En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Le Japon commémore le 50e anniversaire de la pollution au Mercure de la ville de Minamata

Au sud du Japon, la ville de Minamata a commémoré lundi la pollution au mercure qui a contaminé des milliers de personnes, il y a 50 ans. Plus de 70 ans après le début de la pollution, tous les effets de cette pollution ne sont pas encore résolus.

Eau  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Il y'a 50 ans, Minamata, localité du sud du Japon a été gravement contaminée par des rejets de mercure en mer provoqué par les rejets d'une usine pétrochimique de l'entreprise Chisso pendant plusieurs décennies. Cette usine de produits chimiques, fabriquant du PVC utilisait le mercure comme catalyseur et le rejetait en mer après usage. Bien que le mercure fut sous forme inorganique (oxyde de mercure), peu biodisponible et peu toxique, la condensation, la salinité et l'activité bactérienne des micro-organismes marins ont transformé le mercure en une forme organique (méthylmercure), très biodisponible et très toxique.

Ces rejets de mercure dans la baie de Minamata ont ainsi contaminé poissons et coquillages puis la population locale déclenchant chez l'homme une maladie neurologique grave, dite maladie de Minamata. Les troubles ont affecté plus particulièrement les familles de pêcheurs et les animaux domestiques, tous deux consommateurs de poissons.

Le premier cas fut enregistré le 1er mai 1956 mais cette grave pollution ne sera reconnue qu'en 1968 et l'usine n' interrompit son utilisation qu'en trouvant un procédé plus moderne et moins coûteux et non pas par souci sanitaire ou écologique affirmé. Jouant un rôle primordial dans l'économie de la ville, la société ne fut impliquée qu'en 1973.

Durant toutes ces années, les habitants de Minamata continuèrent, malgré eux, à s'intoxiquer en s'approvisionnant de poissons et ce, jusqu'à l'arrêt des activités de la compagnie. La santé des habitants de la ville s'est ainsi dégradée d'année en année : augmentation des pertes de la vue, des cas de surdités, des handicaps moteurs et cérébraux. De plus, les enfants nés de parents contaminés ont été atteint de malformations des membres et de dysfonctionnements du système nerveux.

La pêche interdite pendant plus de quarante ans, des opérations gigantesques de dragage ont pu être menées (pour retirer 1,5 million de m3 de sédiments), diminuant graduellement les concentrations.

Il a fallu attendre 1988 pour que la cour suprême confirme définitivement la culpabilité de la compagnie Chisso. La question des compensations aux victimes officielles de Minamata a seulement été réglée au moins en partie en 1996, soit 37 ans après la mise en évidence de la culpabilité de la firme. Plus de 2.000 personnes ont été officiellement reconnues comme les victimes de cet empoisonnement. Mais depuis 50 ans, 21.021 personnes ont demandé aux autorités de les inclure dans la liste des victimes de cette pollution, tandis que près de 4.000 d'entre eux réclament toujours des dédommagements, d'après les chiffres de l'AFP.

Le maire de la localité, Katsuaki Miyamoto, a reconnu que 50 ans après la découverte de la maladie et plus de 70 ans après le début de la pollution, les problèmes engendrés par cette pollution n'étaient toujours pas résolus.

Sur le même sujet

Glossaire

Mercure (Hg) Maladie de Minamata

Réactions4 réactions à cet article

 
correction

"Durant toutes ces années, les habitants de Minamata continuèrent, malgré eux, à s'intoxiquer en s'approvisionnant de poissons et ce, jusqu'à l'arrêt des activités de la compagnie."
Ce n'est pas exact. L'usine Chisso de Minamata n'a jamais cessé ses activités. Elle fonctionne toujours actuellement et elle dégage même des bénéfices suffisants pour commencer à rembourser la dette contractée auprès de l'Etat pour indemniser les malades. Pour plus de détails sur cette histoire, je me permets de vous renvoyer au livre que je viens de publier (toute la 3ème partie porte sur la maladie de Minamata): Paul JOBIN, Maladies industrielles et renouveau syndical au Japon, Editions EHESS, 2006.

Anonyme | 02 mai 2006 à 23h29
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:correction

Bonjour,

Merci de votre remarque. Nous avons corrigé cet abus de langage abusif. En fait, seul le process polluant a été stoppé, et remplacé.

C'est désormais corrigé.

Cordialement

David Ascher

David Ascher | 03 mai 2006 à 10h49
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re Ses bien vrai

Je suis une collègienne qui en physique chimique a étudier la catastrophe de Minamata. Et vous avez réson pour la correction j 'ai regarder une émission enregistré par mon professeur ( cela m'a soulevé le coeur )je voulais intervenir . merci M.Jobin

flave | 01 juin 2008 à 23h05
 
Signaler un contenu inapproprié
 
minamata

L'horreur est humaine, puisque notre espèce est une dévoreuse de tout, y compris du plus sordide, pour le pouvoir, l'argent, le respect, la hiérarchie. Tout le monde se prosterne devant celui qui a acquis une fortune, surtout le plus humble. Comment s'étonner que l'intelligence ne passe pas. L'intelligence, seul garde-fou véritable à la folie humaine !

sauvage1 | 03 novembre 2008 à 04h44
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager