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Les acteurs de l'eau signent leur contrat de filière

La filière française de l'eau signe son contrat avec l'Etat. Elle mise sur l'export et le développement de technologies biologiques pour se relancer. L'accompagnement des TPE-PME et la promotion de l'alternance pour recruter sont aussi au menu.

Eau  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Les acteurs de l'eau signent leur contrat de filière

Dans le cadre des travaux du Conseil National de l'industrie (CNI), la filière française de l'eau a signé son contrat de filière avec l'Etat jeudi 31 janvier. Réunis à l'occasion du Carrefour des gestions locales de l'eau (CGLE) à Rennes, les acteurs de l'eau misent sur ce contrat pour "stimuler le secteur", explique Antoine Frérot, président du Comité stratégique de la filière et président de Veolia. Le secteur compte aujourd'hui 1.500 entreprises sur le petit cycle de l'eau (eau potable et assainissement) pour un chiffre d'affaires annuel de 13 milliards d'euros en France, en baisse de 10 % au cours des dernières années. "Le contrat vise à renforcer la compétitivité, développer les TPE-PME, la recherche au sein du pôle de compétitivité. Il faut trouver des relais d'activité hors de France. L'export est un enjeu essentiel", estime Antoine Frérot. A l'international, le chiffre d'affaires réalisé par les entreprises de l'eau est proche de 8,4 milliards d'euros, ce qui représente environ 60 % de l'activité "eau" des groupes leaders du secteur comme Veolia, Suez, et Saur.

 
Le contrat vise à renforcer la compétitivité, développer les TPE-PME, la recherche au sein du pôle de compétitivité. Il faut trouver des relais d'activité hors de France. L'export est un enjeu essentiel  
Antoine Frérot, président du Comité stratégique de la filière et président de Veolia
 

Ce 11e contrat de filière signé par le gouvernement a pour objectif "de réindustrialiser le pays", explique Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat à l'économie, signataire du contrat. "Surtout que 70 % des sites industriels sont dans les territoires. C'est un enjeu majeur pour eux", rappelle la ministre. Le contrat de la filière eau s'organise autour de cinq projets structurants dédiés à la gestion des données, au développement de nouvelles technologies et à la formation professionnelle.

Gérer le développement du numérique et le big data

"C'est une démarche constructive qui montre que tous les acteurs de l'eau peuvent porter un message unique", estime David Colon, président de la filière française de l'eau. Le contrat vise en effet en premier lieu à améliorer la visibilité et la coordination des acteurs du secteur. Ce premier objectif se concrétisera par la création d'une plate-forme des références technologiques disponibles en matière de traitement de l'eau, du transport de l'eau, des infrastructures et de l'offre digitale.

Interview d'Antoine Momot, président de la Filière française de l'eauDavid Ascher
 

Un deuxième projet structurant vise à relever le défi de la numérisation du secteur. "Pour notre filière, l'avenir sera meilleur. Grâce au numérique, des blocages technologiques sont levés et des solutions prennent forme. Par exemple, grâce au SIG, à l'intelligence artificielle, les problèmes de fuite trouvent une solution, estime Christian Laplaud, président du comité éco-industries de l'eau. Mais il va falloir massifier les données patrimoniales et d'exploitation pour développer de nouveaux modèles prédictifs des défaillances des réseaux et des équipements d'usines". Trois appels à projets seront lancés dans ce but pour constituer une base de données, développer les algorithmes et authentifier les données. Les fonds du Plan d'investissement d'avenir seront mobilisés pour financer les projets retenus.

Miser sur les technologies du vivant

Le secteur de l'eau doit faire face à de nouveaux polluants ce qui nécessite le développement de méthodes innovantes de détection et de traitement. Les scientifiques et industriels misent désormais sur la bio-surveillance pour définir l'altération de l'environnement (bio-essais) ou proposer des traitements (algues). Pour donner de la visibilité à ces technologies, la filière va créer un cluster national de la bio-analyse de l'eau en regroupant start-up et TPE déjà en pointe sur ces questions. L'Etat s'engage pour sa part à mettre en place une démarche de certification des différents bio-essais disponibles et à informer les services et organismes publics intervenants dans la surveillance des milieux sur la pertinence de l'usage de ces technologies.

Une réflexion sera aussi nécessaire sur le plan réglementaire concernant la compatibilité de ces nouvelles approches avec les autorisations de rejets accordés aux sites industriels.

Accélérer la croissance des entreprises

L'un des cinq projets structurants du contrat de filière vise à mettre en place un accélérateur des PME du secteur de l'eau. L'idée est de les faire grossir en les internationalisant et en leur proposant des mutations technologiques. BPI France sera à la manœuvre. Cela passe par la formation des dirigeants. Les PME éligibles seront sélectionnées au 1er semestre 2019. La première promotion de dirigeants sera lancée au second semestre.

Un dernier volet concerne la formation aux métiers de l'eau. Le secteur génère 120.000 emplois directs. Les bureaux d'études, les entreprises de service, les entreprises publiques, les équipementiers recrutent. Et certains métiers sont sous tension : programmateurs d'automates, électromécaniciens, ordonnanceurs… Sans oublier les métiers de l'ingénierie avec la gestion du big data. Pour répondre à ces enjeux, le contrat de filière prévoit le lancement d'une étude PIC (pour Plan d'investissement des compétences) pour mieux cerner les besoins. Les acteurs de l'eau s'engagent par ailleurs à booster l'alternance en ouvrant 20 classes par an dans les écoles et les campus de la filière. Avec, à la clef, la garantie d'un emploi en CDI.

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