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L'industrie chimique opposée à une réduction supplémentaire des GES

L’Union des industries chimiques (UIC) a réclamé, mardi 24 mai, le maintien de l’objectif européen de réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre pour 2020 et l’accès à une énergie compétitive.

Gouvernance  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com
   
L'industrie chimique opposée à une réduction supplémentaire des  GES
   

L'industrie chimique peut réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d'environ 20-25% en France, selon l'UIC. En revanche, pour atteindre -30%, les investissements seraient disproportionnés par rapport au gain environnemental selon l'organisation professionnelle.

Investissements disproportionnés

« L'industrie chimique en France, premier consommateur industriel de produits énergétiques, demande que l'Union européenne n'aille pas au-delà de l'objectif de -20% de réduction des émissions de GES en 2020 », a déclaré Jean Pelin, directeur général de l'UIC.

Inquiète de certaines initiatives européennes qui visent à revoir à la hausse cet objectif, l'organisation professionnelle cite à l'appui de sa démonstration une étude du cabinet AT Kearney de juillet 2008.

Selon cette étude, pour atteindre un objectif de réduction de -30% en 2020, l'industrie chimique en France devrait investir près de deux milliards d'euros pour un gain environnemental extrêmement faible selon elle : 1,2 million de tonnes de CO2, soit 0,2% des émissions de GES de la France.

Acheter des quantités significatives de quotas

Pour satisfaire ses objectifs de réduction, l'UE a mis en place en 2005 un système contraignant d'échange de quotas d'émissions de gaz à effet de serre (SCEQE ou ETS), dont la troisième phase va couvrir la période 2013-2020.

Le hic vient du fait que les quotas qui étaient attribués gratuitement durant les deux premiers programmes deviennent payants à compter de 2013, afin d'intégrer le coût carbone dans le prix de produit. Pour l'UIC, « ce système génère des coûts directs et indirects qui menacent la compétitivité des implantations européennes et causent des risques de "fuites de carbone" ».

Pour atténuer ces risques, l'UE prévoit l'allocation de quotas gratuits aux industries les plus vertueuses. Pour l'industrie chimique cependant, « les référentiels définis par la Commission européenne sont si bas que la plupart des industriels devront acheter des quantités significatives de quotas dès 2013 ».

Contrairement à ce que laisse entendre cette réaction, ces référentiels ne sont toutefois pas déconnectés de toute considération économique ou technologique puisqu'ils sont fondés sur la moyenne des émissions des 10% d'installations les plus vertueuses d'un secteur d'activité donné. Il s'agit donc d'une incitation à la diffusion des meilleures techniques disponibles (MTD), les installations les plus émettrices de GES étant contraintes d'acquérir des quantités considérables de quotas.

Le souci vient des secteurs où il existe une grande hétérogénéité entre les 10% des installations les plus vertueuses et le reste des installations du même secteur. Le Cefic (European Chemical Industry Council) a ainsi calculé que l'effort de réduction moyen des émissions de CO2 pour le secteur de la production d'acide nitrique s'élevait à 83% entre 2010 et 2013, là où cet effort n'est que de 20% pour la production d'ammoniac.

Soutien au choix nucléaire français

L'industrie chimique étant le premier secteur industriel consommateur d'énergie, l'UIC souhaite, par ailleurs, pouvoir continuer à bénéficier du choix politique historique français d'une « production nucléaire peu chère et décarbonée ».

Elle se félicite donc de la loi NOME et de la mise en œuvre rapide de l'accès régulé à l'électricité nucléaire (ARENH) qui « permet de préserver la compétitivité des implantations françaises ».

Dans le même objectif, elle s'oppose à ce que les autres Etats membres utilisent la possibilité qui leur est donnée de compenser les coûts indirects de l'ETS, c'est-à-dire les coûts répercutés sur les prix de l'électricité, pour compenser leur choix de mix énergétique plus carboné et plus coûteux.

Réactions2 réactions à cet article

 

Evidemment, depuis quand quelqu'un est il en accord avec l'augmentation des contraintes qu'on désire lui appliquer?????
Qu'est ce qui empêche l'industrie chimique d'investir dans des unités de production énergétique, type centrale solaire au sol ou même éolien et s'inscrire en consommateur directe de la production ainsi générée?

la révolution industrielle est dépassée, tout le monde sait que l'objectif de 20% est temporaire puisqu'en 2050 on doit être à...100%. Autant appliquer des règles plus contraignantes dès maintenant. A l'industrie de trouver des méthodes plus vertueuses.

arthur duchemin | 25 mai 2011 à 09h42
 
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Yakafokon, comme d'habitude. C'est vrai que personne n'avait pensé qu'il suffit de planter des éoliennes autour des usines pour y arriver. C'est pourtant évident, selon certains, alors qu'attendent les chimistes pour le faire? S'ils ne le font pas, toujours selon certains, c'est sans doute qu'ils complotent pour foutre en l'air le climat et "se remplir les poches". C'est ça le raisonnement???
On ne voit pas qui profite de ces objectifs de réduction? Les calculateurs de bilans carbone n'auront plus de boulot non plus quand toute la production aura foutu le camp.

Remi | 26 mai 2011 à 16h38
 
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