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Actu-Environnement

Pesticides : des associations réclament l'arrêt total de leur usage dans les zones non agricoles

Dans les forêts, les terrains de sport, aux abords des voies ferrées et des autoroutes, de nombreux produits phytosanitaires sont utilisés. Des associations demandent l'arrêt total de ces usages pour protéger la santé et l'environnement.

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

Dans le débat sur l'usage des produits phytosanitaires, l'agriculture monopolise souvent l'attention. Pourtant, de nombreux autres acteurs sont gourmands en pesticides. Ainsi, la SNCF est le plus gros consommateur de glyphosate pour les usages non agricoles. Le désherbage des voies ferrées nécessite entre 36 et 45 tonnes par an de ce produit.

C'est pourquoi l'association de protection de la biodiversité Noé, avec le soutien de la Fondation pour la nature et l'homme (FNH), Générations futures, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Terre de liens, Nature & Progrès, Bio consom'Acteurs, Canopée et Terre & Humanisme, publient un manifeste et une pétition demandant l'arrêt de l'usage des phytosanitaires dans les zones non agricoles.

Du glyphosate dans les forêts

"La « loi Labbé » a interdit leur utilisation aux collectivités depuis 2017, et aux particuliers depuis le 1er janvier 2019. Pourtant, 69 herbicides et insecticides de synthèse sont encore autorisés en France sur environ 20 millions d'hectares de zones non-agricoles, dont la plupart accueillent du public (forêts, terrains de sport, parcs et jardin, etc.)", expliquent les associations.

En effet, des dérogations peuvent être appliquées pour les cimetières et les terrains de sport. Les jardiniers amateurs, lorsqu'ils font appel à des professionnels, peuvent également traiter aux produits de synthèse leurs jardins. Enfin, les forêts et les espaces verts des entreprises ne sont pas concernés par cette loi.

"Dans les forêts françaises, ce sont 40 pesticides de synthèse qui sont autorisés, dont 23 à base de glyphosate. Ces derniers sont pourtant classés comme pouvant entraîner des effets néfastes à long terme pour l'environnement aquatique, s'accumulant dans l'organisme des poissons, crustacés, algues, et plantes", indiquent les associations.

En 2018, 2.000 hectares de forêts landaises auraient été traités avec cet herbicide total, "contaminant les abeilles et le miel de la région, devenu impropre à la consommation". Dans l'Aisne, "des parcelles de forêts classées Natura 2.000 ont été traitées avec ce produit par l'Office national des forêts (ONF) après l'entrée en application de la loi Labbé". Dans d'autres forêts, un autre produit "au nom évocateur de « Fusilade Forêt », commercialisé par Syngenta", est utilisé. Or, il présente des risques pour l'enfant pendant la grossesse, dénonce les associations. "Bien que la loi s'applique aux espaces forestiers publics, de nombreuses parcelles peuvent encore être traitées car elles sont considérées comme des espaces de la production agricole et non comme des « lieux de promenade ». Pourtant, le plus souvent, rien n'indique aux promeneurs qu'il s'agit d'une zone traitée…", regrettent les associations.

Parcs d'attraction, terrains de sport et monuments historiques

Ces produits sont également utilisés dans les espaces verts des sites tertiaires ou de production des entreprises, ainsi que sur les milliers d'hectares des réseaux ferrés et autoroutiers.

"Certains de ces espaces sont ouverts au public, c'est le cas notamment des terrains de sport, parcs d'attraction, parcs et jardins de monuments historiques et des golfs sur lesquels l'usage de fongicides SDHI alarme les scientifiques". Sur les 35 produits phytosanitaires autorisés dans ces zones, 16 sont à base de glyphosate, et deux autres herbicides sont classés "cancérogènes probables".

Réactions10 réactions à cet article

 

La généralisation progressive depuis une dizaine d'années de l'arrêt des traitements chimiques de désherbage sur les espaces publics des collectivités territoriales, suivie de l'interdiction totale depuis 2 ans, a été très bien accueillie des citoyens. Alors que les élus et employés communaux cultivaient initialement de fortes craintes et réticences, aucun n'a été inquiété pour avoir pris et appliqué ces salvatrices mesures d'hygiène publique. C'était pourtant le principal argument des pro-chimie à l'époque, en duo avec le sempiternel "on ne peut pas entretenir sans les phytos". Si force est de constater que certaines surfaces de trottoirs ont hélas été depuis bitumées, les habitants et l'environnement s'y retrouvent globalement. Le regard sur la "mauvaise herbe" a considérablement changé, les habitudes de gestion aussi. On a ainsi redécouvert les vertus du paillage au BRF, permettant du coup aux collectivités de trouver un débouché local bon marché aux rémanents des coupes d'entretien. Il suffisait juste d'accepter de changer de logiciel de gestion des espaces verts.
Il est donc d'autant plus légitime d'exiger de la SNCF, de l'ONF et des gestionnaires de parcs de loisirs (golfs compris) de cesser d'employer la chimie pour gérer leurs espaces.

Pégase | 20 mars 2019 à 09h59
 
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C'est une bonne chose, mais la plus grosse utilisatrice de pesticides c'est l'agriculture productiviste sous l'empire de la FNSEA, donc il faut interdire les pesticides.

