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Actu-Environnement

Présidence française de l'UE : les priorités environnement d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a présenté, le 9 décembre, ses priorités pour la présidence française de l'UE qui débute le 1er janvier : ajustement carbone aux frontières, instauration de clauses miroirs et lutte contre la déforestation. Grand absent : les pesticides.

Gouvernance  |    |  Laurent Radisson
Actu-Environnement Le Mensuel N°420 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°420
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« Un moment historique et rare. » C'est ainsi qu'Emmanuel Macron a qualifié la présidence française de l'Union européenne (PFUE), qui s'ouvre le 1er janvier prochain pour six mois. D'autant plus rare que cette présidence se superpose avec la campagne électorale française et que le locataire de l'Élysée pourrait changer avant la fin du semestre.

Les attentes dans le domaine de l'environnement sont très importantes alors que la Commission européenne a présenté de nombreuses propositions législatives ces derniers mois. La présidence française va, en effet, être déterminante pour lancer la mise en œuvre de ces propositions. Emmanuel Macron a annoncé des échanges fournis avec le président du Conseil européen, Charles Michel, la présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen, et le Parlement, auquel il s'adressera, le 19 janvier. Un sommet des 27 chefs d'États et de gouvernements aura également lieu, les 10 et 11 mars, afin de « définir un nouveau modèle de croissance » , qui pourrait permettre de sortir « certaines catégories d'investissements » des règles du pacte de stabilité.  Une perspective rendue moins difficile avec l'arrivée en Allemagne de la nouvelle équipe dirigeante, menée par Olaf Scholz.

Mais la devise retenue pour cette présidence « Relance – Puissance – Appartenance », tout comme l'absence de toute question portant sur l'environnement lors de la conférence de presse tenue par Emmanuel Macron, ce jeudi 9 décembre, est, à cet égard, quelque peu déconcertante. Pour le Réseau Action Climat (RAC), qui fédère les associations luttant contre les causes des changements climatiques, la réussite de la PFUE repose sur trois conditions. « La France devra arrêter de freiner l'ambition climatique du Green Deal. Elle ne doit pas se focaliser sur des totems électoraux. Elle ne doit pas utiliser la PFUE comme une tribune pour les intérêts nationaux, comme le nucléaire », explique Neil Makaroff, responsable des politiques européennes au sein de l'ONG.

Ajustement carbone aux frontières

Quelles sont les priorités présentées par Emmanuel Macron ? En premier lieu, le président de la République entend mettre en œuvre les propositions de la Commission européenne en matière de lutte contre le changement climatique. C'est-à-dire faire avancer les douze propositions de textes présentées par Bruxelles, le 14 juillet 2021, à travers son paquet législatif « Fit-for-55 ». Celui-ci vise à réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2030 et traduire l'objectif de neutralité carbone en 2050, annoncé lors de la présentation du Pacte vert, en décembre 2019. Dans ce cadre, le président entend électrifier et décarboner tout ce qui peut l'être. Il se garde toutefois de prononcer les mots « nucléaire » ou « taxonomie », qui polarisent actuellement les débats au sein de l'Union.

 
La taxe carbone ne doit pas être un chiffon rouge pour ne pas réguler l'appareil productif  
Clément Sénéchal, Greenpeace France
 
Un règlement délégué sur la taxonomie a été publié au Journal officiel, le 9 décembre. « C'est une bonne nouvelle. Mais la France a tenté de le torpiller pour pousser le gaz fossile et le nucléaire au risque de remettre en cause le travail réalisé », dénonce Pierre Cannet, directeur du plaidoyer du WWF France.

L'un des principaux objectifs de la présidence française est de mettre en place un ajustement carbone aux frontières, a annoncé le chef de l'État. Un mécanisme destiné à donner un prix à la composante carbone des produits importés afin d'éviter un « biais de compétitivité » en défaveur des entreprises européennes.

Adopter des clauses miroirs

De la même façon, Emmanuel Macron entend mettre en cohérence les politiques commerciales, d'une part, et les politiques climatiques et de biodiversité, d'autre part, à travers l'adoption de clauses dites « miroirs ». C'est-à-dire intégrer dans les accords commerciaux des clauses environnementales et sociales équivalentes aux exigences qui s'imposent aux producteurs européens. « Mais la taxe carbone ne doit pas être un chiffon rouge pour ne pas réguler l'appareil productif », prévient Clément Sénéchal, chargé de campagne climatique chez Greenpeace France.

Enfin, le président souhaite mettre à l'agenda la mise en œuvre d'un instrument européen de lutte contre la déforestation importée. La Commission a présenté, le 17 novembre, une proposition de règlement ambitieuse en la matière. Le président a rappelé à cet égard, comme il l'avait fait lors du One Planet Summit de janvier 2021, que les deux agendas climat et biodiversité étaient liés. Mais le chef de l'État ne souhaite visiblement pas bousculer l'agriculture, alors qu'il veut « défendre l'excellence de notre modèle agricole » au niveau de l'UE.

L'interdiction des pesticides n'est mentionnée que dans une longue énumération, comme si Emmanuel Macron avait oublié son annonce d'une initiative pour une sortie accélérée des pesticides, faite lors du Congrès mondial de l'UICN à Marseille, le 3 septembre dernier. « Il y a un potentiel à saisir », rappelle pourtant Pauline Rattez, responsable des politiques agricoles à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), avec l'expiration de l'autorisation du glyphosate en 2022 et la possibilité de mettre fin aux dérogations dont bénéficient encore les insecticides néonicotinoïdes.

Des thématiques passées sous silence

« Une victoire sur la taxe carbone aux frontières seule ne suffira pas à faire de la PFUE un succès pour le climat. Le climat et les Européens ont besoin de compromis ambitieux sur l'ensemble des législations du Green Deal qui touchent à leur vie quotidienne », résume le RAC.

Parmi celles-ci figurent notamment des textes sur l'efficacité énergétique, sur la rénovation énergétique des bâtiments, sur la fin de la vente des véhicules thermiques ou sur la réforme du marché carbone. Mais le chef de l'État est resté pour l'instant très discret sur ces sujets.

Réactions12 réactions à cet article

 

Et la biodiversité ? L'arrêt de la chasse tueuse ?
Gérard

chercheur en chemins | 10 décembre 2021 à 09h03
 
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Tout ce qui peut s'apparenter de près ou de loin à une quelconque modification du logiciel qui pilote les politiques libérales et polluantes depuis une soixantaine d'années est manifestement rejeté. Les freins au changement nécessaire sont tenaces car puissamment ramifiés et partagés.
Un avant goût du programme de campagne du futur candidat à l'élection présidentielle de 2022 ?

Pégase | 10 décembre 2021 à 09h21
 
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Décarboner l'économie n'a strictement aucun sens pour le climat mais c'est le dernier argument qui fait tenir la filière nucléaire ... la France va se couvrir de honte et c'est encore le contribuable qui va payer la facture ! Je ne comprends pas comment Madame Pompili peut à ce point soutenir la filière électrique alors qu'elle a passé sa carrière à lutter contre ...

laurent | 10 décembre 2021 à 09h33
 
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Taxe carbone aux frontières... mais déjà nettoyer les écuries d'Augias ! Il est aberrant de laisser l'Allemagne caracoler avec son ambition gaz + renouvelables (dans cet ordre, se déciller) qui interdit mathématiquement l'atteinte à la réduction de 55% des GES, il est aberrant de faire payer aux industriels français l'électricité à 200 €/MWh quand nous le produisons à 50 ! Le "en même temps" a des limites, c'est notre avenir qui est en jeu, la politique sans l'énergie nous mène à la catastrophe.

dmg | 10 décembre 2021 à 09h57
 
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Faisant parti des réseaux sortir du nucléaire et de Green Peace, le Réseau Action Climat est malvenu à donner des conseils à la France pour la PFUE concernant le nucléaire. Depuis la construction de ses réacteurs il y a des décennies, la France produit, en toute sécurité, une électricité pilotable dont l'impact environnemental et la faible émission de GES sont exemplaires dans la lutte contre le réchauffement et le dérèglement climatique. La France avait réussi il y a déjà 20 ans à décarbonner sa production électrique. Il est de l'intérêt générale de toute l'EUROPE et non de la seule FRANCE de développer la recherche scientifique et la production d'énergie nucléaire sans GES.

Quid | 10 décembre 2021 à 11h13
 
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Seul, le consommateur a les cartes en mains… est-il prêt à changer ses habitudes et son mode de vie ?

Mic44 | 10 décembre 2021 à 15h09
 
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Sûr que si l'on fait abstraction, comme c'est largement le cas au sein des hautes sphères décisionnelles, des milliers de tonnes de déchets nucléaires qui s'accumulent sans solution technologique correcte de retraitement, des millions de tonnes de béton ferraillé et d'acier plus ou moins contaminées et des divers fluides dont on ne saura que faire à la déconstruction, que la vapeur d'eau émise par les tours réfrigérantes est un GES (certes modeste car à durée de vie très courte), alors on peut ne pas s'étouffer en déclarant que le nucléaire est un solution dont l'impact environnemental est exemplaire. Il faut bien évidemment également considérer les divers accidents nucléaires de Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima Daiichi comme anecdotiques ou impossibles en France.
Tout comme pour les pesticides du reste : il suffit de les imposer à l'immense majorité des citoyens qui n'en veulent pas. A part cela, il parait que la France reste une démocratie...

