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Quatre projets pour améliorer les performances énergétiques des bâtiments de bureau

La Fondation de Recherche Bâtiment-Energie a choisi de soutenir financièrement les projets BEST, PEREN, INT2 et CLIMHYBU, visant à améliorer les performances énergétiques des bâtiments de bureau dans l'objectif du facteur 4.

Energie  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Dans le cadre de son deuxième appel à propositions, la Fondation de Recherche Bâtiment-Energie* a choisi de soutenir financièrement les projets BEST, PEREN, INT2 et CLIMHYBU, visant à améliorer les performances énergétiques des bâtiments de bureau dans l'objectif du facteur 4.

Les bâtiments de bureaux constituent l'essentiel du parc tertiaire français et connaissent une croissance forte. Mais les concepteurs ou rénovateurs de ce type de locaux sont aujourd'hui soumis à des injonctions contradictoires : garantir un confort 4 saisons, ce qui peut entraîner un recours massif à la climatisation, et aller vers des bâtiments à très basse consommation voire à énergie positive ce qui impose de limiter les consommations de climatisation.

C'est pour relever ce défi majeur que la Fondation Bâtiment-Energie a lancé son deuxième appel à propositions en juin 2006. Parmi les réponses obtenues, le jury constitué de 8 personnalités, venant d'horizon divers et présidé par Jean Paul Dallaporta, président du groupe bâtiment démonstrateur du Prebat, a choisi quatre projets offrant un éventail de solutions pour améliorer les performances des bâtiments de bureau. Baptisés BEST, PEREN, INT 2 et CLIMHYBU, ces quatre projets recevront une aide financière leur permettant d'avancer et permettant aussi la mise à disposition d'outils d'aide à la décision de manière à s'orienter vers les solutions les plus adaptées.

Piloté par Armines**, le projet BEST consiste à développer une gamme d'outils logiciels pour l'aide à la conception, la gestion et la maintenance de bâtiments tertiaires dont la plus grande partie des besoins énergétiques (chaleur, froid et électricité) sera assurée par des procédés solaires. Cette boîte à outils comportera 3 volets couplés, conçus et développés avec l'expertise des partenaires du consortium représentant l'ensemble de la profession : le compartiment de conception Architecturale et Technique (CAT), le compartiment de conception des aspects Sociologiques et Organisationnels de l'activité des occupants (CSO) et le compartiment Economique relatif aux investissements et au fonctionnement (CEC). La démarche sera testée sur 2 bâtiments réels, qui bénéficieront d'un suivi sur site des consommations énergétiques, avec un retour d'information de la part des entreprises et des occupants. Les hypothèses prises en compte dans le développement de ces outils feront l'objet de rapports à destination de la profession. Les outils seront mis en ligne rapidement pendant le projet pour être testé par l'ensemble de la profession. Des solutions pour la maintenance des outils après la fin du projet seront proposées.

L'objectif du projet de recherche PEREN coordonné par Tisseyre entend démontrer que des performances énergétiques élevées peuvent être obtenues par l'intégration judicieuse de technologies selon une approche en coût global. L'équipe utilise couramment des logiciels de simulation thermique dynamique, de conception d'aménagement intérieur et d'éclairage et de coût global. Elle les complètera en développant un outil de calcul de coût global partagé prenant en compte la dimension environnementale et citoyenne et spécifique aux immeubles de bureaux. Le même ensemble d'outils sera successivement utilisé pour évaluer : des immeubles représentatifs de la génération actuelle des bureaux construits par GA et SILIC, plusieurs variantes d'un immeuble environnemental virtuel et deux projets pilotes. Ces études permettront d'identifier et d'assembler les technologies et solutions les plus efficaces. Les enseignements du projet seront diffusés sous la forme d'un guide et d'un cahier des charges. Ces supports seront confiés à plusieurs organismes dont l'Observatoire ORIE avec l'intention d'influencer de façon significative les pratiques de construction de bureaux en Ile de France.

