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SIRENE : un système d'alerte en temps réel des pollutions aquatiques

Pour limiter les risques de pollution des eaux, un dispositif de surveillance des risques est testé par la Lyonnaise des Eaux de l'étang de Thau. Un système qui pourra également être installé dans certains cours d'eau en amont et en aval des villes.

Eau  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
La pollution de l'eau peut avoir plusieurs origines, naturelles ou consécutives à l'activité humaine. Ce sont toutefois les rejets domestiques, l'industrie, l'urbanisation ou encore l'agriculture qui sont le plus souvent à la source de la contamination des eaux.
Rappelons que la Directive cadre européenne du 22 décembre 2000 impose d'atteindre d'ici 2015 le bon état écologique des milieux aquatiques. La loi du 30 décembre 2006 sur l'eau et les milieux aquatiques impose aux collectivités territoriales et aux autres acteurs de l'eau de se doter des outils nécessaires à la reconquête de la qualité des eaux.

C'est dans ce contexte que la Lyonnaise des eaux développe depuis peu un nouveau système d'alerte et de mesure des milieux aquatiques. Mieux connaître l'origine d'une pollution peut en effet permettre de lutter contre celle-ci et de limiter à l'avenir une nouvelle contamination des eaux.
À l'aide de sondes et de capteurs, le système Sirène permet d'assurer une veille de la pollution des eaux. En suivant en continu les paramètres physico-chimiques de l'eau, Sirène permettra de mieux connaître l'origine des pollutions et leurs incidences sur le milieu aquatique. L'idée est de mieux appréhender les sources de pollution afin d'agir sur les origines des contaminations et de proposer des solutions adaptées pour les limiter.

L'étang de Thau, site pilote

Ce dispositif de protection du milieu aquatique est actuellement mis en œuvre dans l'étang de Thau, plus grande lagune du Languedoc Roussillon, désignée site Natura 2000 par l'arrêté du 7 mars 2006. L'étang de Thau est en effet essentiellement alimenté par les précipitations, le canal du midi et les eaux de ruissellement qui font varier continuellement sa salinité. De ces particularités géographiques et climatologiques est née une diversité biologique exceptionnelle. En plongée, il est par exemple possible d'y voir une faune et une flore marine très développée et rare en France métropolitaine : hippocampes, blennie paon, ascidies, ainsi que 80 sortes de vers et nudibranches...

Les épisodes de pluie qui entraînent des débordements de réseaux d'assainissement ou des lessivages des sols, ou encore les nombreux échanges avec la mer sont autant de sources de pollution impactant sur le biotope de l'étang. En janvier 2008, la collectivité Thau Agglomération a signé avec Lyonnaise des eaux un contrat de délégation de service public pour la période 2008-2018 afin de surveiller et de limiter les risques de pollutions de l'étang.
Six stations de mesure en continu, des stations Sirènes, seront positionnées à des endroits stratégiques aux abords de Sète. Autonomes en énergie et équipées de sondes de mesure, ces stations vont enregistrer en continu de nombreux paramètres : température, salinité, oxygène dissous et turbidité de l'eau. Ces sondes qui vont flotter au milieu de l'étang vont permettre de suivre l'impact des différentes activités humaines et d'enregistrer tout événement ponctuel. Elles déclencheront un signal d'alarme en cas de pollution. Un poste de supervision situé à Sète centralisera toutes les données. Cette surveillance va nous permettre de connaître quelle est l'incidence des différents événements (épisodes de pluie, échanges avec la mer…) sur les milieux, explique Eric Blin, responsable du Centre de compétence des milieux aquatiques, centre d'expertise national de Lyonnaise des eaux, basé au centre régional Languedoc. Cela nous permettra de créer un historique et une visualisation de la qualité de l'eau en permanence.
Pour compléter ce dispositif et pouvoir créer des corrélations entre les différents risques de pollution et la contamination de l'eau de l'étang, d'autres sondes seront disposées à différents endroits autour de l'étang. Les déversoirs d'orages vont ainsi être équipés de 21 sondes de conductivité qui vont permettre d'établir des correspondances entre les mesures des Sirènes et les événements qui ont lieu sur le réseau. Deux courantomètres vont être placés sur le canal principal afin de mesurer le débit des canaux et de comprendre les échanges entre mer et lagune en fonction de l'influence des vents, des courants, des pluies… Ces sondes vont mesurer la vitesse de l'eau et leur sens. Cela nous permettra de réaliser une modélisation des canaux et de l'hydrologie sétoise. A terme, cela devrait nous aider à identifier les lieux d'action et les solutions à mettre en œuvre.
Des appareils d'auscultation par vidéo-périscope devraient de leur côté ausculter les réseaux d'assainissement (154 km de canalisation de collecte) et une caméra devrait surveiller les zones les plus sensibles afin de prévenir les disfonctionnements et de faciliter une réponse rapide aux divers problèmes.
Enfin, 10 points de mesures d'analyses rapides (MER) ont été définis afin de surveiller la qualité des eaux de baignade et de permettre une réaction rapide en cas de pollution.

