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Reconversion des friches polluées : l'Ademe fait le bilan d'une centaine de projets soutenus depuis 2010

L'accompagnement de l'Ademe dans la reconversion des friches polluées se révèle positif. Maîtrise de l'étalement urbain, création d'emplois et retombées fiscales pour les collectivités sont au rendez-vous.

Aménagement  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

L'Ademe mène depuis 2010 une politique de soutien à la reconversion des friches polluées pour créer des logements, des activités économiques et des équipements publics. Elle rend public ce 29 novembre le bilan des projets qu'elle a aidés financièrement entre 2010 et 2016.

Le panel d'opérations étudiées par l'Ademe est composé des 95 opérations lauréates de ses appels à projets et réellement engagées. L'établissement public a apporté 38,5 M€ d'aides pour 217 M€ de travaux de dépollution. "Les régions les plus représentées sont l'Ile-de-France (17 opérations), l'Auvergne-Rhône-Alpes (16) et les Hauts-De-France (15), en cohérence avec le passé industriel de ces dernières", explique-t-il. Quant au porteurs de projets, il peut s'agir aussi bien de promoteurs, que de sociétés d'économie mixte, de collectivités, d'établissements publics fonciers, d'aménageurs ou de bailleurs sociaux.

Les pratiques de dépollution en progrès

Ce bilan permet à l'Ademe de tirer un certain nombre d'enseignements sur l'évolution des opérations de dépollution. En premier lieu, les auteurs de l'étude soulignent l'amélioration des pratiques de dépollution. "Plus de la moitié des projets mettent en oeuvre de la dépollution sur site ou en place, de façon exclusive ou combinée, permettant de limiter les mouvements de terres et les impacts liés au transport", ont-ils constaté. Les modalités de gestion retenues dans les projets lauréats ont ainsi permis d'éviter l'envoi en décharge de plus de 300.000 tonnes de terres.

De plus, le coût de traitement médian se révèle bien inférieur pour les modes de traitement in situ ou sur site (100 €/m3) que pour les traitements hors site (220 €/m3). Mais, pour permettre ce traitement moins coûteux, les maîtres d'ouvrage se doivent de bien anticiper les opérations. "Une corrélation positive a été mise en évidence entre l'investissement dans les études préalables et la maîtrise des coûts des travaux de dépollution", révèle l'étude. La principale cause des écarts de coût constatés est liée à la variation des volumes de terres à traiter entre ce qui était escompté et la réalité des travaux. L'Ademe mise sur l'évolution de la méthodologie nationale sur les sites et sols pollués (SSP), qui prévoit la réalisation d'un plan de conception de travaux, incluant la réalisation d'essais de faisabilité, pour pallier à ce manque d'anticipation.

Le défaut de connaissance au moment de l'achat, mais aussi parfois les conditions de négociations, explique également que l'état dégradé du foncier ne soit pas toujours répercuté dans le prix de vente. Pourtant, "rapporté aux dépenses du projet, le poids relatif de la dépollution est en moyenne de 3,7 % et s'avère significatif en regard du niveau de participation des collectivités aux projets d'aménagement et du niveau de rentabilité des opérations de promotion", rapporte l'Ademe.

762 hectares d'étalement urbain évités

Si les auteurs de l'étude jugent l'impact de la reconversion sur les territoires difficile à quantifier du fait de l'état d'avancement des opérations et du faible taux de réponse des collectivités à leur enquête, ils mettent toutefois en avant plusieurs effets positifs. "Les emprises reconverties permettent d'éviter 762 hectares d'étalement urbain (soit la superficie de plus de 1000 terrains de football), ce qui représente, en termes de CO2 évité du fait de la non-artificialisation de sols agricoles, l'équivalent des émissions annuelles des habitants d'une ville comme Auxerre", expliquent les auteurs de l'étude.

L'Ademe chiffre par ailleurs à 800 le nombre d'emplois liés à la dépollution induits par ces opérations. Auxquels il faut ajouter 13.000 emplois dans le secteur de la construction, 60.000 dans les locaux d'activité prévus sur ces zones (dont une part résulte toutefois de transferts), et de 3.000 à 7.600 emplois préservés sur les terres agricoles non artificialisées du fait de la reconversion des friches. L'établissement public met également en avant les retombées fiscales pour les collectivités, qu'il chiffre à près de 40 M€/an liés aux logements et 120 M€/an aux entreprises.

En ce qui concerne les impacts environnementaux, le processus de reconversion permet d'éviter, sur tout le cycle de vie d'un projet de construction, de 50 à 75 % des impacts par rapport à un scénario d'étalement urbain, rapporte l'Ademe en s'appuyant sur la bibliographie scientifique.

Un bilan plutôt satisfaisant qui pousse cette dernière à lancer pour 2019 un nouvel appel à projets intégrant le retour d'expérience en terme de ciblage des aides, de modalités de sélection des projets et de suivi des opérations. Mais qui prend aussi en compte les nouvelles opportunités de reconversion des friches pour des usages alternatifs tels que la renaturation des villes, la création de continuités écologiques, la restauration de la biodiversité ou encore la production d'énergie renouvelable.

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