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Notre-Dame-des-Landes, une grenade dégoupillée au sein du gouvernement

Le devenir du projet d'aéroport nantais pourrait mettre le feu aux poudres du nouveau gouvernement tiraillé entre un Nicolas Hulot opposé au projet et un Edouard Philippe qui lui est favorable. En attendant, le gouvernement temporise.

Aménagement  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

"Il y aura un médiateur qui va permettre de mettre l'ensemble des choses sur la table, d'étudier l'ensemble des options, et ensuite nous prendrons une décision qui sera assumée, qui sera claire", a déclaré Edouard Philippe ce jeudi sur France Inter.

Le nouveau Premier ministre reprend ainsi la position d'Emmanuel Macron qui s'était déterminé durant la campagne électorale en faveur d'une telle médiation après avoir envoyé des signaux contradictoires sur sa volonté de poursuivre ou non le projet.

Depuis, le couple exécutif a décidé de nommer l'emblématique Nicolas Hulot à la tête d'un grand ministère de la Transition écologique et solidaire, avec rang de ministre d'Etat, n° 3 du gouvernement dans l'ordre protocolaire. Probléme ? L'ancien animateur d'Ushuaïa s'est dit opposé à la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes alors qu'Edouard Philippe s'était positionné en faveur de sa réalisation.

D'où des réactions satisfaites dans les deux camps, chacun ayant tendance à voir midi à sa porte. Ainsi du côté des pro aéroport, le Syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest salue la nomination du gouvernement,  Nicolas Hulot compris. Ce dernier, rappelle l'association de collectivités, avait déclaré en juin 2016 prendre acte des résultats de la consultation par laquelle les électeurs se sont prononcés à 55% en faveur du nouvel aéroport.

L'Association contre le survol de l'agglomération nantaise (Acsan) est toutefois plus circonspecte vis-à-vis de la nomination au gouvernement de l'ancien candidat à la primaire écologiste de 2011. "Le classement sans suite par les instances européennes des contentieux ouverts par les opposants montre que le projet de plateforme à Notre-Dame-des-Landes est techniquement, financièrement et environnementalement cohérent. Toutes les conditions sont maintenant réunies pour que l'Etat prenne les décisions attendues pour le transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes", estime l'association.

"Un homme capable de faire bouger les lignes"

Du côté des anti, on se réjouit de la nomination de Nicolas Hulot, gage selon eux de l'abandon du projet. Ainsi, le WWF salue la nomination de cet homme "capable de faire bouger les lignes", l'ONG se disant particulièrement attentive à la nomination rapide d'un médiateur "pour analyser les alternatives à la construction de l'aéroport".

Europe Ecologie Les Verts (EELV) reconnaît "un signal fort pour l'écologie" dans la nomination de Nicolas Hulot qu'elle  juge "à rebours de la composition générale du gouvernement". La formation écologiste demande au nouveau ministre de faire de l'abandon de l'aéroport "la première victoire de l'écologie sous ce quinquennat". Mais, dans le même temps, elle laisse percer ses doutes sur sa capacité à agir. "L'histoire a montré que quand cette ambition n'est pas partagée par l'Élysée, Matignon ou Bercy, les mots sont vains et les mesures d'affichage", avertit EELV.

Le germe est en effet dans le fruit tant les positions de Nicolas Hulot et d'Emmanuel Macron semblent éloignées vis-à-vis de la croissance économique. "Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires", déclarait l'actuel chef de l'Etat en 2015. "L'urgence de la situation m'impose de tout tenter pour faire émerger le nouveau modèle de société que nous appelons collectivement de nos vœux", déclare aujourd'hui le nouveau ministre de la Transition écologique.

Pas sûr que ce nouveau modèle de société soit le même dans l'esprit des deux responsables politiques. Et dans l'hypothèse où il le serait, ce modèle tolèrera-t-il la création d'un nouvel aéroport à l'heure de l'urgence climatique ? Là est toute la question.

Réactions1 réaction à cet article

 

Il est hypocrite et/ou irréfléchi de s'appuyer sur un vote biaisé pour justifier la poursuite de l’insensé projet de NDL. Et déjà parce que le corps électoral était bien trop restreint par rapport à la population concernée et encore par e qu’il n’y aurait pas eu "3consultation populaire » si les autorités politiques ne savaient pas qu’elles gagneraient
Ils ont bien raison ce qui ont affirmé entre autres,
"L'erreur ne devient pas  vérité parce qu'elle est approuvée par beaucoup" (M.G)
« Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont forcément raison » (M.C)
«  Ceux qui regardent le vote universel comme une garantie de la bonté des choix se font une illusion complète. » (A.T)

Sagecol | 23 mai 2017 à 05h58
 
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