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Les plantes, une fausse bonne solution pour limiter la pollution de l'air intérieur?

Si des recherches scientifiques ont démontré en laboratoire la capacité de certaines plantes, via leurs substrats, à éliminer les polluants gazeux, l'efficacité des plantes en pot reste à prouver à l'échelle d'un logement.

Bâtiment  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
   
Les plantes, une fausse bonne solution pour limiter la pollution de l'air intérieur?
   
La population passe 80 à 90% de son temps à l'intérieur de bâtiments. Or, l'environnement intérieur (domicile, lieu de travail…) offre une grande diversité de situations d'exposition à de nombreux agents physiques ou contaminants physicochimiques (particules, composés organiques volatils-COV-ou semi-volatils, …) et biologiques (bactéries, allergènes, moisissures…) liés aux bâtiments, aux équipements, à l'environnement extérieur immédiat et au comportement des occupants. Ainsi, produits de construction et de décoration, d'ameublement, d'entretien, de bricolage, mais aussi équipements de chauffage et de production d'eau chaude, ou tabagisme, sans oublier l'air extérieur… sont autant de sources et vecteurs des pollutions observés à l'intérieur des bâtiments.

S'il est indispensable d'aérer les locaux (dix minutes le matin, dix minutes le soir)…, la biofiltration constitue aussi une ''solution'' pour limiter la pollution. Une technique qui consiste à utiliser les capacités naturelles de certaines plantes pour absorber des polluants de l'air via leurs substrats.
Des études, lancées depuis les années 80 à l'initiative de Wolverton, chercheur à la Nasa, ont démontré cette méthode épuratrice des plantes sur certains polluants gazeux présents dans l'air intérieur tels que le formaldéhyde, les COV - le benzène, le trichloréthylène, le tétrachloroéthylène – ou encore le monoxyde de carbone…, a rappelé le 28 juin, Andrée Buchmann, présidente du conseil de surveillance de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI). Des polluants de l'air intérieur susceptibles d'avoir des impacts sanitaires, aux côtés des particules fines (PM10), naphtalène, ou encore du dioxyde d'azote et de l'ammoniac. Leurs effets sur la santé peuvent aller de la simple irritation des muqueuses aux troubles respiratoires jusqu'à provoquer des pathologies à long terme (cancers, perturbations endocriniennes, troubles cardiovasculaires…), a-t-elle rappelé, dans le cadre d'un atelier consacré aux travaux sur la biofiltration, organisé avec l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et la Faculté de Pharmacie de Lille.

Ces études portent principalement sur le potentiel épurateur des plantes utilisées ''seules ou intégrées dans des systèmes dynamiques avec passage d'air forcé à travers le substrat, en chambre expérimentale ou dans une moindre mesure en espace réel'', a de son côté, précisé de Damien Cuny, chercheur à la Faculté de Pharmacie de Lille et au sein du programme national ''Phyt'air''.

Lancé depuis 2004 à l'initiative de l'Ademe, en collaboration notamment avec le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) et l'association Plant'airpur, Phyt'air a évalué les performances d'épuration de trois plantes d'intérieur très répandues chez les particuliers : Pothos ou Lierre du diable, Plante araignée et Dragonnier. Trois substances chimiques ont également été à l'étude. Il s'agit du formaldéhyde (polluant majeur de l'air d'intérieur qui émane des mousses d'isolation, la colle à moquette, colles de bois), le benzène (solvant présent dans les peintures, encres, matières plastiques ou détergents) et le monoxyde de carbone (provoqué par les appareils de chauffage…). Résultats de ces études menées en enceintes expérimentales : ces plantes possèdent ''des capacités d'abattement avérées vis-à-vis de polluants gazeux'', plus importantes pour le monoxyde de carbone que pour le formaldéhyde et le benzène. D'ailleurs, des études ont également démontré l'efficacité dépolluantes d'autres plantes comme le Ficus, le Philodendron et Chlorophytum sur le formaldéhyde. Les chercheurs français ont en outre prouvé l'action épuratrice du Pothos sur le toluène ou celle du Dragonnier (xylène, trichlorethylène).

