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La micro-méthanisation : une tendance incontournable

Si en zone rurale un dimensionnement assez grand des méthaniseurs n'est pas un problème, l'ambition de mieux valoriser les biodéchets des zones urbaines impose une autre stratégie. D'où la tendance du marché de concevoir des unités conteneurisées.

Déchets  |    |  Cécile Clicquot de Mentque Actu-Environnement.com
La micro-méthanisation : une tendance incontournable

Limitée en 2016 aux plus gros acteurs économiques, l'obligation de collecte et valorisation des biodéchets s'étendra dès 2025 à tous les acteurs économiques, même les plus petits. Si on ajoute à cela une volonté évidente de développer les filières alternatives d'énergie, la question de la méthanisation des biodéchets des zones urbaines ne peut que monter en puissance, le compostage ne pouvant pas répondre de manière pertinente à l'ensemble du flux urbain.


Mais le sujet est loin d'être simple à gérer car au-delà de la question de la gestion des tournées, les biodéchets sont constitués à 80 % d'eau qu'il serait incohérent de transporter sur de longues distances. D'où les développements engagés par quelques acteurs pour mettre au point des unités de micro-méthanisation, en général conteneurisées, pouvant être facilement déployées sur un territoire pour le mailler au plus près des circuits de collecte.


Toute la méthanisation dans un container


Le premier à être arrivé sur ce créneau a été l'anglais SEAB Energy, créé en 2009 et aujourd'hui engagé avec Sepur à Plaisir dans les Yvelines. Mais deux autres acteurs français travaillent également sur des nouvelles solutions. Le plus avancé d'entre eux est Bee and Co, société fondée en Aquitaine en 2012. Financée en 2016 après plusieurs années d'études, l'entreprise a finalisé et installé sa première unité pilote l'an dernier, qui tourne depuis 18 mois avec succès sur le marché de gros de Bordeaux. L'entreprise a choisi de concentrer toutes les étapes de méthanisation (en voie humide) et de post-traitement des coproduit dans deux containers maritimes pouvant traiter de 80 à 150 tonnes par an. Le réacteur accepte tous les biodéchets broyés y compris carnés. Il est accompagné d'une zone de stockage du biogaz en partie supérieure destiné à alimenter une chaudière ou une cogénération, mais aussi d'un module de séparation des phases du digestat avec compostage intégré par aération forcée de la partie solide, et le recyclage de la phase liquide pour la dilution des déchets entrants et/ou une ultrafiltration pour produire de l'eau claire de lavage.


L'autre société actuellement en cours de développement est Tryon Environnement dont le modèle global s'approche de celui de Bee and Co. La startup cible cependant des capacités de traitement supérieures, chaque unité conteneurisée pouvant gérer 250 t/an. Un premier projet est actuellement en cours de déploiement dans les Yvelines, sur 3000 t/an dans un premier temps avant évolution en fonction du gisement à traiter.


La méthanisation à domicile


Notons que dans l'esprit de la décentralisation de la méthanisation, une entreprise israélienne, Homebiogas, a poussé le concept nettement plus loin avec une solution de digesteur de très petite taille adapté au marché des particuliers. Ce digesteur peut produire jusqu'à deux heures de gaz pour deux kilogrammes de biodéchets. Le biogaz est utilisé directement via une gazinière spécifique fournie par l'entreprise. La startup fondée en 2012 est soutenue aujourd'hui par le groupe Engie qui est entré à son capital via Engie New Ventures et cible autant les marchés des pays émergents que les pays occidentaux dans le cadre du développement de comportements d'autoconsommation.

Réactions2 réactions à cet article

 

Sait-on quelles sont les compositions des biogas brûlés sur la gazière en fonction des intrants ? Si des légumes à pesticides, des viandes antibiotiques sont ingérées, que sort-il ? Si des fruits avec des métaux sont méthanisés, quid des vapeurs de métaux chez soi ?

Daniel | 06 avril 2019 à 14h47
 
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Il y a aussi tout plein de silice, du H2S et des composés organiques volatils tout plein de méchantes molécules... mais pas plus que dans la fumée de beuh...

Albatros | 09 avril 2019 à 15h16
 
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