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Fessenheim : L'Etat et les collectivités signent un "projet d'avenir"

Le territoire de Fessenheim dispose d'un "projet d'avenir" qui doit permettre d'établir un nouveau modèle de développement après la fermeture de la centrale. Le dispositif pourrait être repris pour la fermeture d'autres centrales nucléaires ou au charbon.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

Ce vendredi 1er février François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Emmanuelle Wargon, secrétaire d'Etat auprès du ministre, signent avec les élus locaux le "projet d'avenir" du territoire de Fessenheim (Haut-Rhin). Celui-ci a été élaboré par les acteurs concernés (l'Etat, les collectivités locales, EDF, les acteurs économiques et la Caisse des dépôts) en vue d'assurer la reconversion du territoire après l'arrêt de la centrale nucléaire mi-2020. Il porte sur trois échelles géographiques et prévoit quatre axes de travail. Une société d'économie mixte (SEM) sera chargée de conduire les projets d'aménagement et de développement économique. Les collectivités locales françaises, EDF, la Chambre de commerce et d'industrie, la Banque des territoires et l'Etat participeront à l'actionnariat de la SEM aux côtés d'acteurs allemands qui restent à préciser.

Ce projet de territoire doit permettre de dépasser "la remise en question profonde du modèle économique, environnemental et social sur lequel le développement du territoire s'est appuyé ces dernières décennies", explique le ministère. Il doit faire de Fessenheim un modèle de reconversion et devrait inspirer les projets de territoire des communes impactées par la fermeture annoncée d'autres centrales nucléaires et de celles au charbon. En effet, David Coste, le délégué interministériel à l'avenir de territoire de Fessenheim, est pressenti pour piloter les travaux en vue d'accompagner les territoires concernés par l'abandon du charbon à l'horizon 2020-2022.

2.000 emplois concernés

En janvier 2018, Sébastien Lecornu, alors secrétaire d'Etat à la Transition écologique, lançait le comité de pilotage chargé de préparer et d'accompagner la fermeture de la doyenne des centrales nucléaires françaises. Un an plus tard, les acteurs français, mais aussi allemands, se sont accordés pour mettre en œuvre une feuille de route. Elle vise trois échelles territoriales : la commune de Fessenheim, essentiellement sur le volet économique, le triangle Colmar-Mulhouse-Fribourg, intéressé par les questions de mobilité, et le département du Haut-Rhin ainsi que la région Grand-Est qui veut devenir un territoire modèle en matière de transition énergétique et d'innovation.

L'un des principaux objectifs est d'assurer la reconversion des quelque 2.000 emplois directs et indirects impactés par la fermeture du site. Les choses devraient bien se passer pour les 850 employés d'EDF qui travaillent sur les deux réacteurs de la centrale : EDF a décidé de redéployer son personnel sur d'autres sites. Les 250 sous-traitants travaillant directement sur la centrale bénéficieront d'une cellule de reconversion qui assurera un suivi individualisé. Reste les emplois indirects. Leur nombre est évalué à 1.000, mais ce chiffre fait débat. Une étude a donc été lancée pour le préciser. Les premiers résultats seront connus au printemps.

Le premier axe du projet vise la création d'emplois dans le cadre de la reconversion économique du territoire. Concentré sur Fessenheim et les communes voisines (réunies dans la communauté de communes Pays Rhin-Brisach), cet axe doit permettre de créer "au moins autant d'emplois que ceux perdus" en assurant la reconversion des acteurs directement concernés par l'arrêt de la centrale. Il s'appuie en grande partie sur le développement d'un parc d'activité de 220 hectares en bordure de Rhin destiné à accueillir des activités industrielles, portuaires et fluviales. L'étude de la faune et de la flore a d'ores et déjà été engagée afin d'évaluer leur intérêt en termes de biodiversité et envisager des mesures de compensation. Plusieurs dizaines de millions d'euros pourraient être investis sur le futur site d'"EcoRhena", indique le ministère.

Etudier le rétablissement de la voie ferrée Colmar-Fribourg

Le deuxième axe du projet est l'amélioration de la desserte du territoire et les mobilités. Il doit permettre d'améliorer la mobilité dans les communes et communautés de communes limitrophes de la centrale. Le territoire concerné est le triangle Colmar-Mulhouse-Fribourg. Le projet phare de cet axe de travail est l'étude du rétablissement de la liaison ferroviaire entre Colmar et Fribourg dont le principe a été validé en avril 2018. En effet, la voie ferrée est interrompue depuis la destruction du pont ferroviaire en 1945. Aujourd'hui, la liaison routière est saturée, constatent les pouvoirs publics.

Les deux derniers axes de travail sont la transition énergétique et l'innovation industrielle à l'échelle du département du Haut-Rhin et de la région Grand Est. Bien sûr, l'appel d'offres photovoltaïque de 300 mégawatts (MW) est un point fort de ce projet. Composé de trois tranches (200 MW de photovoltaïque au sol, 75 MW en grandes toitures et 25 MW de petites installations), il représente un engagement public de 250 millions d'euros sur 20 ans. Plus globalement, une trentaine de projets innovants pourraient être lancés prochainement, sur un vivier de 130 projets identifiés par les pouvoirs publics.

Réactions1 réaction à cet article

 

Déjà nous vivons dans une société insensée au sein de laquelle la valeur réelle et/ou l’utilité de ce qu’on « produit » est de fait considérée comme secondaire par rapport au revenu salarial qu’on encaisse mensuellement … ou encore au sacro-saint mensonger et incalculable PIB . C’est ainsi que beaucoup de gens gagnent leur vie à produire et/ou vendre de la mort (armements, médicaments douteux, etc.) ou de la merde.

Mais à Fessenheim ce qui compte apparemment c’est d’abord prendre le temps de créer des emplois – peu importe qu’ils soient ou non éco-éthico-soutenables – et ensuite seulement cesser enfin de faire courir des risques à la population environnante , y compris allemande et suisse , globalement conditionnée à ne pas craindre la catastrophe dont la probabilité augmente tous les jours ; y compris à cause de la routine et de la « compréhension » de l’ASN , apparemment sans « lanceurs d’alerte » salariés de la centrale ou autre sous-traitant

Sagecol | 01 février 2019 à 10h01
 
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