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Actu-Environnement

L'Académie de médecine alerte sur les nuisances visuelles des éoliennes

Risques  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

Si l'éolien terrestre "ne semble pas induire directement des pathologies organiques, il affecte au travers de ses nuisances sonores et surtout visuelles la qualité de vie d'une partie des riverains", estime l'Académie nationale de médecine. Son rapport, rendu public le 15 mai, intervient après celui, publié fin mars, par l'Agence nationale de sécurité sanitaire et environnementale (Anses) sur leurs impacts sonores.

Infrasons "hors de cause"

L'Anses n'a pas identifié de lien entre les infrasons émis par les éoliennes et le mal-être de certains riverains, en l'état actuel des connaissances. Un avis partagé par l'Académie nationale de médecine :"Le rôle des infrasons, souvent incriminé, peut être raisonnablement mis hors de cause à la lumière des données physiques, expérimentales, et physiologiques, sauf peut-être dans la survenue de certaines manifestations vestibulaires, toutefois très mineures en fréquence par rapport aux autres symptômes".

En revanche, l'Académie juge que le caractère "intermittent et aléatoire" du bruit généré par les éoliennes d'anciennes générations "peut indubitablement perturber l'état psychologique de ceux qui y sont exposés". Ce sont notamment les modulations d'amplitudes causées par le passage des pales devant le mât qui "sont dénoncées comme particulièrement dérangeantes" par une partie des riverains (de 4 à 20% d'entre eux), explique l'Académie. "En tout état de cause, les nuisances sonores semblent relativement modérées aux distances « règlementaires », et concerner surtout les éoliennes d'anciennes générations", conclut-elle.

Nuisances réelles visuelles

Les nuisances sanitaires semblent toutefois "avant tout d'ordre visuel", alerte l'Académie : "La défiguration du paysage constitue, par son retentissement psychologique et la dévalorisation immobilière qu'elle entraîne, une nuisance réelle" pour les riverains plaignants.

"La « pollution visuelle» de l'environnement qu'occasionnent les fermes éoliennes avec pour corollaire la dépréciation immobilière des habitations proches génère des sentiments de contrariété, d'irritation, de stress, de révolte avec toutes les conséquences psycho-somatiques qui en résultent", ajoute-t-elle. Et de déplorer que cette nuisance visuelle "ne semble pas ou très peu être prise en considération par les décisionnaires politiques ou les promoteurs et industriels concernés".

L'Académie recommande notamment de déterminer "la distance minimale d'implantation à la première habitation en fonction de la hauteur des nouvelles éoliennes afin de ne pas majorer leur impact visuel et ses conséquences psychiques et somatiques". A l'instar de l'Anses, elle appelle aussi à "systématiser" les contrôles de conformité acoustique.

Réactions4 réactions à cet article

 

Et les pylônes des lignes THT elle en pense quoi l'académie de médecine ?

BJ50320 | 18 mai 2017 à 09h36
 
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Une mesure élémentaire : écarter les éoliennes de 10 fois leur hauteur, des zones sensibles :habitat ou sites naturels ou culturels .
C'est ce qu' a mis en vigueur la Bavière .
Bien entendu une telle distance déplait aux promoteurs qui ne s'embarrassent pas de telles sensibilités .

sirius | 18 mai 2017 à 09h45
 
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L'éolien nous est indispensable pour réduire à tout prix la part du nucléaire dans notre approvisionnement énergétique.
Alors qu'un effort important a été réalisé sur le design de ces équipements, fournisseurs d'une énergie renouvelable, on ne parle jamais:
- des nuisances visuelles des champs de pylônes haute et moyenne tension traversant nos campagnes, voire nos villes,
- des nuisances sanitaires des champs électromagnétiques générés par la circulation de l'électricité (pouvant impacter la santé lorsque des habitations sont à proximité),
- des nuisances visuelles des émetteurs alimentant nos téléphones portables,
- des nuisances sanitaires de ces mêmes émetteurs lorsqu'ils sont situés à proximité des habitations, ou sur des toits d'immeubles (il a été démontré, depuis longtemps, qu'il y avait plus de personnes malades parmi les populations habitant à proximité de ces antennes que parmi celles qui en étaient éloignées)

Ces dernières nuisances sont très certainement plus nocives que les nuisances visuelles des éoliennes.
Même si on peut essayer de limiter celles-ci, hiérarchisons avec intelligence et honnêteté toutes les nuisances de ces mâts, pylônes, etc...
Rien ne peut être introduit dans la nature, sans qu'il y ait un impact minimal.

Mais, au fait, et si on appliquait la sobriété énergétique préconisée par l'association négaWatt, soit en réduisant nos consommations énergétiques ... ne réduirions-nous pas le nombre de mâts, pylônes ?
Responsabilisons-nous.

Laure | 18 mai 2017 à 11h05
 
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il faut aussi et surtout monter les projets d'énergie renouvelable de manière concertée avec le territoire impacté :
- en informant très en amont et correctement : ce strict minimum n'est malheureusement pas respecté aujourd'hui.
- mais surtout en co-construisant le projet très en amont avec les différentes communes (élus), de manière intelligente : quels sont les besoins ? les objectifs ? par conséquent, quel projet ? (éloien, ou autre ?), etc
- et avec les habitants motivés.

peretteCbl | 22 mai 2017 à 13h33
 
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