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Accidents du travail et maladies professionnelles repartent à la hausse

Les statistiques de l'Assurance maladie pour 2018 révèlent une hausse des accidents du travail, en particulier dans les secteurs de l'intérim et de l'aide à la personne. Mais les maladies augmentent aussi, notamment les troubles musculo-squelettiques.

Risques  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

Les chiffres dévoilés ce 3 décembre par la Caisse nationale de l'Assurance maladie (Cnam) ne sont pas bons. Ils révèlent une hausse, tant des accidents du travail que des maladies professionnelles, sur l'année 2018. Pour les premiers, la hausse est de 2,9 % par rapport à l'année précédente, avec un total de 651 103 accidents reconnus, dont 551 accidents mortels.

Manutention et chutes, principales causes des accidents

« Tous les secteurs participent à l'augmentation du nombre d'accidents du travail », rapporte l'Assurance maladie-Risques professionnels. Les secteurs qui connaissent les hausses les plus fortes sont l'intérim et l'aide à la personne (+5 %) ainsi que l'industrie du bois (+4,5 %). Le transport et le commerce alimentaire accusent une hausse de 2,4 %, la métallurgie de 2,2 % et le BTP de 1,9 %. La hausse dans les secteurs de la chimie et des activités de bureau est inférieure à 1 %.

Les secteurs qui connaissent le plus grand nombre d'accidents en chiffres absolus sont les activités de service, l'alimentation et le BTP. Les principales causes des accidents sont les manutentions manuelles (50 %) et les chutes (28 %), qu'elles soient de hauteur ou de plain-pied.

Pour expliquer cette hausse, la Cnam met en avant la reprise économique, comme elle l'avait fait l'année dernière pour le secteur de l'intérim. Elle rappelle aussi que, malgré cette progression, « la fréquence des accidents du travail reste stabilisée à un niveau historiquement bas ». L'indice de fréquence est en effet de 34,5 accidents du travail pour 1 000 salariés en 2018, contre 43 en 2002. Un indice de fréquence qui connaît toutefois de fortes variations selon les régions. « Ainsi, l'Île-de-France présente un indice de fréquence plus bas qui s'explique principalement par la forte proportion d'activités tertiaires », analyse la branche AT/MP de la Cnam.

 
Tous les secteurs participent à l'augmentation du nombre d'accidents du travail.  
Assurance maladie - Risques professionnels
 
Pour les accidents de trajet, les chiffres sont particulièrement mauvais (+6,9 %), l'Assurance maladie-Risques professionnels l'explique par les conditions météorologiques, en particulier les fortes chutes de neige de février et mars 2018. La hausse est toutefois régulière depuis 2015 et une hausse de +4,3 % avait déjà été enregistrée l'année dernière.

Les maladies repartent à la hausse

Nouveauté, les statistiques relatives aux maladies professionnelles sont également mauvaises après trois années de baisse. La hausse est de 2,1 % et le nombre de maladies reconnues s'élève à 49 538. Cette hausse est principalement due à l'augmentation des troubles musculo-squelettiques (TMS) (+2,7 %) qui constituent la pathologie la plus fréquente (88 % des maladies professionnelles). La Cnam délivre quelques chiffres qui montrent toute l'importance de la prévention en la matière : 46 % des TMS entraînent des séquelles, leur coût direct pour les entreprises s'élève à 2 milliards d'euros, qu'elles supportent à travers leurs cotisations. Il faut noter également la très forte hausse (+23 %) des affections psychiques liées au travail (990 cas reconnus en 2018).

 

 

Le nombre de cas de cancers professionnels reconnus en 2018 est quasi stable (1 797 cas). Mais, dans un rapport spécifiquement dédié à cette pathologie, l'Assurance maladie avait montré, en avril dernier, que leur nombre avait été multiplié par quatre en vingt ans. Les statistiques pour 2018 révèlent par ailleurs une baisse de 8,3 % des pathologies liées à l'amiante « essentiellement due aux plaques pleurales ». Les cancers liés à la fibre restent toutefois largement majoritaires parmi les cancers professionnels (79 %).

L'AT/MP indique continuer à agir sur les risques les plus nombreux (TMS, risques chimiques, chutes dans le BTP) à travers des programmes dédiés. Mais elle porte aussi son action sur des risques en augmentation, en particulier les risques psycho-sociaux sur lesquels elle travaille avec l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Ainsi que sur des secteurs en croissance, comme celui de l'aide et des soins à la personne, pour lequel elle indique se mobiliser avec les organisations professionnelles concernées.

Réactions1 réaction à cet article

 

La hausse des cas d'affections psychologiques ne serait-elle pas en partie due au fait que les médecins, à la lumière crue des révélations du procès de la souffrance au travail chez France Télécom, diagnostiquent désormais mieux ce type de pathologie, un tabou étant levé ?

Pégase | 05 décembre 2019 à 08h56
 
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