En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Climat et énergie : les bons et les mauvais élèves de l'Europe

La Commission européenne dresse un état des lieux de la politique énergétique et climatique de l'UE et des États membres. L'efficacité énergétique, les émissions des transports et les subventions aux fossiles sont pointées du doigt.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
Climat et énergie : les bons et les mauvais élèves de l'Europe

Dans son rapport sur l'état de l'Union de l'énergie 2020, publié le 14 octobre, la Commission européenne liste les bons et les mauvais points de la politique énergétique et climatique de l'Europe. L'année 2020 constitue en effet l'année d'échéance des trois grands objectifs du paquet énergie climat : la réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, la baisse de 20 % de la consommation énergétique par rapport à l'augmentation tendancielle et une part de 20 % d'énergies renouvelables dans la consommation d'énergie totale.

Climat : l'aérien, les transports et les subventions aux fossiles plombent le bilan

Concernant le climat, l'UE est en bonne voie, mais elle peut mieux faire ! Elle a dépassé l'objectif de réduction de 20 % et les émissions totales de gaz à effet de serre de l'Europe sont à leur niveau le plus bas depuis 1990. Cette évolution est principalement liée à la diminution des émissions liées à l'approvisionnement énergétique et notamment à une forte baisse des émissions des activités couvertes par le marché carbone (EU ETS).

 
Seule la baisse significative de la demande d'énergie liée à la crise de la Covid-19 pourrait finalement conduire l'Europe à atteindre l'objectif d'efficacité énergétique  
Commission européenne
 

En revanche, « les émissions de l'aviation internationale ont continué d'augmenter au cours des cinq dernières années (jusqu'à l'éclatement de la crise de la Covid-19) ». Idem pour les émissions globales des transports.

Autre ombre au tableau : les niveaux de subventions aux énergies fossiles, qui n'ont pas baissé en une décennie. Sur les 159 milliards d'euros de subventions à l'énergie versés en 2018, 50 milliards étaient destinés aux combustibles fossiles. « Cependant, certains États membres, comme l'Autriche, le Danemark, l'Estonie et la Hongrie, sont allés à l'encontre de cette tendance générale et ont considérablement réduit leurs subventions aux combustibles fossiles », note la Commission. En revanche, de nombreux États font encore l'impasse sur des mesures précises ou un calendrier de suppression de ces subventions dans leurs plans nationaux énergie climat (Pnec) pour 2030, regrette-t-elle.

Énergies renouvelables : la France parmi les mauvais élèves

Sur les énergies renouvelables, l'objectif devrait également être atteint : « La part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de l'UE-27 a atteint 18,9 % en 2018 et l'UE est en passe d'atteindre ses objectifs d'énergies renouvelables pour 2020. La modélisation prévoit que l'UE-27 atteindra une part d'énergies renouvelables comprise entre 22,8 % et 23,1 % en 2020 », indique la Commission. La plupart des États membres devraient atteindre, voir dépasser, leurs objectifs nationaux. Sauf trois : la Belgique, la France et la Pologne. Les Pays-Bas et le Luxembourg semblent également à la traîne, mais dans une moindre mesure.

Point positif : « La compétitivité du secteur [des énergies propres] surpasse les technologies de sources d'énergie conventionnelles en ce qui concerne la valeur ajoutée, la productivité du travail, la croissance de l'emploi et les taux de pénétration ». Résultat : les énergies propres gagnent en importance dans le PIB de l'UE, alors que la part des sources d'énergie conventionnelles diminue.

D'un point de vue technologique, « l'industrie européenne bénéficie de l'avantage du "premier arrivé" dans les domaines de l'énergie éolienne terrestre et marine, et de l'hydrogène renouvelable ». Ce qui n'est pas le cas pour le photovoltaïque et les batteries lithium-ion. Dans ces deux domaines, des efforts de rattrapage et de création d'un avantage concurrentiel sont nécessaires compte tenu de l'augmentation attendue de la demande, prévient la Commission. Les investissements publics et privés dans la recherche et l'innovation doivent être intensifiés, estime-t-elle.

Efficacité énergétique : le maillon faible

Dernier point : l'efficacité énergétique. « En 2018, la tendance de la consommation d'énergie n'était pas en bonne voie pour que l'Europe atteigne les objectifs de 2020 », souligne la Commission. Seule la baisse significative de la demande d'énergie liée à la crise de la Covid-19 pourrait finalement conduire l'Europe à atteindre cet objectif, regrette-t-elle.

Les efforts structurels devront donc être intensifiés pour faire baisser durablement la consommation européenne d'énergie. « À cette fin, la Commission a lancé la vague de rénovation et révisera les directives sur l'efficacité énergétique et l'écoconception », indique la Commission. La lutte contre la précarité énergétique reste un enjeu fort : « En 2018, les ménages les plus pauvres d'Europe ont dépensé en énergie (en moyenne) 8,3 % de leurs dépenses totales, et jusqu'à 15 % - 22 % dans certains États membres d'Europe centrale et orientale ».

Des progrès nécessaires pour une transition au meilleur coût

Pour assurer l'efficacité des politiques énergétiques et la sécurité d'approvisionnement, la Commission européenne a misé sur une meilleure intégration des marchés de l'énergie. Et, globalement, les résultats vont dans le bon sens.

« Le marché intérieur a bien progressé vers son achèvement dans le domaine du gaz. La connectivité et l'accès aux différentes sources de gaz continuent de s'améliorer, car seuls trois marchés de l'UE (Irlande, Danemark-Suède et Estonie-Lettonie) avaient accès à moins de trois sources d'approvisionnement », note la Commission.

Celle-ci constate néanmoins des lacunes au niveau du commerce de détail et du commerce de gros de l'énergie, qui peuvent peser sur les factures des consommateurs et de l'industrie. Malgré la libéralisation de ces marchés, « de nombreux opérateurs historiques détiennent toujours une position dominante, limitant ainsi le niveau de concurrence », analyse la Commission. Cette situation peut freiner une transition énergétique au meilleur coût, regrette l'exécutif européen.

Réactions1 réaction à cet article

 

Bonjour,
Il ne faut surtout pas oublier que sur les 11 tonnes de CO2 eq. émis annuellement par un français environ 60% provient des produits importés qu'il consomme et donc aux externalités. C'est bien beau de faire le bilan carbone de l'Europe mais il faut aussi remettre cela dans son contexte global.
Bonne journée.

QF | 16 octobre 2020 à 09h09
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager