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REPowerEU : les solutions de la Commission européenne pour se passer des énergies russes

Afin d'aider les États membres à s'affranchir de leur dépendance vis-à-vis de la Russie, la Commission européenne présente aujourd'hui son plan REPowerEU, axé en partie sur les économies d'énergie et le développement des renouvelables.

Energie  |    |  Nadia Gorbatko  |  Actu-Environnement.com
REPowerEU : les solutions de la Commission européenne pour se passer des énergies russes

C'est une mobilisation sans précédent en faveur de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables que propose, ce mercredi 18 juin, la Commission européenne, dans le cadre de son plan REPowerEU. Outre les mesures de stockage du gaz et de diversification de son approvisionnement, Bruxelles révèle, en effet, toute une série de nouvelles initiatives, censées assurer une réduction des consommations d'énergie de 13 % à l'horizon de 2030, au lieu des 9 % initialement prévus dans le paquet « Fit-for-55 ». Un objectif « atteignable », selon la Commission, pour peu que soient mobilisés tous les secteurs économiques (énergie, bâtiment ou transports), les régions, les villes et les citoyens eux-mêmes.

Efficacité dans tous les domaines

Télétravail, réduction de la vitesse sur les routes, covoiturage, amélioration des transports collectifs, baisse du chauffage… Également listés par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), les leviers ne manquent pas. Afin d'inciter les ménages et les industriels à changer de comportement, la Commission encourage les États membres à lancer des campagnes de communication spéciales. Elle recommande également des mesures fiscales, telles que des taux de TVA réduits sur les systèmes de chauffage économes en énergie ou sur l'isolation des bâtiments. Marie Toussaint, eurodéputé du groupe des Verts-Alliance libre européenne, salue ces mesures, même si le texte aurait pu, selon elle, pousser jusqu'à 20 %. « C'est bien sur l'efficacité énergétique qu'il faut investir en premier », prône-t-elle. Directeur du centre énergie de l'Institut Jacques-Delors, Thomas Pellerin-Carlin approuve : « Pour sortir de leur dépendance à la Russie, les Européens doivent activer les leviers qu'ils contrôlent vraiment (…). Le tout en six mois, avant l'arrivée de l'hiver. »

Deux fois plus de solaire

Cumulant une capacité de 1 236 gigawatts (GW) en 2030, contre 511 aujourd'hui, les énergies renouvelables devront, quant à elles, atteindre 45 % du total à cette date, au lieu des 40 % préalablement envisagés par le paquet « Fit-for-55 ». Dans ce domaine, la Commission préconise une stratégie en deux temps. Rapide à développer, le solaire serait d'abord favorisé. En instaurant progressivement l'obligation légale d'installer des panneaux solaires sur les nouveaux bâtiments, publics, commerciaux et résidentiels, notamment, sa capacité pourrait doubler d'ici à 2025, pour totaliser 600 GW en 2030. La multiplication par deux du nombre des pompes à chaleur est également visée, ainsi que l'intégration de la géothermie et du solaire thermique dans les systèmes de chauffage urbains et collectifs. « Le maître-mot, c'est l'urgence, constate Adina Revol, porte-parole de la représentation de la Commission européenne en France. L'interruption des livraisons gazières en Bulgarie ou en Pologne montre à quel point il faut agir vite. »

L'intérêt supérieur valorisé

 
Pour sortir de leur dépendance à la Russie, les Européens doivent activer les leviers qu'ils contrôlent vraiment (…), le tout en six mois  
Thomas Pellerin-Carlin, directeur du centre énergie de l'Institut Jacques-Delors
 
Plus longue à faire aboutir, la solution de l'éolien n'est pas pour autant mise de côté. Au contraire, la Commission envisage de publier une recommandation pour lutter contre la lenteur et la complexité des demandes d'autorisations. Le 13 juin, elle compte aussi réunir des experts et des représentants des États membres afin d'échanger sur les leviers à adopter, y compris celui de la participation citoyenne. L'institution prépare par ailleurs une modification ciblée de la directive sur les énergies renouvelables considérant ces dernières comme un « intérêt public supérieur ». Elle imagine également la mise en place par les États membres de zones de référence spéciales, dans les zones présentant des risques environnementaux moindres, assorties de procédures d'autorisation raccourcies et simplifiées. Côté hydrogène renouvelable, avec l'ambition d'en produire 10 millions de tonnes et d'en importer tout autant d'ici à 2030, REPowerEU insiste sur la nécessité de définir un cadre réglementaire et de normes pour cette molécule, ainsi que d'accélérer sur l'évaluation des projets PIIEC. Une centaine d'entre eux devraient être validés avant l'été. Quant au biométhane, il devrait voir sa production atteindre 35 milliards de mètre cubes d'ici à 2030, grâce à un plan d'action particulier, qui encouragera notamment la création d'une alliance industrielle dans ce secteur.

Une chaîne de valeur renforcée

Ces ambitions mettent en lumière l'ampleur du défi industriel à relever : fabrication d'électrolyseurs, de pompes à chaleur, de panneaux photovoltaïques, recherche sur la recyclabilité, amélioration des matériaux critiques… La Commission annonce donc le lancement d'une alliance européenne pour le solaire et encourage le développement de partenariats sur les chaînes de valeur, particulièrement dans le secteur des métaux et des résines. Elle soutiendra aussi les partenariats dans le domaine des compétences.

