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Rénovation basse consommation : un marché français porté par les logements collectifs

Le marché des bâtiments rénovés basse consommation (BBC) décolle en France et concerne majoritairement les immeubles collectifs. Tour d'horizon des solutions techniques mises en oeuvre dans le résidentiel, recensées par l'Observatoire BBC Effinergie.

Bâtiment  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
Rénovation basse consommation : un marché français porté par les logements collectifs

C'est un marché de plus de 30 millions de logements que compte la France métropolitaine qui s'offre à la rénovation énergétique performante. L'Observatoire BBC Effinergie suit avec attention ces opérations de rénovation globale menées partout en France. Tout le parc immobilier devra être rénové en BBC en 2050. Fin décembre 2018, près de 4.500 logements individuels et 165.000 logements collectifs étaient en cours de certification BBC-Effinergie rénovation. Auxquels s'ajoutent environ 70.000 logements collectifs et plus de 1.000 maisons individuelles rénovés avec des ambitions équivalentes aux labels d'Effinergie, et financés dans le cadre de programmes régionaux.

Et la dynamique est bonne puisque le nombre annuel de logements collectifs rénovés en BBC a doublé sur la période 2017-2018 pour atteindre les 30.000 logements par an. "Il y a une progression du nombre de projets rénovés à basse consommation sur l'année 2017 et l'année 2018 par rapport aux années précédentes. Nous observons un nombre intéressant de logements collectifs de par la dynamique des bailleurs sociaux. Ils peuvent se permettre, en gérant leur propre patrimoine, d'engager des rénovations lourdes sur leur bâti. Par contre, concernant la maison individuelle, la dynamique n'est pas encore là", explique Yann Dervyn, directeur du Collectif Effinergie à Actu-Environnement.

Ce décalage peut s'expliquer par le fait que les porteurs de projets de rénovation ne demandent pas systématiquement à être labellisés. Ces rénovations complètes non certifiées ne sont pas comptabilisées au sein de l'Observatoire. "Il y a vraisemblablement plus de rénovations à un niveau BBC qu'annoncé mais nous ne disposons pas d'informations sur ces bâtiments", reconnaît M. Dervyn. A l'instar de l'offre proposée par le dispositif Dorémi, sur 25 territoires. Les labels ont en effet un coût et il faut passer par un organisme certificateur. Les tendances issues des statistiques de l'observatoire restent toutefois des indicateurs intéressants, notamment en termes de technologies mises en oeuvre.

Une division par 3 à 5 des consommations après rénovation

Le principe du label est une obligation de résultat énergétique et pas de moyens. Il cible un niveau de performance énergétique fixée à 80 kWhep/m²/an (kilowattheures d'énergie primaire par mètre carré et par an) tous usages, à moduler selon les zones climatiques et l'altitude. L'Observatoire constate une réduction en moyenne des consommations énergétiques réglementaires d'un facteur 3 à 4,8 suivant l'usage du bâtiment labellisé. Les déperditions totales après travaux sont réduites d'un facteur 3 pour l'ensemble des bâtiments étudiés. Pour atteindre ces performances, les projets analysés par l'Observatoire ont amélioré la qualité thermique de l'enveloppe (résistance et étanchéité à l'air), installé des systèmes de ventilation et proposé des équipements dimensionnés. Les matériaux utilisés dépendent de la localisation du bâtiment et de l'histoire de son territoire.

 
400 euros TTC/m2 C'est le coût moyen estimé d'une rénovation globale basse consommation.
 

Selon l'échantillon de logements étudiés par l'Observatoire dans sa dernière étude, les bâtiments collectifs sont principalement isolés par l'extérieur (ITE) (61% du panel). "Tout dépend du matériau de construction utilisé pour ne pas générer de pathologies, comme pour la maison individuelle. Ce taux augmente sur les bâtiments construits en briques ou en béton alors que ceux en pierre sont isolés par l'intérieur", explique Sébastien Lefeuvre, responsable de l'Observatoire chez Effinergie. Dans le cadre d'une ITE des façades, une isolation à base de plastique alvéolaire (polystyrène expansé, et tous autres types de polystyrènes, …) est prédominante dans le secteur résidentiel, devant la laine minérale et les écomatériaux (fibre de bois, ouate de cellulose, etc.). La laine minérale est aussi privilégiée dans le cadre d'une isolation par l'intérieur. Le choix des isolants dépend aussi du type de toiture. Les combles et rampants sont principalement isolés avec de la laine minérale alors que les toitures terrasses bénéficient d'une isolation réalisée avec du plastique alvéolaire.

Les écomatériaux, plus chers, sont peu utilisés

L'utilisation d'écomatériaux sur certains projets certifiés demeure «marginale», souligne l'Observatoire. Les matériaux "les moins chers sont plutôt des matériaux industriels qu'on utilise classiquement en isolation. Les écomatériaux vont se situer plutôt dans une gamme de prix plus élevés", indique Yann Dervyn. "L'usage des écomatériaux n'a lieu principalement que lorsqu' il y a un accompagnement de la région ou de l'Ademe pour faciliter leur mise en oeuvre", ajoute Sébastien Lefeuvre.

 
Nous observons un nombre intéressant de logements collectifs de par la dynamique des bailleurs sociaux.  
Yann Dervyn, Collectif Effinergie
 

En rénovation, la pose de panneaux photovoltaïques est aussi peu développée (9% des maisons et 4,5% des logements collectifs du panel étudiés). "Les subventions de la région permettent aussi de développer ces solutions". La ventilation simple flux hygroréglable est aussi plébiscitée dans le secteur résidentiel (plus de 70% des logements collectifs et des maisons étudiés). Elle est trois fois moins coûteuse en moyenne qu'une ventilation double flux plus performante néanmoins. Environ 80% des fenêtres des logements étudiés ont aussi été remplacées, principalement par des menuiseries en PVC et par du bois. Les travaux menés dans le résidentiel ont parfois nécessité des changements d'énergie de chauffage (16% des bâtiments collectifs) et (26% des maisons individuelles).

Les travaux sur l'enveloppe représentent 72% du coût total

Le coût d'une rénovation globale basse consommation est estimé à 400 euros TTC par m² en moyenne, d'après les retours d'expérience en maisons individuelles. Le coût de l'enveloppe représente en moyenne 72% du coût total de la rénovation énergétique, contre 28% pour les équipements et la pose.

Réactions1 réaction à cet article

 

Bonjour,

Sait-on quel est le gain moyen approximatif lors du choix d'une VMC double flux par rapport à une VMC simple flux hygroréglable ?

Merci.

Nicolas | 15 février 2019 à 00h14
 
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