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Métrologie au poste de travail : retour d'expérience réussie en SST

La métrologie en temps réel peut jouer un grand rôle en matière de prévention du risque chimique. Illustration à travers deux réussites mises en œuvre par le service interentreprises de santé au travail Drôme-Vercors.

Risques  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com
Métrologie au poste de travail : retour d'expérience réussie en SST

"Au vu des avantages et d'après notre retour d'expérience, la métrologie en temps réel est un outil essentiel pour un service de santé au travail interentreprises (SSTI)", témoignent Damien Arnoux et Olivier Culié de Santé Travail Drôme-Vercors.

Il faut dire que les ingénieurs peuvent témoigner de plusieurs réussites après dix ans de mise en oeuvre de cette technologie dans plus de 200 entreprises. Ce sont deux d'entre elles, l'une portant sur un atelier de peinture de cabines de camions, l'autre sur un atelier de sérigraphie, que les préventeurs ont choisis de présenter le 12 février lors d'un colloque organisé par l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS).

Expositions aux solvants divisée par 70

L'atelier de peinture de cabines de camions présentait différentes opérations alternant entre le laboratoire (mise à la teinte), la table de formulation (mélange base avec durcisseur, catalyseur et diluant), la cabine de peinture (dégraissage puis pulvérisation) et la table de nettoyage (nettoyage du matériel).

Le SSTI a réalisé des mesures de la concentration atmosphérique en composés organiques volatils (COV). "L'exposition s'est révélée très variable d'un moment à l'autre", explique Damien Arnoux, 10 minutes de formulation représentant 50 % de l'exposition totale aux polluants gazeux. Deux paramètres se sont révélés particulièrement impactants : le travail en en hauteur lorsque les voies respiratoires du peintre son situées sous le pistolet de peinture et l'ambiance lumineuse contraignant l'opérateur à se rapprocher de la surface peinte. "Deux variables à côté desquelles on aurait pu passer si l'on n'avait pas pris en compte le travail réel", révèle l'ingénieur.

Ces mesures et leur analyse ont conduit l'entreprise à installer un dosseret aspirant permettant de capter les polluants en zone de formulation/nettoyage. Cet équipement a permis de diviser par 70 l'exposition aux solvants lors de la phase de formulation. L'entreprise a également mis en place un captage local au laboratoire, ainsi qu'une amélioration de l'ambiance lumineuse et de l'accès en hauteur de la cabine.

Des pics à un moment où l'on ne s'y attendait pas

La deuxième action a porté sur un atelier de sérigraphie dans une entreprise fabriquant des panneaux de signalisation. Le chef d'entreprise avait fait des investissements importants dans des dispositifs de captage des polluants mais s'interrogeait sur leur bon fonctionnement et sur l'exposition de ses salariés.

Là aussi, le poste de travail étudié comportait tout une série de tâches successives : tâches administratives, nettoyage du matériel d'une série précédente, retouche au pinceau, préparation de la sérigrapheuse, préparation de l'encre, lancement d'une nouvelle série. La mesure des COV liés aux produits mis en oeuvre (cétones, alcools, esters) a révélé des pics à 65 ppm "à un moment où l'on ne s'y attendait pas", révèle Olivier Culié.

L'opération de retouche au pinceau, qui était considérée comme une tâche annexe, constituait en réalité une étape majeure dans l'exposition de la salariée qui en avait la charge : 55 % de la dose de COV pour 10 % du temps passé. Cette opération, associée à celle du nettoyage du matériel, représentait 74 % de l'exposition totale.

Suite à cette analyse, l'entreprise a mis en place un captage des polluants sur le chariot à claie sur lequel reposaient les plaques et où avaient lieu les retouches. De même qu'une amélioration de la ventilation générale du local de lavage ainsi que des captages locaux.

La métrologie en temps réel présente certes quelques limites, notamment la nécessité de poser des hypothèses préalables, relève Damien Arnoux, mais elle reste incontournable comme le montre l'efficacité des mesures de prévention et de protection qu'elle permet. Sans oublier son caractère pédagogique. "Couplée à la vidéo, le retour d'expérience nous montre qu'elle permet d'être moins dans la prescription et que les travailleurs deviennent acteurs de la prévention. Le changement est très clair en terme d'investissement des salariés", se félicite le préventeur.

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