Pégase | 10 décembre 2021 à 15h49
 
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A Pégase, Depuis le 1er réacteur il y a 65 ans, avec 457 réacteurs actuellement en service dans le monde on ne peut compter que 3 accident majeurs : Il y a 42 ans Three mile Island, bilan 0 victime. il y a 35 ans, pour la catastrophe de Tchernobyl, le comité scientifique de l'ONU ne reconnait actuellement qu'une trentaine de morts directs. La nature y a largement repris ses droits et les touristes visitent le site. Il y a 10 ans, c'était Fukushima, zéro morts par radiation. Ces chiffres sont à comparer avec les dégâts dus au réchauffement et dérèglement climatique et à la pollution atmosphérique qui causent plus de 8 millions de morts prématurés par an dans le monde, soit 500 millions sur 65 ans. Au sujet des déchets que vous évoquez, 99% de la radioactivité est concentrée dans 3% des déchets. Ce qui représente 30 tonnes pour 1000 tonnes. La recherche scientifique fondamentale continue et depuis 65 ans, aucune victime connue en France. Je pense que vous faîtes beaucoup de mal à la France, à l'Europe et à l'humanité en militant pour discréditer la recherche et bloquer le développement de la production électrique pilotable nucléaire.

Quid | 10 décembre 2021 à 19h39
 
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@ quid : aucune matière minérale ne contient d'énergie ou très très peu, l'enrichissement consomme une quantité colossale d'énergie, et il est mathématiquement impossible de récupérer l'énergie qui a été dépensée dans le fonctionnement global des centrales nucléaires. une machine avec un rendement supérieur à 1 ça n'existe pas sur terre ... renseignez vous sur les enquêtes en cours à propos de l'EPR et Anne Lauvergeon : cf https://www.youtube.com/watch?v=i7ekZw50AF8&t=1274s

laurent | 12 décembre 2021 à 22h27
 
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Si vous doutez que le minerai d'uranium puisse contenir de l'énergie, je vous recommande de suivre ce lien : https://www.assistancescolaire.com/eleve/2nde/physique-chimie/reviser-le-cours/2_ph_05 ou bien celui-ci : https://youtu.be/XR2XPDgMnfo
Avez vous entendu parlé des dégâts causés par la réaction en chaîne de "Little boy", la bombe en métal de 4400 kg d'Hiroshima, qui ne contenait que 64 kg d'uranium 235, dont « seulement » 700 g entrèrent en fission (soit 1,1 %) ? Quand à Anne Lauvergeon et son mari, j’ai regardé votre vidéo elle ne concerne que l'achat pour AREVA d'une une mine inexploitable. Escroquerie hélas d'un grand classique qui peut concerner n’importe quel minerai : https://www.lemonde.fr/economie/article/2013/08/10/l-eldorado-de-busang-une-arnaque-plaque-or_3459830_3234.html

Quid | 13 décembre 2021 à 10h38
 
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@ quid l'uranium à l'état naturel contient peu d'énergie, il faut dépenser beaucoup d'énergie avec des centrifugeuses pour le rendre exploitable ! dans une explosion nucléaire la réaction en chaine est complète et effectivement libère beaucoup d'énergie ... ce qui n'est pas du tout le cas dans une centrale ou les déchets rayonneront encore des milliers d'années ! A Hiroshima la vie a repris pas à Tchernobyl !

laurent | 13 décembre 2021 à 18h34
 
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Nous avons hélas connu une PFUE en 2008, sous le glorieux quinquennat Sarkozy. Le résultat : propulsion politique de Saint Nicolas Hulot, des lois Grenelle parfaitement débiles et désastreuses avec un cumul de désavantages qui ont résulté en la destruction quasi-totale de l'industrie en France, qui est passée à seulement 10% du PIB national (23% pour la vertueuse Allemagne).
La PFUE Macron prend le même chemin avec les clauses miroir aux alouettes absolument inapplicables, la taxe aux frontières qui ne l'est pas davantage. En résumé, que de la "vertu" au menu d'un petit pays insignifiant (0,9% des émissions mondiales) qui devient une maison de retraite peuplé de petits vieux craintifs. C'est paradoxal pour un président si jeune par l'âge.

Albatros | 17 décembre 2021 à 16h15
 
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