Pas d'efficacité démontrée sur les plantes en pot

Mais toutes ces études, nuance Damien Cuny, ont été réalisées en laboratoire, à des concentrations supérieures à celles rencontrées dans l'air intérieur, sur des substances seules et pendant des durées limitées. Si quelques rares travaux tendent à indiquer qu'à l'échelle de l'habitation, la présence de végétaux peut effectivement entraîner une diminution des concentrations en COV, les résultats montrent le plus souvent un rendement très faible au regard des niveaux de pollution rencontrés lorsque les plantes sont utilisées seules. ''Les systèmes de biofiltration via le substrat possède une efficacité dépolluante supérieure au système foliaire seul'', concernant les polluants gazeux, souligne Damien Cuny. Ce dispositif ''dynamique'' semble ''plus prometteur'', estime-t-il.

Et en l'état actuel des connaissances, encore limitées, l'utilisation de plantes en pot (système passif) n'apparaît donc pas efficace pour éliminer les polluants de l'air dans les espaces clos. ''Les caractéristiques d'ambiance des milieux intérieurs (mouvements d'air réduits, température constante, faible hygrométrie, luminosité) ne sont pas propices à optimiser les facultés d'accumulation des polluants par les végétaux'', expliquent les chercheurs. La délivrance d'un label ''capacité d'épuration de l'air''pour une plante apparaît donc ''largement prématurée'', a souligné Joëlle Colosio, chef du service d'évaluation de la qualité de l'air à l'Ademe.

De plus amples études restent néanmoins nécessaires pour confirmer le rendement des systèmes de biofiltration en situation réelle, ''tenant compte des expositions pendant de longues périodes à des mélanges de polluants en faibles concentrations'', ont souligné les chercheurs. La dernière phase du programme Phyt'Air, qui prendra fin en 2011, vise justement à expérimenter l'effet des systèmes ''actifs'' dans des conditions réelles.

D'autant que d'autres polluants (champignons, composés organiques semi-volatils ou COV autre que le benzène, bactéries, particules fines…) gagnent encore à être analysés…

Réactions3 réactions à cet article

 
le bien-être par les plantes

quel dommage de ne pas positiver quant au Bien être par les plantes ,également sur le plan psychique, sur la présence des végétaux dans l'environnement de vie !toutes les plantes dépolluent botaniquement parlant ! pourquoi parler des résultats alors que 2011 n'est pas passé ! pourquoi ne pas attendre plutot que publier des suppositions ! Pourquoi ne pas chercher des solutions pour aider les plantes à mieux faire leur travail de dépollution par des contenants (pot) mieux adaptés (captages des cov par aspiration).
RESTONS positifs car le monde végétal a encore beaucoup à nous apprendre. ne soyons pas aussi directs dans nos conclusions.

Peyo49 | 06 juillet 2010 à 09h20
 
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Solution végétale en + d'autres solutions !

Mettre des plantes dans notre environnement c'est "OPTIMISER" la qualité de l'air que l'on respire à l'intérieur de nos maisons, de nos bureaux, de nos crèches,de nos maisons de retraite, etc...
Au même titre que chacun peut aérer sa maison le plus souvent possible, utiliser des matériaux de constructions sains et non polluants, changer ses habitudes de vies pour moins polluer l'air intérieur, il peut aussi avoir le reflex végétal à rajouter à tout çà, pour améliorer lui même sont environnement.

Chaque petit geste rajouté l'un a côté de l'autre va permettre d'optimiser la qualité de l'air.

Alors ne nous privons pas de faire rentrer les plantes dans toutes les solutions à envisager.

De toute façon l'être humain a besoin d'un environnement de verdure pour se sentir bien, et encore plus dans les espaces clos. Des études scientifiques l'ont prouvées aussi.
Alors pourquoi se priver de cette solution là !


Continuons à informer et former les gens

Geneviève49 | 06 juillet 2010 à 10h52
 
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Les plantes d'intérieur, c'est beau. Au-delà...

Une plante, c'est beau, ça calme, ça a plein d'atouts. Mais comme dépolluant d'intérieur, ça demeure - malgré tout l'intérêt de la chose -, très limité.
Dommage.
Que cela n'empêche personne de se faire plaisir en s'entourant de plantes !
Quant à la dépollution, le moyen le plus efficace c'est... de ne pas polluer.
Il existe des matériaux de construction, des peintures, des revêtements, des meubles, conçus pour ne pas émettre de contaminants. La solution ne peut être que là.

Marc95 | 13 juillet 2010 à 15h55
 
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