mesures urgentes pour soutenir les pays pauvres durement touchés par la flambée des prix des denrées alimentaires.

De telles mesures sont nécessaires pour s'assurer que les conséquences négatives à court terme de la hausse des prix des denrées alimentaires n'affectent pas de façon encore plus alarmante les plus pauvres, a averti M. Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, organisatrice du Forum mondial.

M. Diouf a également rappelé que les prix des denrées alimentaires au niveau mondial ont bondi de 45 % sur les neuf derniers mois entraînant de sérieuses pénuries de riz, de blé et de maïs.

Si d'après la FAO, la production céréalière mondiale de 2007 aurait atteint 2.125 milliards de tonnes, soit plus que les estimations précédentes et en hausse de 6 % par rapport au niveau de 2006, la sécurité alimentaire est mise à rude épreuve par la forte hausse des cours des produits agricoles provoquées à la fois par des stocks mondiaux à leur plus bas niveau historique, des sécheresses et des inondations dues au changement climatique, une consommation plus grande de viande et de produits laitiers dans les économies émergentes mais aussi le coût plus élevé de l'énergie et du transport et enfin, une demande croissante pour la production d'agrocarburants de première génération.

En effet, une utilisation de plus en plus grande est faite des céréales, des plantes sucrières, et des graines oléagineuses pour produire les combustibles de substitution que sont l'éthanol et le biodiesel. Ce mouvement de conversion conforte non seulement les prix des productions végétales, mais aussi, bien qu'indirectement à travers la hausse du coût des aliments du bétail, ceux des productions animales, avait précisé un rapport publié le 4 juillet dernier par la FAO et de et l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Selon ce rapport intitulé les Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2007-2016, les volumes d'oléagineux (principalement de colza) destinés à la production de biocarburants devraient passer d'un peu plus de 10 millions de tonnes à 21 millions de tonnes au cours de la même période dans l'Union européenne. Au Brésil, la production annuelle d'éthanol devrait atteindre quelque 44 milliards de litres d'ici 2016, contre 21 milliards de litres environ aujourd'hui.

La hausse des prix des denrées alimentaires préoccupe tout particulièrement un certain nombre de pays en développement devenus importateurs nets. Lennart Bage, président du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), également présent au forum, a indiqué que dans ce contexte près de 40% de la population étaient sous-alimentés dans des pays comme le Bangladesh et la Zambie. L'explosion des prix touche les populations urbaines pauvres impliquant des coûts supplémentaires et une baisse de revenu pour les agriculteurs qui en ont besoin pour nourrir leur bétail.

Des manifestations et émeutes contre la hausse des prix alimentaires se multiplient partout dans le monde, notamment en Côte d'Ivoire ou encore au Mexique. Ce dernier dépendant des importations de maïs américain, se voit confronté à une diminution des disponibilités puisque la céréale est de plus en plus utilisée à des fins énergétiques aux États-Unis pour la fabrication de biocarburants. Rappelons que le maïs constitue, au travers des tortillas, l'alimentation de base des mexicains.

L'intérêt de ces carburants est d'ailleurs de plus en plus contesté notamment par les organisations écologistes qui dénoncent la déforestation accrue liée aux besoins d'espace pour ces nouvelles cultures qui concurrencent les plantations alimentaires et mettent en péril la biodiversité. En janvier 2008, plusieurs ONG dont Les Amis de la Terre, Greenpeace, Oxfam ont appelé à travers une lettre ouverte, le commissaire à l'Energie de l'UE Andris Piebalgs à introduire des normes plus strictes sur la production de biocarburants voire exclure l'utilisation des biocarburants dans les transports. Rappelons que la Commission européenne s'est fixée pour objectif de faire passer la part des biocarburants dans les transports à 10 % d'ici 2020. En France, CAP21, parti politique présidé par Corinne Lepage, a d'ailleurs demandé que soit mis en place en Europe un moratoire sur la production d'agrocarburant de première génération ainsi que sur l'importation de ces produits.

Parallèlement aux problèmes liés à cette concurrence entre alimentation et énergie, M. Diouf a souligné devant le Forum, l'importance d'augmenter l'investissement agricole dans les infrastructures et la maîtrise de l'eau et de faciliter l'accès des petits paysans aux intrants afin qu'ils puissent accroître leur productivité.
Selon M. Bage, président du FIDA, quelque 400 millions de petits exploitants agricoles pourraient grâce à ces investissements améliorer leur situation : mobilisation du potentiel sous-exploité, amélioration de leur nutrition et de leurs revenus, renforcement de la sécurité alimentaire nationale et de la croissance économique.

Réactions2 réactions à cet article

 
L'autosuffisance alimentaire

Voici quelques reflexions sans prétention qui valent ce qu'elle valent ...

Tout d'abord, il me semble essentiel que l'autosuffisance alimentaire devrait être l'objectif de tout gouvernement responsable. La dépendance à d'autres nations ou groupes monopolisant, devraient être proscrite.

Les espèces locales, les petits paysans, sont adaptés à leur environnement et contexte social, chacun doit pouvoir vivre sur sa terre.

Les pays développés ont une grande responsabilité dans la situation actuelle, on ne peut pas semer le chaos et espèrer ne pas avoir de retour de flamme, les règles internationales ont été élaborées pour profiter tout d'abord aux pays riches.

Tant que les intérêts de certains primeront sur toute autre considération, on ne pourra que constater des catastrophes au mieux et les subir au pire.

"Gouverner c'est prévoir", pour ceci il faut une certaine conscience qui dépasse les notions de profit et de rentabilité. Le droit d'exister et de vivre en paix, l'épanouissement individuel et collectif sont des valeurs
non marchandes pouvant être appréciées par tous et qui devraient guider les politiques, plutôt que des dogmatismes idéologiques politicos économiques.

La limite du libéralisme, c'est la ressource, aujourd'hui on touche cette limite. Comment vivre à six milliards d'humains alors qu'il n'y aura pas suffisamment de ressources pour tous, sans conflits ou sans une société
policière du type "le meilleur des mondes".

La réponse est certainement dans le type de relation que nous désirerons entretenir entre nous et avec le milieu naturel, le défi est de passer d'un matérialisme exacerbé
à une vie de sobriété matérielle et d'abondance spirituelle, c'est à dire une inversion des tendances actuelles.

Si nous n'y allons pas consciemment, les évènements avenir nous y conduiront bon gré malgré...

Ceci a déjà été évoqué depuis longtemps par certains visionnaires et intellectuels.

Puisque que l'on arrive pas à régler les problèmes, c'est que les solutions proposées ne sont pas les bonnes, on peut le vérifier à chaque fois : nouvelle organisation internationale, nouvelles élections , nouveaux gouvernements, rien ne marche.

Il faut chercher ailleurs la réponse, qui aprés tout ,peut ne pas être si compliquée...

RILA | 17 avril 2008 à 13h53
 
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Re:L'autosuffisance alimentaire

Tu as tout dit, la dépendance "vitale" de certains pays contribue aussi au déséquilibre de notre systhème économique, plus je lis les réactions, plus je me dit que le monde n'est pas encore foutu, y a de l'espoir!

puissions donner aux générations nouvelles le meilleur de nous même? La terre est un "être" vivant, comme à l'échelle de l'univers, nous humains, sommes parfois le chancre de cette planète, mais il a du bon, c'est dans celà qu'il faut croire.

sélène | 17 avril 2008 à 18h38
 
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