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Loup : le gouvernement propose de prélever jusqu'à 19 % de la population

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

Le ministère de la Transition écologique soumet à la consultation du public jusqu'au 19 juin prochain un projet d'arrêté qui renforce les possibilités de régulation du loup. Ce texte modifie les conditions de prélèvement de l'espèce, pourtant strictement protégée par la Convention de Berne et la directive Habitats, et augmente le taux de prélèvement autorisé de 10 à 19 % pour 2019.

Dès le mois de décembre 2018, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) estimait probable que la population des loups dépasse 500 individus en sortie d'hiver. L'établissement public doit confirmer l'atteinte de ce seuil d'ici quelques jours. Le gouvernement s'était fixé comme objectif d'atteindre ce seuil, défini comme un seuil de viabilité de la population, en 2023. Or, il avait annoncé qu'une fois cet objectif atteint, le dispositif de gestion de l'espèce serait réexaminé. 

Le Conseil national de protection de la nature (CNPN) a rendu un avis défavorable sur ce projet d'arrêté le 25 avril dernier. "L'augmentation des tirs de loups telle qu'elle est proposée depuis plusieurs années, fondée sur la croissance de la population, n'est pas une réponse appropriée pour contenir les dommages aux troupeaux. Ses dispositions vont par ailleurs bien au-delà du mécanisme dérogatoire prévu par les textes de protection et se rapprochent d'une régulation de l'espèce", indique le CNPN qui réclame la construction d'une véritable cohabitation entre le loup et les activités humaines.

Quelques jours avant la réunion du groupe national loup, qui s'est tenue le 28 mai à Lyon, six organisations agricoles réunies dans le CAF Loup demandaient une série de mesures permettant de faciliter les prélèvements. "Ensauvagement des territoires ou maintien d'une vie harmonieuse modelée par les Hommes : le gouvernement doit faire un choix. Un choix lourd de conséquences pour l'avenir de toute une profession et de la ruralité de notre pays !", avertissaient les organisations, après avoir précisées que 12.000 bêtes avaient été tuées en 2018.

Réactions14 réactions à cet article

 

Quel empressement, quelle célérité à règlementer dès lors qu'il s'agit de réguler un super prédateur dont les populations grandissent ! Si le ministère savait faire preuve d'autant de mobilisation sur l'ensemble de ses missions, la France serait alors sans aucun doute le phare planétaire de la conservation de la nature qu'elle se plait tant à vanter à l'international.
Justement, il existe des textes internationaux qui protègent le Loup (convention de Washington, de Berne, directive Habitats pour les principaux + liste rouge de l'UICN) qu'elle ne peut ignorer sans risquer un recours juridique (aisément perdable, comme par exemple les arrêtés de prolongations de date d'ouverture de la chasse aux oies en février) pour complaire à la profession agricole.
Le scénario est écrit d'avance, tant il s'agit d'une nième série Z : la consultation va déboucher sur un arrêté autorisant une augmentation des quotas de tirs, lequel sera attaqué devant les tribunaux compétents, sera cassé et le ministère (donc le contribuable) sera prié de verser son obole à la justice. Mais les scénaristes du ministère vont-ils nous surprendre cette année ?
Les éleveurs subissent certes des dégâts sur leurs troupeaux et des atteintes psychologiques, mais des moyens de protection existent ainsi que des indemnisations. Sont-ils bien appliqués ? De même, on entend très peu parler des fréquentes attaques de chiens errants, de chasse notamment car habitués à la traque et à l'attaque létale. Curieux, non... ?

Pégase | 29 mai 2019 à 12h09
 
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La sensibilité écologique de ce gouvernement se précise de jour en jour .

sirius | 29 mai 2019 à 18h55
 
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A Pégase, c'est étonnant de voir comment les défenseurs du loup sont mal informés, à moins que...!
Le loup est classé least concern en Europe et en Europe communautaire sur la liste rouge de l'UICN.

ouragan | 30 mai 2019 à 23h59
 
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Le CNPN : "le Conseil national de protection de la nature est l’instance d'expertise scientifique et technique, compétente en matière de protection de la biodiversité et plus particulièrement de protection des espèces, des habitats, de la géodiversité et des écosystèmes."