Le projet INT 2, présenté par un consortium de deux industriels (France Energie et Wicona / Hydro) et un Bureau d’Etudes en ingéniérie des fluides (Barbanel), est un programme de recherche de type pré industriel. Il vise à permettre dans un futur proche la réalisation ou la rénovation de bâtiments de bureaux économes en énergie, optimisant toutes les ressources en l’air naturel, et fonctionnant sur un mode décentralisé bien adapté aux nouveaux usages et nouveaux rythmes des bureaux d’aujourd’hui et de demain. Le programme de recherche, aidé par la Fondation Bâtiment Energie, porte sur trois aspects innovateurs :
-une façade cassette double peau : multi fonctionnelle, conçue sur un principe de décentralisation, et d'accessibilité aisée pour la maintenance, cette façade cassette répond à la fois aux impératifs croissants de fonctionnalités et d'aménités (confort, thermique, acoustique, lumière ...) et aux impératifs de maîtrise des consommations énergétiques et des rejets en CO 2.
-un module de traitement d'air des volumes, décentralisé et intégré en façade, fondé sur le principe des pompes à chaleur sur boucles d'eau, et qui permet de transférer l'énergie des locaux exposés aux apports solaires ou à fort dégagement de chaleur vers des locaux nécessitant du chauffage (frigories et calories).
-un système d'intégration et de modélisation du dispositif qui intègre et valide les différents composants, conçoit la gestion avec les différents interfaces de la structure, et permet ensuite de les intégrer aux solutions architecturales futures dans leur diversité.

Enfin le dernier projet sélectionné, CLIMHYBU, CLIMatisation HYbride des immeubles de Bureaux est mené par le CSTB. vise à généraliser une approche globale associant conception bioclimatique de l'enveloppe, utilisation maximale des ressources renouvelables extérieures en particulier le soleil et l'air, et recours maîtrisé et bien géré à des installations techniques. Les objectifs du projet sont notamment de fournir aux décisionnaires et maîtres d'ouvrage les moyens de définir des objectifs et de dialoguer avec les concepteurs pour aboutir à l'objectif visé de 30 % d'économie par rapport aux exigences de la RT 2005, en s'appuyant sur une procédure et un référentiel leur garantissant la pertinence des travaux

A l'occasion de la présentation des quatre lauréats, la Fondation Bâtiment-Energie en a profité pour lancer son troisième appel à projets***. Ce troisième volet concerne l'entretien et la rénovation en continu des bâtiments dans l'optique du facteur 4 de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les propositions attendues doivent provenir de consortiums pilotés notamment par des gestionnaires ou groupe de gestionnaires de parc immobilier tels que (liste non exhaustive) : organismes HLM, grandes foncières, collectivités locales, ministères, chaînes de supermarchés, chaînes hôtelières, syndic de copropriétés. Les consortiums pourront utilement intégrer, outre des équipes de recherche, des architectes, des bureaux d'ingénierie, des sociétés de service, des entreprises, des banques, des associations d'usagers et de façon générale tout acteur pouvant contribuer à ce travail de recherche. Les projets de recherche devront aboutir à la fourniture d'un ensemble d'outils à destination des maîtres d'ouvrage et de leurs sous-traitants éventuels en matière de gestion de parc, permettant de mettre en œuvre des solutions technico-opérationnelles et visant à diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre de l'ensemble de leur parc sur trois ou quatre décennies. Cet ensemble d'outils devra intégrer notamment des solutions techniques permettant de viser progressivement le facteur 4, des outils permettant d'évaluer et de sélectionner des solutions techniques adaptées, des modes de management permettant d'intégrer le facteur 4 dans le management quotidien et de le diffuser au sein de l'organisme. Ce point pourra intégrer le management des acteurs (occupants, sociétés d'entretien, sociétés de service, etc.) et la formation et des outils d'ingénierie financière.

Reconnue d'utilité publique en mars 2005, rappelons que la fondation Bâtiment-Energie dispose d'un capital de départ de 8 millions d'euros, constitué à parts égales par les fondateurs et l'Etat. Conformément à son objectif de faire progresser les technologies pour diviser par 4 à l'horizon 2050 les émissions de gaz à effet de serre générées par les bâtiments, elle a élaboré un programme de recherche sur les matériaux, l'isolation thermique, la ventilation, l'efficacité des systèmes de chauffage et de rafraîchissement, et l'utilisation des énergies renouvelables. Son ambition porte également sur les aspects sociologiques de l'efficacité énergétique ainsi que sur la compréhension de la demande des occupants. Ces progrès sont destinés à la fois à la construction neuve et aux bâtiments existants. Première des fondations à voir le jour, elle a inscrit son action en cohérence et en complémentarité des autres programmes de recherche soutenus par les pouvoirs publics et notamment avec le PREBAT (Programme de Recherche sur l'Energie dans les Bâtiments).


*La Fondation de recherche Bâtiment-Energie a été créée en mars 2005, par Arcelor, EDF, Gaz de France et Lafarge, à l'initiative de l'ADEME et du CSTB. http://www.batiment-energie.org

**Association de recherche contractuelle, partenaire de grandes Ecoles d'Ingénieurs.

***La date limite de remise des dossiers est le 2 juillet 2007

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