Enfin, dans le cadre de la diversification des approvisionnements en gaz ou en GNL et afin d'assurer un maillage suffisant du territoire, REPowerEU prévoit de soutenir l'adaptation des infrastructures d'acheminement ou de stockage du gaz, à hauteur de 10 milliards d'euros, au nord de l'Allemagne, en Europe centrale et orientale, notamment. Ce choix fait grincer des dents certaines ONG, comme ClientEarth, et le groupe des Verts au Parlement, qui craignent de gaspiller des investissements plus utiles ailleurs et d'enfermer l'Europe dans ce modèle gazier à dépasser. « La poursuite de l'expansion des combustibles fossiles n'est pas la solution, protestent les représentants de ClientEarth. L'introduction de plus de combustibles fossiles, y compris le gaz, ne contribuera pas à atténuer la crise énergétique assez rapidement pour empêcher les gens de souffrir au cours de l'hiver à venir. » La Commission, pour sa part, insiste sur le ciblage de ces investissements « limités » qui pourront par ailleurs servir ultérieurement pour l'hydrogène vert.

Des transformations structurelles profondes

Coût total de ces investissements : 210 milliards d'euros d'ici à 2027. Débattues lors de la réunion extraordinaire du Conseil européen, les 30 et 31 mai prochains, ces propositions devraient constituer le volet opérationnel des lignes directives présentées en mars dernier. Pour Adina Revol, porte-parole de la représentation de la Commission européenne en France, elles annoncent de véritables transformations structurelles pour 2027 à 2030. Elles devraient en effet rehausser les ambitions des plans climat des États membres, attendus en juin 2023. Elles pourraient également jouer un rôle dans les derniers ajustements du paquet « Fit-for-55 » consacré au combat climatique, prévus en juillet prochain, mais aussi dans les révisions en cours de la directive sur l'efficacité énergétique. À condition, selon Marie Toussaint, que le Conseil ne recule pas devant quelques mesures plus contraignantes, et sous réserve, selon Adina Revol, de faire jouer au maximum la solidarité entre les pays. « Aucun État ne peut relever le défi seul. L'évaluation et la planification des besoins, la définition des modalités à mettre en œuvre doivent se faire en commun pour rester réalisables et abordables », insiste-t-elle.

Réactions4 réactions à cet article

 

Eoliennes : il faut écouter le discours de VanDerLeyen. Elle propose explicitement de mettre en œuvre des réglementations permettant de contourner les contraintes actuelles, qu'elles soient environnementales ou citoyennes. C'est juste effarant : suggérer que la transition écologique pourra se faire en détruisant les paysages et en allant contre l'avis des gens concernés ! Une posture de bobo déconnectée du terrain. Et voir que derrière l'éolien, c'est juste la satisfaction d'un lobby financier, et des risques gravissimes sur la stabilité du réseau européen (comment gérer des sautes imprévisibles de production de plusieurs centaines de GW), sans répondre à la vraie question : que fera-t-on les semaines sans vent si réellement on veut sortir de la solution de back-up actuelle qui est le gaz. Parce que, qu'il soit russe ou américain, son bilan carbone est aussi catastrophique ! Et le stockage, qu'il soit sur batteries ou hydrogène (de la science fiction) serait à un coût inacceptable pour les vraies gens.

dmg | 19 mai 2022 à 09h34
 
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Et vous, que proposez-vous ? Il est bon de pouvoir exprimer son opinion, seulement il y a urgence à agir.
Le dernier rapport du GIEC nous le rappelle à très juste titre, l'analyse de RTE sortie fin 2021, qui n'a comme seule mission la sécurité d'approvisionnement en électricité du pays (et donc aucun intérêt à promouvoir une forme d'énergie au profit d'une autre), confirme la possibilité d'un mix énergétique basé fortement sur les énergies renouvelables. Il n'y a donc aucun frein technique à déployer massivement les EnR. Il serait donc déplorable de laisser le caractère esthétique subjectif prendre l'ascendant sur les solutions fiables et matures capables de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effets de serre. Quel est le mal de voir nos unités de production d'électricité ? Nous avons oublié d'où vient l'énergie : les gazoducs et oléoducs sont dans les pays voisins, pas toujours stables, de même pour les mines d'uranium... Enfin, la technologie de stockage de l'électricité d'origine renouvelable sous forme d'hydrogène par hydrolyse n'est PAS de la science fiction, de nombreuses grandes entreprises énergéticiennes y travaillent depuis des années, les dernières startup comme Lhyfe rentraient en bourse la semaine dernière.
Renseignons-nous et réveillons-nous, s'il vous plait.

cs | 23 mai 2022 à 14h32
 
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Il faut savoir si la priorité de la Commission Européenne est de lutter contre le réchauffement et le règlement climatique en préservant la biodiversité ou de se passer à tout prix des énergies russes ?

Quid | 24 mai 2022 à 16h24
 
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@Quid : bj, je suis un élu local dont une collègue est d'origine roumaine. J'en ai discuté avec elle. Sa réponse est claire : se passer de l'énergie russe. Et pourtant, comme moi, elle partage une vision écologiste (de partis différents, je ne sais pas si les règles de ce forum me permettent d'expliciter plus). Simplement, il faut tenir compte du fait que le tiers de la population de l'UE a connu le joug soviétique...et que ça marque pour longtemps.

Par ailleurs votre question est une figure rhétorique appelée «faux dilemme». Je vous invite à aller voir le 1er site renvoyé par un moteur de recherche lorsque l'on tape rhetorical fallacies.

Nicolas | 30 mai 2022 à 15h03
 
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