En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Le G20 affirme son engagement "irréversible" en faveur de l'Accord de Paris sur le climat

Réunis à Hambourg en Allemagne le week end dernier, les dirigeants des vingt plus grandes économies du monde se sont solidarisés sur la question climatique face aux Etats-Unis, isolés sur la scène mondiale.

Gouvernance  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com
Le G20 affirme son engagement "irréversible" en faveur de l'Accord de Paris sur le climat

Les dirigeants du G20 ont réaffirmé ce week end leur engagement en faveur de la mise en œuvre de l'Accord de Paris. L'hôte de ce sommet, qui s'est tenu à Hambourg (Allemagne) les 7 et 8 juillet, la chancelière Angela Merkel, l'a explicitement prononcé dans son discours et inscrit dans le communiqué final : l'engagement de la communauté internationale dans l'accord climatique est "irréversible", soulignant ainsi l'isolement de l'administration Trump. Mme Merkel a estimé que le scepticisme climatique de la Maison Blanche rendait encore plus cruciale la détermination des Européens. "Nous devons affronter ce challenge vital et nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre que chaque personne sur Terre soit convaincue par les preuves scientifiques".

A fortiori, la décision de Donald Trump de sortir de l'Accord de Paris a galvanisé le reste du monde, dans une ambiance tendue par les affrontements entre manifestants et policiers dans les rues de la ville. Au G20, pour la première fois, une résolution spécifique a été élaborée par les chefs d'Etat et de gouvernement le 8 juillet, le Plan d'action pour le climat et l'énergie, un texte raboté par quelques concessions vis-à-vis des Etats-Unis.

Front uni malgré la discordance américaine

D'après une source proche des négociations, "les Etats-Unis ont massivement affaibli le langage dans la partie énergie du Plan d'action. Ils ont poussé en faveur de références aux carburants fossiles dits 'propres' et ont atténué le passage mentionnant que la transition énergétique devait être basée sur l'efficacité énergétique et les renouvelables". Et relayé les demandes de l'Arabie Saoudite et de la Russie d'affaiblir les paragraphes du document visant l'élimination des subventions aux énergies fossiles. Les coordinateurs du document ont également dû raboter les mentions à un prix du carbone. Cependant, le texte mentionne que les Etats-Unis "continuent de réserver leur position" sur ces contenus. A l'issue du sommet, la chancelière Angela Merkel confiait à Reuters qu' "au final, les négociations sur le climat reflètent un clivage : tous contre les Etats-Unis d'Amérique".

A l'issue du sommet, auquel les Etats-Unis se sont joints après une série de dialogues bilatéraux, le communiqué final traite de nombreux enjeux dont le changement climatique. Dans cette déclaration, Washington a obtenu la reconnaissance de l'industrie des énergies fossiles : "Les Etats-Unis d'Amérique soulignent qu'ils feront en sorte de travailler en relation étroite avec les autres pays qui les aideront à accéder et à utiliser les énergies fossiles de manière plus propre et plus efficace et autres énergies propres", souligne le texte. Et ce, malgré les objections de leurs partenaires qui stipulent au paragraphe suivant que "les dirigeants des autres pays du G20 affirment leur engagement irréversible dans l'Accord de Paris".

Evolution diplomatique notable, dans une tribune publiée par le journal allemand Handelsblatt le 7 juillet, le président russe Vladimir Poutine a exprimé son soutien à Angela Merkel sur le volet climatique du G20, estimant que l'Accord de Paris était "une base internationale légale sûre pour assurer la régulation du climat à long terme et nous voulons contribuer à sa réalisation", ce dont Emmanuel Macron s'est félicité. Le président français a annoncé qu'il allait réunir, le 12 décembre, un "sommet d'étape" sur la lutte contre le réchauffement climatique, deux ans jour pour jour après l'accord de Paris afin de "mobiliser les financements privés et publics" promis en décembre 2015 et d'"identifier les projets" concrets qui devront être soutenus. Quant à la Première ministre britannique, elle a affirmé : "Nous ne renégocions pas l'Accord de Paris, mais je veux voir les Etats-Unis trouver les moyens de le rejoindre".

La chancelière Angela Merkel a tenu bon

Malgré ces atténuations de langage, Mme Merkel a donné la priorité à une déclaration forte sur ces enjeux et fait pression sur des pays réticents, tels que l'Arabie Saoudite, pour la signer. Une stratégie d'isolement des Etats-Unis qui renforce la portée de l'Accord de Paris. "L'Accord de Paris est un consensus important qui n'a pas été obtenu facilement et ne doit pas être abandonné facilement", a résumé le président chinois Xi Jinping. Du côté des grands pays des BRICS (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud), lors d'une réunion en marge du G20, le Premier ministre indien Modi a réaffirmé l'engagement de l'Inde en faveur de la mise en oeuvre de l'Accord de Paris, "dans l'esprit et à la lettre", estimant qu'il était "obligatoire" de traduire en actes le consensus atteint à Paris en 2015.

Pour Laurence Tubiana, directrice de l'European Climate Foundation et négociatrice en chef de la COP 21 en 2015 à Paris, "aujourd'hui les leaders mondiaux du Nord et du Sud se sont engagés de façon franche et cohérente pour l'action climatique. Ils ont adopté un plan sur le climat et l'énergie qui permettra d'accompagner la transition dans les années à venir. Dans le contexte politique actuel, ce résultat obtenu par la chancelière allemande et présidente du G20, Madame Angela Merkel est à souligner. Le président Donald Trump est le seul dirigeant à ne pas partager le constat mondial. Il appartient maintenant aux leaders mondiaux, y compris Madame Merkel, d'accélérer la transition afin d'en retirer les bénéfices sanitaires et économiques pour leurs peuples respectifs. Madame Merkel aura l'opportunité de commencer dès le sommet bilatéral prévu entre elle et le président Macron la semaine prochaine".

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Agnès Sinaï

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…