En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Effacement, économies d'énergies : de nouvelles mesures pour sécuriser le système électrique dès l'automne

MAJ le 15/06/2020

Afin d'anticiper la moindre disponibilité du parc nucléaire dans les mois à venir, la ministre de la Transition écologique a annoncé un panel de mesures pour assurer la sécurité électrique dès l'automne prochain.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
Effacement, économies d'énergies : de nouvelles mesures pour sécuriser le système électrique dès l'automne

Avec la crise liée à la Covid-19, le système électrique se trouve face à une «situation inédite», selon les mots de François Brottes, le président de RTE, le réseau de transport de l'électricité. EDF a annoncé une moindre disponibilité de son parc nucléaire pour la fin de l'année. Ses prévisions de production ont donc été revues à la baisse : 300 TWh pour 2020, contre 380 TWh en 2019. La raison ? Un certain nombre d'opérations de maintenance et d'arrêts de réacteurs ont dû être reportées avec le confinement et devront donc être réalisées dans les prochains mois.

Résultat : dès la fin octobre ou le début du mois de novembre, RTE sera vigilant quant à la sécurité électrique. Cette vigilance est, d'habitude, particulièrement élevée en janvier et février, mois les plus froids. Mais cette année, le déficit de production nucléaire devrait être de 6 GW en novembre et décembre, et de 3 GW en février 2021. Si le réseau français peut s'appuyer sur les interconnexions avec les pays voisins (10 GW estimés pour cette période), d'autres mesures seront nécessaires pour aborder plus sereinement la saison froide. La ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, a donc annoncé, jeudi 11 novembre, de nouvelles mesures d'efficacité énergétique et de maîtrise de l'énergie pour gagner quelques gigawatts de consommation. Elle doit également réunir les principales parties prenantes (fournisseurs, opérateurs d'effacement, élus, bailleurs sociaux…) pour leur demander de faire des propositions complémentaires dès juillet.

 
Un système électrique déjà tendu Avec la fermeture de plusieurs moyens de production et le retard pris dans certains chantiers (notamment l'EPR de Flamanville), RTE anticipait déjà des tensions sur le réseau électrique pour les années à venir. Il était particulièrement vigilant pour les années 2021 et 2022, années les plus critiques puisqu'elles coïncident avec la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et des centrales à charbon.
 

La ministre a assuré que cette situation ne remettait pas en question la politique énergétique de la France. Au contraire : « Dépendre d'une seule source d'électricité à 70 % n'est pas la meilleure façon d'être résilient », a-t-elle déclaré.

Économies d'énergie, effacement, offres tarifaires

Dès le 1er juillet, le ministère va inciter l'installation de dispositifs de pilotage et de régulation du chauffage chez les particuliers, avec un coup de pouce de 150 € via les certificats d'économies d'énergie (CEE). Soit « près de la moitié du coût d'installation ». L'objectif est d'installer 20 000 à 40 000 dispositifs chaque mois.

Le ministère prévoit également la mise en place, dès juillet, d'un bonus pour les contrats de performance énergétique (CPE) dans le tertiaire. « Le bonus sera d'autant plus élevé que les CPE fixeront des garanties d'économies d'énergie ambitieuses et sur une durée longue », précise le communiqué de presse.

Les capacités d'effacement de consommation vont également être sollicitées pour gagner 1 à 2 GW supplémentaires. Le ministère annonce un doublement du plafond de rémunération de ces capacités en 2021, qui était jusque-là fixé à 30 000 € par mégawatts dans les appels d'offres. L'objectif est de gagner 500 MW d'effacement, le plus tôt possible, a indiqué la ministre. Un bonus sera donc accordé aux opérateurs dont les capacités seront disponibles dès novembre.

Élisabeth Borne souhaite par ailleurs développer l'effacement tarifaire. « Les offres existantes sont sous-exploitées, il faut les relancer », souligne-t-elle. La ministre lancera des réflexions avec les fournisseurs d'énergie en vue de préparer un appel d'offres pour le mois de septembre.

De son côté, RTE va généraliser le dispositif d'information EcoWatt au niveau national. Expérimenté en Bretagne et en PACA depuis plusieurs années, ce dispositif alerte les ménages volontaires des périodes de tension sur le réseau pour qu'ils décalent leur consommation.

Réactions2 réactions à cet article

 

Propos totalement irresponsables de la ministre : un moyen à 70% n'est pas résilient, alors dégradons-le, et surtout ne mettons rien de sérieux en face ! L'arrêt de Fessenheim nous prive de 1800 MWe pilotables, sans aucune raison objective. Et voilà qu'on ose parler d'effacement alors que la France était structurellement exportatrice. Juste lamentable.

dmg | 12 juin 2020 à 22h11
 
Signaler un contenu inapproprié
 

On a voulu se débarrasser un peu vite des centrales à charbon alors que l'on savait depuis longtemps qu'il faudrait bien fermer des centrales nucléaires, bien plus dangereuses. On a dépensé beaucoup trop pour les énergies éoliennes et photovoltaïques qui sont intermittentes, et de durée de vie moindre. Et maintenant on manque de capacité de production, c'est malin ! Cordemais et ses 2 tranches de 600 MW, va bientôt fonctionner plus au blé qu'au charbon ! Le charbon a un PCI meilleur que celui du bois, et le traitement des fumées charbon est honnête. Le projet ecocombust a été retoqué à 80 %, et le supplément de traitement des fumées bois issues des croquettes de bois n'a même pas été envisagé. En 2017, il me semble qu'il y a eu 380 M€ de rénovation pour Cordemais, qui devait prolonger la centrale qu'à 2035. Pourquoi, ne revient -on pas sur cette fin du charbon à Cordemais en 2022, en la prolongeant tout en conservant les emplois jusqu'en 2035. Cela éviterait aussi les aléas de productions dûs les grognes sociales et les achats « forcés » d'électricité à l'étranger. Sinon, on peut reconsidérer le mauvais choix du projet d'écocombust et des dépenses depuis 2015 plus une partie de 275M€ du pacte qui a été signé, on arrive au prix d'une centrale gaz Neuve de 440 MW ( la formule 1 des énergies fossiles, émettant moitié moins de CO2 qu'une centrale à charbon, se démarre en quelques heures.).Idéale pour recharger les voitures electr. pendant la zone rouge. L' Effacement pfft !!

J Cl M 44 | 12 juin 2020 à 23h39
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager