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Mix électrique : RTE propose d'arrêter les centrales au charbon entre mi-2020 et 2022

A l'occasion de la présentation de son bilan prévisionnel pour 2018-2023, RTE a présenté un plan d'arrêt des centrales au charbon françaises compatible avec la sécurité d'approvisionnement. Celui-ci s'étale de 2020 à 2023.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Actu-Environnement Le Mensuel N°386 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°386
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Ce jeudi 15 novembre, RTE a présenté son bilan prévisionnel de l'équilibre offre-demande d'électricité sur la période 2018-2023. Sans être préoccupante, la situation doit être suivie de près jusqu'en 2020. Ensuite, "les marges de manoeuvre s'accroissent et permettent de piloter la transition énergétique tout en maintenant la sécurité d'approvisionnement en électricité", explique le gestionnaire de réseau. Il recommande donc au gouvernement d'étaler entre mi-2020 et 2022 la fermeture annoncée des cinq unités de production au charbon.

S'agissant de la demande, l'opérateur de réseau rappelle la stabilité constatée depuis sept ans. "Les faits sont têtus", insiste François Brottes. Le président de RTE précise que cette stabilité devrait perdurer au cours des cinq prochaines années. D'autant que le potentiel d'économies d'énergie existe. S'il était mieux exploité, la situation pourrait être plus favorable et offrir plus de marges de manoeuvre aux pouvoirs publics pour piloter la transition énergétique.

Séquencer la fermeture des centrales au charbon

Le bilan de RTE s'appuie sur un scénario de base assorti de variantes qui prennent en compte différentes évolutions des critères clés. Le scénario central prend en compte les dernières annonces relatives au parc nucléaire : mise en service de l'EPR de Flamanville (Manche) en 2020, fermeture concomitante de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) à l'été 2020 et prise en compte du calendrier des arrêts prévisionnels de 16 réacteurs nucléaires EDF pour leur visite décennale. Il intègre aussi l'objectif de fermeture des centrales au charbon, de mise en service fin 2021 de la centrale au gaz de Landivisiau (Finistère) et de développement des renouvelables (sur la base de la PPE de 2016).

Il ressort de l'analyse de RTE que le système reste équilibré mais que les marges de sécurité d'approvisionnement diminuent jusqu'en 2020. Dans ce contexte, "envisager la fermeture de moyens de production avant l'hiver 2020, ne nous paraît pas possible", prévient Jean-Paul Roubin, directeur de l'exploitation. A partir de mi-2020, le système électrique retrouve des marges. A cette date, il devient possible d'envisager de fermer certains sites de production. Lesquels ? Officiellement, RTE n'écrit pas la politique énergétique française et refuse donc de lister les sites potentiellement concernés. L'entreprise se contente d'"éclairer ceux qui ont la responsabilité" de la politique énergétique, explique François Brottes, président de RTE.

Pour autant, l'entreprise suggère tout de même une évolution du parc de production. Tout d'abord, RTE n'évoque pas de fermeture de réacteurs nucléaires avant 2023, en dehors de la paire de Fessenheim. Il y a un an, RTE estimait déjà qu'"il n'est pas possible" de fermer simultanément les centrales au charbon et les quatre réacteurs nucléaires qui atteindront 40 ans avant 2023. Il semble que ce scénario soit dorénavant acté. Aujourd'hui, l'entreprise va plus loin et étudie concrètement la fermeture des cinq unités au charbon, réparties sur quatre sites (Le Havre, Cordemais, Saint Avold-Carling, Gardanne). Elle propose un scénario qui prévoit l'arrêt de deux mi-2020, de deux autres en 2021 et de la dernière en 2022. Mais, "si on en ferme cinq en 2022, ça marche aussi", glisse Olivier Grabette, directeur général adjoint de RTE.

L'avenir de Cordemais lié à celui de l'EPR

L'entreprise a-t-elle un ordre de préférence pour la fermeture des centrales au charbon ? Officiellement non. Toutefois, elle précise que la fermeture de la centrale de Cordemais (Loire-Atlantique) n'est réalisable que sous conditions : attendre que l'EPR de Flamanville soit en service pour assurer la tenue de la tension dans l'Ouest et s'assurer du maintien des turbines à combustion bretonnes. En outre, il n'est pas totalement exclu que certaines centrales soient converties à la biomasse, comme souhaite le faire EDF sur le site de Cordemais qui compte deux unités. Sur ce point, Olivier Grabette est prudent : il se contente d'expliquer que la PPE prévoit le développement de la biomasse et qu'il est envisageable que, dans ce cadre, celui-ci se fasse en convertissant des sites utilisant initialement du charbon. A ce stade, RTE se contente de constater que cette conversion n'est pas nécessaire pour assurer la stabilité du réseau dans l'ouest de la France.

Enfin, RTE a aussi présenté ses prévisions pour l'hiver 2018-2019. C'est devenu une habitude, RTE place l'hiver "sous surveillance", explique le directeur de l'exploitation. Comme les années passées, l'approvisionnement est assuré pour un hiver à température de saison. La consommation devrait atteindre un maximum de 85 gigawatts (GW), alors que la capacité disponible devrait être de l'ordre de 98 GW. En revanche, la vigilance est accrue sur la période allant de mi-janvier à fin février 2019. L'approvisionnement électrique pourrait être plus délicat si une vague de froid avec des températures inférieures de 4 à 6°C sous les normales se combinait avec une indisponibilité fortuite de 1,7 GW de production. Dans ce cas, RTE devrait recourir aux moyens "post marché" détaillés en 2016 : appels aux gestes citoyens, activation de l'interruptibilité, baisse de la tension de 5% et en ultime recours des coupures programmées, momentanées, localisées et tournantes.

Réactions2 réactions à cet article

 

Pourquoi RTE propose de prolonger le charbon pollueur en CO² alors qu'il suffit de reporter l'arret de Fessenheim ?

jjherou | 20 novembre 2018 à 09h49
 
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EdF retarde l'arrêt des centrales au charbon justement parce qu'il a anticipé l'arrêt de Fessenheim : voilà la conséquence directe du blocage du politique sur des dogmes électoralistes... Voilà le résultat des menées des zécolos...
Juste un petit rappel : +2°C de température mondiale moyenne, l'Antarctique de l'Ouest et le Groenland commencent à fondre, l'océan mondial monte de 5 mètres... une paille...

dmg | 21 novembre 2018 à 18h34
 
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