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Accidents du travail et maladies professionnelles : les chiffres pour 2011

L'indice de fréquence des accidents du travail repart légèrement à la hausse. Les maladies professionnelles sont en forte croissance, l'amiante restant une cause préoccupante.

Risques  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

L'Assurance maladie – Risques professionnels vient de publier son rapport de gestion pour l'année 2011 qui contient les statistiques en matière d'accidents du travail et de maladies professionnelles pour l'année écoulée. Si les maladies professionnelles liées à l'amiante connaissent une relative décroissance, elle reste toutefois à l'origine de 85% des cancers professionnels.

Le risque accident du travail repart à la hausse

"En 2011, la baisse de sinistralité observée au cours des dernières années s'interrompt", constate le rapport. Le nombre d'accidents du travail (AT) augmente de 1,7%, légèrement plus que l'activité salariée (+1,1%). L'indice de fréquence augmente donc légèrement à 36,2 accidents du travail pour 1.000 salariés. Il reste malgré tout, "pour la troisième année consécutive, proche de son niveau le plus faible atteint en 2009", relativise la Cnamts.

552 décès consécutifs à un accident du travail ont été enregistrés en 2011. C'est 23 de plus qu'en 2010. Cette augmentation est due en particulier à la hausse des décès liés à un accident routier (112 contre 101 en 2010), à une chute de hauteur (79 contre 58 en 2010) et à une masse en mouvement (29 contre 14 en 2010). Les décès dus aux "vapeurs, gaz, poussières, combustibles, rayonnements ionisants ou non" s'élèvent à neuf.

L'évolution des accidents du travail est très variable d'un secteur à l'autre. L'augmentation d'environ 8% dans le secteur des services (intérim en particulier) et de 2,1 % dans le secteur de l'alimentation sont contrebalancées par la stagnation ou la diminution dans les autres secteurs.

Les accidents de trajet en hausse constante depuis cinq ans

Le nombre d'accidents de trajet connaît, quant à lui, "une hausse significative et ininterrompue sur les cinq dernières années". La progression est toutefois plus faible cette année avec +1,6% par rapport à 2010. Le nombre de décès liés à des accidents de trajet est en hausse importante (+9,5%).

Le nombre des accidents routiers, qu'il s'agisse d'accidents de travail ou de trajet, mortels ou non, reste quasiment constant, aux alentours de 78.000, depuis 2007. "Mais ils sont à l'origine de 49% des 945 décès enregistrés en 2011 au titre des risques travail et trajet, alors qu'ils ne représentaient que 45% des 888 décès de 2010 sur le même périmètre", relève le rapport.

Les maladies professionnelles en forte hausse

Le nombre de maladies professionnelles (MP) prises en charge augmente de 8,6% en 2011. Les MP sont à l'origine de 570 décès (+6,9%), soit le nombre maximal enregistré au cours de cinq dernières années "en relation pour près de 90% d'entre eux, comme l'année précédente... à des expositions à l'amiante".

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent 85% des maladies professionnelles, leur nombre augmentant de près de 10% par rapport à 2010. Et 90% des cas de TMS relèvent du tableau n° 57 "Affections périarticulaires".

Les maladies d'origine professionnelle liées à l'amiante connaissent une relative décroissance, avec toutefois de nombreuses disparités : les plaques pleurales et asbestoses décroissent depuis 2006, les tumeurs malignes et mésothéliomes sont stables depuis 2007, tandis que les cancers broncho-pulmonaires augmentent d'environ 150 cas par an depuis 2004 et ont franchi en 2011 le millier de nouveaux cas.

85% des cancers restent liés à l'amiante

Si l'on se penche sur les seuls cancers professionnels, leur nombre avoisine 1.800, 85% d'entre eux étant liés à l'amiante. L'année 2011 enregistre une augmentation de 4,1%, aussi bien pour les cancers de l'amiante que pour les cancers hors-amiante.

Les cancers de l'amiante se répartissent sur la période 2007-2011 à 64% dans le tableau n° 30 bis "Cancers broncho-pulmonaires provoqués par l'inhalation de poussières d'amiante" et à 36% dans le tableau n° 30 "Affections professionnelles consécutives à l'inhalation de poussières d'amiante" (dont deux tiers de mésothéliomes malins primitifs de la plèvre).

Hors amiante, les tableaux les plus représentés dans les cancers professionnels sont le tableau n° 47 liés aux poussières de bois, le tableau n° 16 bis lié aux goudrons et huiles de houille, le tableau n° 4 lié au benzène. Le nombre de cancers de la vessie (tableaux n° 15 ter et 16 bis) connait une augmentation marquée sur la même période. Elle fait suite à une expérimentation sur le repérage de ces pathologies lancée depuis 2010 dans les régions Normandie, Nord-Pas-de-Calais et Picardie, et étendue à d'autres régions en 2010, précise l'Assurance maladie.

Réactions3 réactions à cet article

 

85% d'entre eux étant liés à l'amiante. Evidemment il est très difficile de voir reconnus les autres!

gononlau | 01 octobre 2012 à 17h39
 
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L'assurance maladie est selon nous coupable de "négationnisme", cette expression n'étant malheureusement pas réservée au peuple juif, arménien, cambodgien, etc...
Dans le cas présent, il s'agit du génocide des salariés exposés notamment aux produits chimiques dans les entreprises.
A quand le jour où les grands médias nous seront accessibles, que l'on fasse la lumière sur ce scandale sociétal, parfaitement ignoré de la grande majorité des Français.
Prétendre pernicieusement que les maladies professionnelles sont à l'origine de 570 décès ou que 85% des cancers restent liés à l'amiante relève effectivement du négationnisme et contribue à l'hécatombe des salariés atteints par les produits chimiques sur les lieux de travail.
La quasi-totalité de ces salariés ne fait pas, par ignorance, de déclaration de maladie professionnelle, n'ayant pas conscience d'être exposés à des produits cancérigènes. Sur les moins de 10% qui font rédiger une telle déclaration, l'assurance maladie en reconnaîtra moins de 10% (chiffres officiels).
Dans les faits, pour être plus précis en réalité, le nombre de MP reconnues par cet organisme correspond à un pour cent des maladies engendrées par les conditions de travail.
Si effectivement les TMS sont plus facilement admis, c'est parce que les taux d'IPP accordés pour ces pathologies sont généralement inférieurs à 10%. Leur coût restant alors à la charge de la SS, celle-ci s'ingéniant à ne pas engager financièrement les employeurs, à notre insu.

APMP | 01 octobre 2012 à 18h20
 
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C'est vrai que ce chiffre de 85% de cancers liés à l'amiante, c'est du grand n'importe quoi. OK l'état a nié la gravité très importante de l'ambiante pendant environ 100 ans et ça fait beaucoup de malades, mais il y a eu de nombreuses expositions chroniques ou aiguës à d'autres produits. Ne serait-ce que les "bons vieux solvants" (maintenant interdits car CMR nivaeu 1 ou 2 pour la plupart) on touché une importante population de travailleurs dans les industries ; de moins en moins, certes, mais ces gens sont toujours vivants. En plus de vos chiffres sur les refus de considération APMP, je penses qu'il est important de préciser que l'amiante a du faire un tel "coup d'éclat médiatique" qui a duré un certain temps que les travailleurs exposés ont dû aller demander des choses en plus grand nombre (sans compter la gouvernance politique qui a d'un coup retourné sa veste et a donc du fortement appuyer sur l'indemnisation de l'amiante)...

Lionel | 03 octobre 2012 à 12h01
 
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