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L'OCDE publie le bilan environnemental de l'Australie

Malgré les progrès de l'Australie qui vient de ratifier Kyoto, la politique environnementale du pays doit encore s'attacher à adapter les secteurs de l'eau, de l'agriculture, des transports et de l'énergie aux préoccupations environnementales.

Gouvernance  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
Dans le cadre de sa mission d'appui aux politiques gouvernementales des 30 pays de l'organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l'organisation consacre à chacun de ses pays membres des examens par les pairs de la situation, notamment de l'environnement et des progrès accomplis en la matière. Ils étudient les efforts menés par les pays pour atteindre leurs objectifs nationaux et engagements internationaux en matière d'environnement et formulent des recommandations. Après l'achèvement d'un 1er cycle de 32 examens portant sur l'ensemble des pays de l'OCDE et trois pays non membres, un 2ème cycle est très avancé. L'accent y est mis sur le développement durable, l'efficacité environnementale et l'efficience économique. C'est au tour de l'Australie de se faire analyser et de voir son bilan publié par l'organisation.

Ce rapport examine les progrès réalisés par l'Australie depuis le précédent examen des performances environnementales publié par l'OCDE en 1998, et évalue dans quelle mesure le pays a atteint ses objectifs nationaux et respecte ses engagements internationaux en matière de gestion de l'environnement et des ressources naturelles. Il examine également les progrès réalisés dans le contexte de la Stratégie de l'environnement de l'OCDE et au regard des recommandations énoncées dans l'examen précédent.

Le Bilan montre que le cadre institutionnel de la gestion environnementale du pays s'est amélioré durant la période examinée, avec la loi de 1999 sur la protection de l'environnement et la conservation de la biodiversité. S'agissant de l'eau, des progrès ont été réalisés dans la mise en oeuvre des réformes sur la gestion de cette ressource et la mise en place d'une structure de tarification cohérente de l'eau potable et d'irrigation au niveau national. Des initiatives ont également été lancées pour encourager les consommateurs à privilégier les produits économes en eau notamment par un étiquetage écologique. Concernant la qualité de l'air, l'Australie s'est dotée durant la période examinée, de normes nationales dans le cadre d'une Mesure nationale de protection de l'environnement (NEPM), qui fixent des valeurs limites pour les concentrations ambiantes de six polluants classiques. En règle générale, les concentrations ambiantes de monoxyde de carbone, de dioxyde de soufre, de dioxyde d'azote et de plomb sont inférieures aux valeurs limites de la NEPM, souligne le rapport. L'Australie a également établi un Inventaire national des polluants et commencé à rendre publiques les données correspondantes. En 2002, l'utilisation d'essence au plomb a également cessé et les normes de qualité des carburants relatives à la teneur en soufre et en benzène ont été renforcées.

Durant la période examinée, l'Australie a par ailleurs sensiblement accru ses efforts de protection de la biodiversité. Plus de 10% des terres émergées d'Australie sont aujourd'hui protégées. De nombreuses activités de protection de la nature sont à présent organisées à l'échelle nationale : c'est le cas entre autres du Réseau national de réserves, du Cadre national de gestion et de surveillance de la végétation indigène d'Australie et de la Stratégie nationale de lutte contre les plantes nuisibles, et ce sera le cas bientôt des zones marines protégées, souligne l'OCDE. S'agissant des émissions de gaz à effet de serre, l'Australie s'est dotée d'un système de comptabilité des GES et a réduit l'intensité d'émissions de GES de son économie de 11% au cours de la période en question. L'Australie est en bonne voie pour atteindre son objectif en vertu du Protocole de Kyoto, déclare même l'OCDE. Selon le rapport, l'amélioration de l'efficacité énergétique a été favorisée par l'adoption de normes d'efficacité pour les appareils et les bâtiments, ainsi que par la mise en place d'un système d'étiquetage des véhicules neufs en fonction de leur consommation de carburant.

En revanche malgré tous ces progrès, les intensités d'émissions de SOx, de NOx et de CO2 (c'est-à-dire les émissions par unité de PIB) sont les plus élevées ou parmi les plus élevées de l'OCDE. Les émissions de GES de centrales électriques et processus industriels continuent de croître, où la pollution de l'air fait peser des risques sérieux sur la santé. Les transports routiers sont une importante source de pollution de l'air urbain, et la progression du parc automobile et des véhicules-kilomètres parcourus s'accompagne d'une hausse des émissions correspondantes, ajoute le rapport.
L'OCDE souligne également que la pollution marine provenant de sources terrestres et des navires de pêche et de plaisance n'est pas convenablement maîtrisée, alors qu'elle constitue la première cause de dégradation de la qualité des eaux côtières. Plusieurs stocks halieutiques demeurent également surexploités : l'hoplostète orange, l'escolier royal ou encore le requin-hâ.

Des ''défis'' subsistent aussi dans la gestion de l'eau, d'autant que la consommation totale d'eau reste à la hausse en Australie. La vétusté de certains réseaux d'irrigation et de certains réseaux urbains de distribution d'eau est toujours à l'origine de fuites excessives et de phénomènes d'évaporation qui entraînent d'importantes déperditions d'eau. Les principaux estuaires souffrent notamment de problèmes chroniques d'eutrophisation (prolifération d'algues), d'où l'apparition de zones anoxiques qui perturbent les écosystèmes aquatiques. La mauvaise qualité des eaux côtières menace également certaines parties de la Grande Barrière de corail situées à proximité du littoral. De même que certaines possibilités de réutilisation et de recyclage de l'eau demeurent encore inexploitées.

L'OCDE ajoute que la durabilité du secteur agricole australien doit encore être amélioré. L'Australie doit notamment traiter les effets négatifs cumulés de certaines pratiques agricoles tels que le surpâturage, le défrichement, l'irrigation peu rationnelle qui ont amplifié la salinité et l'acidité des sols, l'érosion et les dégâts causés par les ravageurs. L'utilisation d'engrais azotés a également augmenté durant la période examinée, entraînant l'eutrophisation des masses d'eau douce et des eaux marines.

Alors que l'Australie a ratifié le protocole de Kyoto en décembre 2007, marquant l'engagement du pays à réduire ses émissions de GES, l'OCDE qui a inclus 45 recommandations dans son rapport, conseille à l'Australie de redoubler d'efforts pour réduire les émissions du secteur des transports. L'OCDE recommande par exemple d'appliquer des instruments de marché pour rendre le parc automobile plus propre et améliorer la répartition modale (tarification routière et péages de congestion, fiscalité des carburants et des véhicules, redevances de stationnement, …). Elle conseille également d'attribuer un prix au carbone par l'instauration d'un système national d'échange de droits d'émissions de gaz à effet de serre et/ou une taxe sur le carbone...

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