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Respecter l'Accord de Paris impose un changement radical du rythme de décarbonation

L'objectif d'un réchauffement maximal de 2°C n'est pas encore hors d'atteinte, affirme l'Agence internationale de l'énergie. Mais un changement radical du rythme de décarbonation et d'efficacité énergétique s'impose.

Energie  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

La publication du World Energy Outlook (WEO) par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) offre chaque année un point de vue incontournable sur les perspectives énergétiques mondiales. L'occasion cette année de faire le point sur l'impact de l'Accord de Paris sur le climat, adopté le 12 décembre 2015 et entré en vigueur le 4 novembre dernier.

L'agence a en effet examiné tous les engagements des Etats formulés pour la COP 21 et les a intégrés dans son scénario dit "principal". Elle a examiné également des options de décarbonation plus strictes dans son "scénario 450" compatible avec une limitation du réchauffement à 2°C selon une probabilité de 50%.

Les engagements actuels des Etats conduisent en effet à un réchauffement de 2,7°C, loin de l'objectif des 2°C maximum affiché dans le texte de l'Accord de Paris. Les auteurs du rapport considèrent malgré tout cet objectif comme encore atteignable mais à condition que des politiques visant à accélérer l'utilisation de technologies à faibles émissions de carbone et l'efficacité énergétique soient mises en place dans tous les secteurs.

"Cela implique que les émissions de carbone atteignent un sommet dans les prochaines années et que l'économie mondiale devienne neutre en carbone à la fin du siècle", explique l'agence. Elle souligne du même coup l'importance du mécanisme d'examen quinquennal prévu par l'Accord de Paris pour permettre aux Etats d'accroître leur ambition.

"Réaffectation majeure des capitaux"

Le potentiel de réduction des émissions réside, précise le rapport, dans le secteur de la production électrique avec un développement accéléré des énergies renouvelables (EnR), de l'énergie nucléaire "là où cela est politiquement acceptable", et du captage et stockage de carbone (CSC). Mais aussi dans une plus grande efficacité énergétique, ainsi que dans un effort marqué, tant des Etats que des entreprises, en matière de R&D sur les énergies propres.

"Les défis à relever pour réaliser le scénario 450 sont immenses, nécessitant une réaffectation majeure des capitaux d'investissement destinés au secteur de l'énergie", souligne le WEO 2016. Dans ce scénario, la répartition des 40.000 milliards de dollars (Md$) d'investissements cumulés dans l'énergie doivent s'éloigner des énergies fossiles pour aller vers les EnR et vers d'autres investissements bas carbone dans le nucléaire et le CSC. Trente-cinq mille Md$ sont par ailleurs nécessaires pour améliorer l'efficacité énergétique.

En matière d'efficacité, l'agence mentionne en particulier le potentiel d'amélioration des performances des moteurs électriques utilisés dans divers appareils comme les ventilateurs, les compresseurs, les pompes, les véhicules ou encore les réfrigérateurs. Dans le scénario 450, le nombre de véhicules électriques devrait par ailleurs dépasser les 700 millions d'ici 2040 et réduire la demande de pétrole de 6 millions de barils par jour, indique le rapport.

Pour ce qui est des EnR, le scénario prévoit que près de 60% de l'électricité mondiale produite en 2040 proviendraient des renouvelables, dont la moitié de l'éolien et du photovoltaïque. Les EnR deviendraient la principale source de production vers 2030 en Europe et vers 2035 en Chine, en Inde et aux Etats-Unis. "Les énergies renouvelables vont faire des progrès très importants dans les prochaines décennies, mais leurs gains restent largement limités à la production d'électricité", analyse Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE.

"Le prochain challenge pour l'histoire des renouvelables est d'étendre leur utilisation dans les secteurs industriels, du bâtiment et des transports, où il existe un énorme potentiel de croissance", ajoute M. Birol.

"Utiliser toutes les options technologiques, sociétales et réglementaires connues"

L'agence a également étudié les changements nécessaires pour conserver une chance raisonnable de rester dans l'objectif de 1,5 °C. Elle qualifie alors ces changements de "brutaux".

Ils impliqueraient des "réductions radicales à court terme des émissions de CO2 du secteur énergétique, en utilisant toutes les options de décarbonation technologique, sociétale et réglementaire connues".

Réactions2 réactions à cet article

 

En novembre 2006, L'Agence Internationale de l’Énergie, AIE, dont le Directeur exécutif était le français Claude Mandil, très éminent membre du "Corps des Mines" et qui avait été Directeur à l’Énergie au Ministère de l'Industrie dans les années 90 « prône la relance du nucléaire pour éviter une catastrophe climatique » (titre le journal Le Monde du 09/11/06). Rien n'a changé. Tchernobyl, Fukushima, prochain Nogent ?

Ano | 17 novembre 2016 à 03h22
 
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Merci pour votre article dont le titre m'a fait penser à un autre chiffre très évocateur : celui de réduire de 6%/an l'intensité CO₂ du PIB si l'on souhaite maintenir sa croissance de 3%/an tout en respectant l'Accord de Paris.
Voir l'article de Patrick Criqui dont il est issue qui date du printemps : "La bonne équation pour réduire massivement les émissions de CO₂"
https://theconversation.com/la-bonne-equation-pour-reduire-massivement-les-emissions-de-co-57240
Extrait : "6 % par an, un tel taux n’a jamais été atteint par le passé. Dans la décennie 1990, la décarbonation du PIB a atteint 3 % par an en Allemagne au moment de la réunification, ainsi qu’au Royaume-Uni dans le contexte de la « ruée sur le gaz ». Plus récemment, les progrès du gaz (de schiste) aux États-Unis ont permis d’atteindre des taux équivalents sur les dix dernières années. La France détient probablement un record dans ce domaine avec, dans la décennie 1980 et lors du déploiement rapide du parc électronucléaire, un taux de près de 5 % par an. Mais on le voit, toutes ces occurrences ont été localisées et exceptionnelles. La décarbonation globale et durable à plus de 6 % par an constituerait-elle donc une « mission impossible » ?"

LoicP | 21 novembre 2016 à 22h46
 
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