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La RATP se tourne vers la smart city

La RATP veut développer son activité au-delà des transports en commun. Elle se fixe une double priorité : répondre aux nouveaux enjeux de mobilité et offrir des services aux smart cities.

Transport  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Ce vendredi 19 octobre, le groupe RATP a présenté sa nouvelle stratégie de marque. Le gestionnaire historique du réseau de transport en commun francilien veut s'appuyer sur son expertise pour développer des services dédiés à la ville intelligente. Solutions de billettique innovantes, ingénierie, gestion d'infrastructures et de surfaces commerciales sont autant de savoir-faire sur lesquels elle compte s'appuyer. L'entreprise entend "transformer durablement la ville et la vie de ses habitants".

Aujourd'hui, la RATP transporte 16 millions de personnes par jour dans 14 pays répartis sur quatre continents. Avec 12 millions de passagers par jour, l'Ile-de-France reste stratégique, mais la régie est une entreprise mondiale, insiste Catherine Guillouard, PDG du groupe. Le bus et le métro dominent l'offre, mais l'entreprise propose huit modes de transports : des tramways, des navettes fluviales, du transport par câble, ou encore du transport à la demande. Elle a aussi tissé des partenariats et investi dans des opérateurs de scooters électriques, de covoiturage, d'autopartage et de voitures autonomes. Surtout, le groupe se considère comme un "multi-expert, bâtisseur de la ville intelligente et durable" qui regroupe 213 métiers différents. La RATP est "très riche", résume sa PDG.

Répondre aux nouveaux enjeux de la mobilité

Comment exploiter au mieux cette richesse ? En se tournant vers deux marchés porteurs : la mobilité et les smart cities. La RATP veut "être un leader mondial de la mobilité urbaine durable et connectée et s'imposer comme le partenaire privilégié des villes intelligentes". Ce mouvement se concrétise dans sa nouvelle signature : "La ville a de l'avenir" (adapté de l'anglais Moving towards a better city) qui remplace "Demandez nous la ville". Le discours de l'entreprise sera centré sur la ville, plutôt que la seule mobilité, pour valoriser la contribution à la transformation des villes.

En matière de mobilité, la RATP explique que les besoins devraient quasiment doubler entre 2010 et 2050. En 2030, le marché de la mobilité partagée devrait atteindre 1.300 milliards de dollars en Europe, Chine et Etats-Unis. Un tiers des nouveaux véhicules devraient y être consacrés. La mobilité connaît aussi une "révolution copernicienne" avec l'importance prise par les enjeux de pollution et de congestion, la concurrence accrue (son marché historique en Ile-de-France sera progressivement ouvert à la concurrence d'ici 2025) et les nouvelles attentes des clients en matière de digitalisation des services, de véhicules partagés et de flexibilité des solutions de transport. Ces mutations se traduisent en particulier par l'arrivée de nouveaux concurrents. Les géants du web captent déjà 15% des réservations de mobilité via leurs agrégateurs de services. Pour répondre à ces défis, l'entreprise met en avant les innovations énergétiques (avec l'amélioration des performances des batteries), l'intelligence artificielle (avec l'autonomisation des véhicules et la maintenance prédictive), et la valorisation des données (via le big data et les enjeux de cyber sécurité).

Saisir l'opportunité du développement urbain

La RATP perçoit aussi le développement urbain comme une vraie opportunité à long terme : les 500 plus grandes villes mondiales devraient contribuer à plus de 75% de la croissance mondiale d'ici 2025. D'où son intérêt pour les smart cities. Le groupe vise un marché mondial qui devrait atteindre 2.200 milliards de dollars en 2025. Deux segments sont mis en avant : la réduction du temps de trajet quotidien qui devrait baisser de 15 à 20% dans les villes intelligentes et la part des marchés publics intégrant le Building Information Modeling (BIM) qui devrait être multiplié par 16 entre 2014 et 2018. Pour répondre à ces enjeux, l'entreprise compte développer les nouvelles mobilités, valoriser ses actifs urbains et "faire levier avec les actifs data". Un programme de transformation de l'entreprise sera dédié aux enjeux liés aux nouvelles technologies (transformation digitale, intelligence artificielle, internet des objets, BIM, ou encore 3D).

Concrètement l'entreprise va s'appuyer sur son expérience. Elle possède aujourd'hui 368 "points de contact métro et RER" (plus de 1 million de m2), plus de 12.500 points d'arrêt sur le réseau bus et 177 stations de tramway. Des locaux qu'elle valorise déjà en offrant des services. Elle est le premier centre commercial d'Ile-de-France. La première pharmacie de France en termes de chiffre d'affaires se trouve à la station RER de La Défense (Haut-de-Seine). Elle compte aller plus loin en renouvelant son appli pour y intégrer des service "click and collect" de restauration, de santé ou de conciergerie. Elle compte aussi développer la mobilité comme un service en déployant des solutions multimodales, à l'image de l'offre "mobility as a service" (MaaS) qu'elle déploie à Annemasse (Haute-Savoie).

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