Tous ces braves gens reçoivent une indemnité d'expertise (un bien grand mot lorsque vous aurez lu l'analyse de Michel). Ils ont au nombre de 60, nommés pour une durée de 5 ans.

Défense de rire : "ils sont reconnus pour leurs travaux, leurs connaissances scientifiques ou techniques dans les domaines des sciences de la vie et de la terre ainsi que des sciences humaines et sociales"
Extrait : 7- Si des mesures sont naturellement souhaitables pour améliorer les conditions de vie des éleveurs et des bergers, elles ne doivent pas permettre une intensification de l'élevage, ni d'«équiper» la montagne. La formulation «favoriser l’emploi agricole et l’installation» est ambiguë. S’agit-il d’inciter davantage d’éleveurs à s’installer en zone de présence du loup en instaurant un «effet d’aubaine», ou de développer et valoriser des activités alternatives compatibles avec la conservation du loup (élevages de petite taille, transformation sur place) ? p.3
Laissons donc ce rôle d'équiper la montagne aux stations de skis avec canons à neiges, route d’accès, bétonisation à outrance, tondeuses au gaz-oil (les brebis n'étant plus là pour tondre la pelouse puisque le berger ne peut pas s'équiper pour les protéger).

ouragan | 31 mai 2019 à 00h04
 
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Il est constaté aujourd'hui que la présence du loup fragilise le pastoralisme traditionnel. On est donc loin d'une intensification de ce mode d'élevage à l'heure actuelle. La tendance aujourd'hui conduirait même, à l'image de l'Italie par exemple, à s'orienter vers une industrialisation de l'élevage ovin qui en l'éloignant en partie du loup, l'éloignerait aussi des pratiques naturelles ancestrales et de leurs vertus écologiques.

La question sociétale que l'on peut se poser est : est-ce au pastoralisme à s'adapter au loup, ou est-ce au loup à s'adapter au pastoralisme? En effet nous ne sommes pas dans un contexte de protection de la biodiversité dans des espaces de nature primaire comme dans les grands espaces nord-américains, mais bien dans des espaces anthropisés où l'homme crée déjà de la biodiversité par son travail. Les espaces montagnards sont façonnés par l'homme depuis longtemps.

Il faudrait perdre cette idée que l'homme n'est pas créateur de biodiversité et que cela seule la nature saurait le faire. C'est extraordinairement inexact comme le montrent les scientifiques naturalistes, spécialistes de l'évolution, que sont Hervé Le Guyadier et Christian Lévêque par exemple.

ouragan | 31 mai 2019 à 00h10
 
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pour rebondir sur l'extrait 7 édité par le CNPN (voir plus haut) : ...développer et valoriser des activités alternatives compatibles avec la conservation du loup (élevages de petite taille, transformation sur place) ? p.3
Se sont justement les petites structures et encore plus celles qui transforment sur place qui sont mises en danger par le loup! A preuve, dans le centre ou l’élevage est intensif les éleveurs ont reçu l’autorisation d'éliminer touts les loups sans cota.

Mais il fallait s'y attendre puisque c'était prévu depuis 1997 (UICN, WWF, LCIE) : Dans ces zones pour les loups (définies par les dirigeants sans aucune concertation avec la population concernée ndlr), sont inclus les secteurs où doivent être établies de fortes restrictions à l’élevage, en accord avec les réalités locales, afin que l’élevage ne perturbe pas les carnivores. /…/ »
Des territoires inadaptés à sa présence: Secteurs du centre et de l’ouest de la France particulièrement axés sur l’élevage intensif ( vous commencez a comprendre?), où sa présence sera inappropriée. /…/ renforcement du prélèvement rendant le loup inapte à son installation /…/.! (hé oui, vous voyez quand on veut on peut! ndlr)
LOUP, LA FACE CACHÉE DES PRÉDATEURS, TOME II

