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Actu-Environnement

Les Français plébiscitent les SUV très émetteurs de CO2

En 2018, les ventes des SUV (Sport Utility Vehicle) et autres voitures tout terrain ont continué à progresser en France. Ces véhicules ont peu à peu envahi le marché, en profitant du recul du diesel mais sont très émetteurs de CO2, alerte l'Ademe.

Transport  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a publié, le 7 juin, les chiffres du marché 2018 des véhicules particuliers neufs vendus en France. Selon sa dernière étude du "Car labelling", les Français ont continué en 2018 à plébisciter les SUV (Sport Utility Vehicle) et autres véhicules tout terrain qui sont plus lourds et plus consommateurs de carburant que les berlines. Ces véhicules émettent donc davantage de dioxyde de carbone (CO2). L'an dernier, ils ont représenté plus d'un tiers des ventes dans l'Hexagone. Soit 36,2 % en 2018 contre 32,3 % en 2017.

Les SUV engendrent une hausse des émissions

La mode des SUV est pointée du doigt par l'Ademe car depuis 2017, les émissions moyennes de CO2 dans le secteur des transports remontent en France mais aussi en Europe. La moyenne des émissions de CO2 des véhicules neufs vendus en France est située à 112 g de CO2/km en 2018, soit une hausse de 1 g en un an. La hausse des ventes de véhicules essence, plus émetteurs de CO2 que les véhicules diesel, et l'essor des SUV "impactent directement la moyenne des émissions de gaz à effet de serre des ventes de véhicules neufs", explique l'Ademe."Ce phénomène est en contradiction avec les ambitions affichées par l'Europe d'une moyenne de 95 g C02/km pour 2021", prévient l'Agence.

 
Les ventes des véhicules particuliers neufs par classe énergétique en 2018 En 2018, la classe énergétique la plus représentée est la classe B (de 101 à 120 g de CO2/km) avec 52 % des ventes des véhicules. Suivie par la classe d'énergie C (jusqu'à 140 g de CO2/km) qui représente 22,4 % de parts de marché, puis la classe d'énergie A (jusqu'à 100 g de CO2/km), avec 20,7 %. Les classes A, B et C totalisent à elles seules 95,2 % des parts de marché.
La part de la classe D (de 141 à 160 g de CO2/km) est quant à elle de 3,6 %. Tandis que les classes E, F et G (supérieur à 160 g de CO2/km) représentent, au total, 1,1 % de parts de marché.
 
Les véhicules des gammes berline et minispace, "généralement de tailles modestes et dotés de motorisations peu puissantes" sont les moins émetteurs de CO2 avec respectivement 105 et 107 g de CO2/km, en moyenne. Les véhicules tout terrain émettent en moyenne 119 g de CO2/km.

Les berlines ont été les plus vendues dans les classes énergétiques A et B. "Pour les classes C à F, ce sont les tous terrains qui sont les carrosseries les plus appréciées", précise l'Ademe. Et dans la classe G, "c'est la catégorie des coupés qui est la plus plébiscitée". En 2018, la berline reste le type de carrosserie le plus vendu, avec 49,7 % de parts de marché.

Les voitures essence dépassent la moitié des ventes

Pour la deuxième fois depuis 2000, les ventes de véhicules diesel restent sous la barre des 50 % de parts de marché. Ils ont représenté 38,9 % des ventes l'an dernier, contre 47,3 % en 2017. Ce sont six années consécutives de baisse des ventes pour les véhicules diesel. Cette tendance s'explique par une politique fiscale "qui se rééquilibre entre les motorisations diesel et essence (suppression des bonus, alignement des taxes entre le gazole et l'essence)", rappelle l'Ademe. Elle s'explique également par "le succès" des véhicules de petite taille qui sont majoritairement essence, "compte tenu du coût des systèmes de dépollution nécessaires au respect de la norme Euro 6, plus complexes pour les modèles diesel".

En 2018, les voitures particulières essence ont ainsi totalisé 54,7 % des ventes, contre 47,1 % en 2017.

Les ventes des véhicules électriques augmentent aussi

 
Les politiques (...) favorisent l'achat de véhicules moins énergivores. Néanmoins, (...) tous les gains réalisés sont annulés par la croissance de la part de marché des SUV.  
Jérémie Almosni, chef du service Transport et Mobilité à l'Ademe.
 