Ce dispositif global devrait nous mener vers un management environnemental des sociétés d'assainissement : être capable de connaître l'impact de notre action sur le milieu mais surtout être capable de corriger cet impact. Pour ce faire, nous avons besoin d'enregistrements continus, note Gilles Brocar, ingénieur au Syndicat mixte du Bassin de Thau. L'idée c'est de disposer d'un outil de management environnemental afin d'orienter les solutions à apporter, précise Jany Arnal, directeur du Centre régional Languedoc de Lyonnaise des eaux. L'étang de Thau est un site pilote dans le déploiement de ces technologies nouvelles qui devraient être rapidement développées sur d'autres sites.

Surveiller la qualité des cours d'eau

Thau est précurseur dans l'installation des Sirènes. D'autres installations devraient suivre notamment sur les cours d'eau pour connaître l'impact des collectivités sur la qualité des eaux, explique Eric Blin.
Lourdes, Grasse, Reims… devraient prochainement être équipées de ce dispositif. L'idée est de placer des sondes en amont et en aval des villes afin de mieux appréhender les différentes sources de pollution et les différents événements qui engendrent ces contaminations.
Ce système peut également être installé en amont et en aval d'une station d'épuration, de systèmes d'assainissement, de réseaux pluviaux ou encore d'activités industrielles et touristiques afin de mesurer les rejets et d'alerter en cas de pollution.

Réactions3 réactions à cet article

 
Les marchands d'eaux ne sont pas fous

Il faut bien comprendre que les études de ce type sont faites par des jeunes des écoles qui ne sont pas payés convenablement et que les résultats vont directement dans l'escarcelle des "marchands" en questions sous forme de subventions dans un 1er temps et d'appel d'offres arrangés dans un 2eme temps.

geroafn | 11 septembre 2008 à 10h59
 
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Re:Les marchands d'eaux ne sont pas fous

Relativité des énoncés dans le domaine de l'eau
Cet énoncé est en partie vrai ; mais, tout cela n'est pas aussi simple !
J'ai souvenir, dans les années 1960 que tout jeune débutant les stages
n'étaient pas rémunéré.
Puis, en début de carrière, sortant de l'Université, arrivé le Lundi
dans un Laboratoire, le Mardi ju'étais envoyé, en région parisienne,
suivre des chantiers sur un terrain totalement inconnu de l'Autoroute de l'Ouest.
Donc il est difficile de porter un jugement sur :
- la notion de subvention,
les appels d'offres arrangés.

DVE_eaux | 11 septembre 2008 à 16h36
 
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Re:Re:Les marchands d'eaux ne sont pas fous

Je comprends votre point de vue mais j'ai frequenté à partir de 1965 les appels d'offres de prés avec un esprit concurrentiels droit et honnête et j'ai vu des choses sur ce plan là qui me laissent douter de tout sur les monopoles de l'eau , qu'elle soit potable ou usée.Il y a tromperie sur toute la ligne

geraud | 12 septembre 2008 à 19h23
 
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