ouragan | 31 mai 2019 à 09h35
 
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"l'homme crée déjà de la biodiversité par son travail" : que l'homme crée dans des cas bien précis les conditions favorables à l'expression d'une certaine biodiversité, oui, mais que l'homme créé de la biodiversité, il faut quand même savoir raison garder et arrêter de se prendre pour le Tout Puissant (on a déjà les OGM et l'IA pour ça...).
C'est même l'inverse qui se produit aujourd'hui. N'en déplaise, l'homme est l'espèce vivante qui a l'impact le plus négatif sur la biosphère, à tel point qu'on parle désormais de 6ème extinction de la biodiversité. La triste litanie des études de terrain en atteste inexorablement, quel que soit les taxons étudiés (à part peut-être les méduses, qui profitent de la raréfaction des prédateurs, et les virus fossiles que la fonte du permafrost est en train de généreusement disperser dans l'environnement...).
Et à vous suivre, concernant les "territoires inadaptés à sa présence", le prédateur n'est bienvenu ni en zones d'élevage intensif ni extensif : l'homme l'a bel et bien viré de chez lui. Ne lui resterait donc plus qu'à accueillir les touristes dans les parcs animaliers : là, il est bien encadré comme il faut dans de beaux enclos bien étanches et il génère des entrées.

Pégase | 31 mai 2019 à 14h33
 
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A Pegase : le loup remet en cause la dernière agriculture respectueuse de la nature des animaux et des consommateurs. Pourquoi? Dans quel But ensauvager les terres agricoles qui impacte le moins la nature au profit de agro-industrie?

Les plus grands défenseurs et promoteurs du loup (Luigi Boitani pour l'Europe et David Mech pour les USA) sont clairs:
A propos du loup taxé d’«espèce parapluie», de «clé de voûte de la biodiversité», d’«indicateur de la qualité ou de l’intégrité d’un habitat» et autres idées reçues qu’ils ont inspirées eux-mêmes, les auteurs, constatent ceci : «Les loups ne méritent pas de tels labels. Si ceux-ci ont été de formidables moyens pour déclencher les émotions, obtenir et réunir rapidement des soutiens au rétablissement des loups, il nous faut prendre conscience que ce furent là des raccourcis pour vendre un produit, plutôt que de bonnes bases scientifiques.» et d'ajouter : «Le loup devra être contrôlé partout où il revient. Dans la plupart des cas, le contrôle direct par destruction est habituellement l’unique voie possible.» Behavior, Ecology and Conservation, publié en 2005

ouragan | 31 mai 2019 à 15h16
 
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Comment peut-on imaginer une seconde que 500 loups soient à eux seuls la cause de l'effondrement d'une profession ???
Les pourfendeurs du loup mettent l'accent sur ses victimes ovines, en "oubliant" de mentionner qu'elles sont très inférieures aux causes de mortalités qui affectent généralement les troupeaux (attaques de chiens errants, dérochements, maladies).
Par ailleurs, pour avoir enquêté sur place en 1998, les pratiques pastorales modernes sont bien souvent fort différentes de l'image d'Epinal que les "anti-loups" veulent nous vendre : troupeaux laissés souvent sans gardien, ou laissés parfois seuls en montagne en hiver,... Ces modes de garde "très extensifs" sont à mettre en lien avec les causes de mortalité évoquées ci-dessus. Et dont, curieusement, on n'entend pas souvent parler...

rico38 | 07 juin 2019 à 12h02
 
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@rico 38
Sans nier les rares attaques de chiens, en réalité la prédation sur le cheptel domestique constituent souvent un des premiers signes de présence du loup sur un nouveau secteur : réf. Ministère de l’Environnement, projet Life Nature.
l’INRA* et l’AFSSA* estiment à 2% la mortalité des ovins adultes, toutes causes confondues, soit environ 200 000 animaux.
Donc pour comparer il faut prendre les départements ou sévissent les loups et ne pas mesurer la mortalité causé par les loups avec l'ensemble du territoire.