BJ50320 | 20 mars 2019 à 10h03
 
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Il est plus que temps d'interdire l'usage et la fabrication de ces poisons qui en 50 ans ont durablement contaminé l'environnement et les nappes phréatiques. les dommages sur la biodiversité et la santé sont une réalité que nous commençons seulement à réaliser. le mal est fait , mais ce n'est pas une raison pour continuer. A ce rythme là on va tout détruire. Et il serait aussi urgent dès ce printemps de faire interdire les épandages de pesticides contre les moustiques, ce qui ne devrait pas tarder. On a plus de chance d'attraper une maladie de Parkinson avec les insecticides que le Chikungunya avec une piqûre de moustique , moustiques dont se nourrissent les chauves-souris et de nombreux oiseaux, batraciens , lézards, tous en grand danger de disparition!.!

la souris verte | 20 mars 2019 à 10h15
 
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La camarilla des ONG de protection de la nature se met en position pour une nouvelle campagne. Et, une fois encore, d'empiler pêle-mêle et de malaxer sans distinction d'aucune sorte les forêts cultivées ou non, les emprises SNCF, les voies de circulation, les parcs, jardins, terrains de sport, les poissons, les oiseaux, les hommes, les algues et...les plantes, avec les pesticides (quels que soient leurs catégories et leur degré de toxicité).

Avec une insistance toute particulière et très appuyée à propos du glyphosate, herbicide haï à tort et proclamé "contaminant (- mot fourre-tout -) les abeilles et le miel de la région, devenu impropre à la consommation"(!). Se fondant ici sur des traces de glyphosate trouvées dans les miels et surtout dans les miellats, mais à des taux infiniment infra-toxiques chez l'homme.
La profession de foi et la pétition ratissent large et suscitent l'anxiété générale sans raison valable: Je trouve cela petit.
De même qu'un agriculteur ne scie pas la branche sur laquelle il est assis en désherbant au glyphosate une parcelle en croissance ou en fleur (adieu récolte!), un forestier n'épand pas du glyphosate sur une forêt en croissance ou en cours de production (adieu récolte!). L'herbicide n'est généralement utilisé que pour l'entretien des voies d'accès à la forêt ou pour le traitement de la repousse après une coupe à blanc en vue d'une nouvelle plantation.

(...)

Euplectes | 20 mars 2019 à 11h48
 
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(...)

Encore et toujours, les ONG se trompent de cible mais il est plus aisé d'atteindre une vache dans le couloir qu'un grand sanglier en plein effort de fuite (pardon pour l'humour, sans malice aucune).

Pour illustrer mon propos, certaines substances utilisées comme fongicide en agriculture, inhibitrices de la succinate déshydrogénase ("SDHI") posent question et devraient faire l'objet de recherches plus approfondies quant à leur degré de toxicité, suspecté préoccupant par des spécialistes sérieux et désintéressés. Ce pourrait-être une bonne piste.

Cela dit, on brandit plus haut l'anathème, la malédiction, les slogans et les contre-vérités (à l'exception des dires de Pégase, bien que j'estime le dernier alinéa de son exposé ci-dessus, à mon sens trop global, tranchant et définitif).

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 20 mars 2019 à 12h13
 
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Je e permet une petite correction, connaissant un peu la situation. L'épandage de produit phytosanitaire à base de glyphosate correspond plutôt à 4.000 hectare de foret landaise.
Mais pour ce qui est du caractère "touristique" de ces forets, les propriétaire et notamment les gestionnaires vous dirons qu'il s'git de propriétés privées délimitées et que vous n'avez pas à vous y promener.
Cependant, nous sommes d'accord sur l'impact important qu'on ces produit sur l'environnement, et donc un effet indirect sur la population par l'alimentation (eau, légumes, poissons, viandes, etc.)

Euphorbiagirl | 21 mars 2019 à 07h18
 
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Les propos de la souris verte sur le chik sont particulièrement irresponsables et abjects. Il est ahurissant de lire ceci débité comme une évidence sur les "avantages" du chik sur le Parkinson.
J'aimerais connaître l'épidémiologue qui soutient cette thèse risible.
Sincères salutations.

Albatros | 21 mars 2019 à 11h18
 
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Toutes ces associations qui prétendent réclamer le "zéro-pesticides", comme le mouvement des coquelicots, sont des tartuffes de première grandeur. Car, en tout petit, de manière inaudible ou illisible, ils précisent dans un astérisque "pesticides de synthèse". Eh oui, ils ne disent rien des pesticides issus de la chimie minérale, comme le sulfate de cuivre (pourtant plus toxique que le pauvre glyphosate, et surtout absolument non biodégradable), ni contre les pesticides d'origine naturelle (pourtant on sait -renseignez vous Souris verte- que la roténone était le plus impliqué dans la maladie de Parkinson, avant son interdiction farouchement combattue par les lobbies bio)..

Jardinier30 | 21 mars 2019 à 14h55
 
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C'est vrai, cher Jardinier30, la roténone a été interdite car suspectée de favoriser l'apparition de la maladie de Parkinson. Et les insecticides organochlorés (parathion, malathion et dérivés, chlopyrifos, diazinon, dichlorvos etc. ont subi le même sort à encore plus juste titre et pour la même raison.

Les "bio" défendaient sincèrement (par conditionnement idéologique préalable) la roténone parce qu'à leurs yeux, une molécule synthétisée par une plante ne pouvait, vous pensez bien, provoquer une si redoutable maladie!

Dans un tel contexte, la réaction époustouflante de la "petite souris verte"qui préfère une épidémie de chikungunya à l'éradication du moustique responsable, au nom de la protection des lézards, n'a malheureusement pas de quoi surprendre.

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 21 mars 2019 à 16h30
 
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Pour la forêt landaise, l'information que vous donnez est inexacte.
L'estimation faite en 2018 est de 2000 ha en 10 ans (moyenne de 200 ha/an... sur 800 000 ha de pinèdes).

CapM | 22 mars 2019 à 17h04
 
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