ouragan | 07 juin 2019 à 12h57
 
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@ rico38 : "Comment peut-on imaginer une seconde que 500 loups soient à eux seuls la cause de l'effondrement d'une profession ???" : parce que trouver un bouc émissaire est toujours payant vis-à-vis de ses pairs et des autorités et évite toute remise en cause personnelle ou d'une corporation.
Ca fonctionne d'autant mieux qu'il s'agit d'un superprédateur, concurrent involontaire de l'Homme qui se positionne tout en haut de la pyramide alimentaire et de l'échelle de l'évolution : rien ni personne ne doit se mettre sur son chemin, point barre !
Si en plus il s'agit du Loup, c'est forcément le grand méchant des contes de Ch. PERRAULT & co.

Pégase | 07 juin 2019 à 13h15
 
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Avec rico et Pégase on a affaire à deux grand spécialiste de l'élevage:
Le loup est désormais en Aveyron et impacte les producteurs du Roquefort; fleuron des produits à "haute valeur ajoutée" dans l'image de la France! Il menace les A.O.C. dont le cahier des charges exige une obligation de pâturage, comme en Italie et en Espagne.
Les exploitations les plus vulnérables sont les petites structures en polycultures et élevage en vente directe avec des petits troupeaux (100 unités). Ces fermes, les plus exigeantes mais les plus rentables sont condamnées car elles n'ont pas les moyens physiques et financiers pour se protéger et ne sont souvent pas éligibles aux aides. De plus en cas de lourdes pertes la clientèle se détourne pour manque d'approvisionnement et l’éleveur n'est plus éligibles aux aides PAC car son rendement devient insuffisant.
En Italie la fromagerie du pecorino est en train de perdre son AOC car les animaux ,ne pâturent plus dehors à cause du loup.

ouragan | 07 juin 2019 à 15h13
 
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Quand des éleveurs mentionnent sur leurs fromages le lien entre leurs pâtures et la présence d'un grand prédateur (comme l'ours dans les Pyrénées), ils attirent l'attention d'une part grandissante de consommateurs attentifs à ce que leur achat alimentaire ait aussi du sens, notamment écologique. Certains savent donc s'attacher à transformer une contrainte, que je ne nie absolument pas et il faut effectivement trouver des réponses légales et intelligentes pour toutes les parties, en argument commercial et c'est plutôt futé.
A l'inverse, l'argument du tout économique qui justifie de faire place nette de toute contrainte, surtout si elle est à caractère écologique, agace de plus en plus, ouragan, tant on constate désormais les conséquences désastreuse pour la biosphère, l'hydrosphère, les sols, l'atmosphère et la santé humaine.

Pégase | 08 juin 2019 à 15h08
 
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@Pégase : Personne ne vous empêche de rêver. L'appekation Ours et fromage qui n'est pas une aoc a été créé par des pros loups. Elle touche très peu de fromager. Quand aux autres fromages dns les Pyrénées et ailleurs ils se vendent très bien.
Pour ce qui est de la biodiversité :
Les milieux ouverts ont une forte richesse biologique et valeur écologique, intrinsèquement liée au pastoralisme. (Charte des Parcs Nationaux). 84 % des surfaces classées en " haute valeur naturelle " correspondent à des zones d'élevage en plein air (INRA*). Le pastoralisme est vital pour conserver les grandes zones d’habitat naturel et semi naturel. Ce faisant l’abandon du pastoralisme constitue une menace pour la biodiversité (UICN*)
Les loups eux ne sont « ni clef de voûte de la biodiversité, ni espèce parapluie, ni indicateur de la qualité et de l'intégrité d'un habitat » Publié en 2005 par 2 des plus grands spécialistes : Luigi Boitani (Europe) et David Mech (USA);

Les loups participent à l'industrialisation de l'élevage comme nous l'avons vu plus haut!

ouragan | 09 juin 2019 à 15h24
 
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