L'année 2018 s'est aussi révélée "très positive" pour le marché des véhicules "à impact environnemental réduit" (électriques et hybrides). L'Ademe souligne une hausse de 25 % des ventes des voitures électriques par rapport à 2017. De même, les ventes des véhicules hybrides rechargeables et non rechargeables ont augmenté respectivement de 22 % et 31,7 %. Cette croissance s'explique par la mise en place d'incitations fiscales (bonus, prime à la conversion) qui "encouragent fortement le consommateur à opter pour ces types de véhicules", souligne l'Ademe. La maturité technologique du marché, "qui permet aux acheteurs de bénéficier d'une offre large et diversifiée, participe également au dynamisme de ce marché".

En 2018, les voitures électriques représentent seulement 1,5 % du total des ventes des voitures particulières en France. Suivies des véhicules hybrides rechargeables (0,7 %) et des hybrides diesel (0,1 %). Les voitures hybrides essence représentent 4,1 % du total des ventes.

"Chaque année, les SUV et autres voitures tout terrain séduisent davantage les conducteurs français alors que dans le même temps de nombreux automobilistes se tournent vers les véhicules électriques (…). Les politiques mises en place en faveur d'un parc automobile moins impactant favorisent l'achat de véhicules moins énergivores. Néanmoins, les efforts à consentir restent énormes car tous les gains réalisés sont annulés par la croissance de la part de marché des SUV", a mis en garde Jérémie Almosni, chef du service Transport et Mobilité à l'Ademe.

Réactions9 réactions à cet article

 

Le SUV est à mes yeux le symbole parfait de la réaction commune vis à vis de la crise environnementale et sociétale.
Face à un environnement perçu comme de plus en plus hostile, un avenir incertain, une perte de pouvoir de changer les choses… alors, on bâtit une forteresse.
Dans "mon" SUV (figure de style, je n'en ai pas !), j'érige un rempart autour de ma mobilité. Je domine la route comme depuis le donjon de la sœur Anne. Je ne crains plus les pare-chocs des autres, ce sont les autres qui doivent s'effrayer des miens, comme jadis les murailles et les cuirasses.
Une sorte de Mad-Max, bien réel cette fois...
En fait, c'est un retour à la féodalité, au chacun pour soi.
Ensuite, viendra la charnière secondaire - tertiaire, la disparition des dinosaures, autant du fait de leur gigantisme inassouvible, que de la chute du météore...

Urbarural | 11 juin 2019 à 07h56
 
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Les Français sont conditionnés depuis 50 ans à acheter des bagnoles de plus en plus grosses, lourdes et puissantes. Ce sont bien évidemment les pétroliers associés aux constructeurs auto qui sont responsables, qui organisent ce marché (@Urbarural : cet individualisme a été organisé, voulu par les mêmes entre autres). Et les gouvernements ne font rien (pire : ils suppriment les mesures efficaces, genre vignette), ils ne peuvent pas lutter (Total, 12 milliards d'euros de bénéfice par an). Une seule solution : une vignette dissuasive basée sur la puissances réelle des véhicules. Qui en aura le courage ?!

dmg | 11 juin 2019 à 10h28
 
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Ce qui m'interroge ou plutôt m'effraie c'est le développement annoncé des SUV hybrides rechargeables. Lesquels auront une étiquette "véhicule faiblement émetteurs" alors que roulant majoritairement en thermique polluent plus car plus lourds... Société de paradoxe. On comprend mieux la proposition d'interdire les publicités !!

ClemFourb | 11 juin 2019 à 12h26
 
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Ce qui m'interroge ou plutôt m'effraie c'est le développement annoncé des SUV hybrides rechargeables. Lesquels auront une étiquette "véhicule faiblement émetteurs" alors que roulant majoritairement en thermique polluent plus car plus lourds... Société de paradoxe. On comprend mieux la proposition d'interdire les publicités !!

ClemFourb | 11 juin 2019 à 12h37
 
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On marche complètement sur la tête, le gouvernement qui fait semblant de verdir continue à empocher taxes et autres dividendes liées à l'automobile, il continue à faire la courbette aux constructeurs dont les actionnaires n'en ont jamais assez. Et les pauvres qui sont obligés de rouler avec leur vieilles voitures diesel (qui bientôt ne passeront plus le contrôle technique), qui bientôt n'auront même pas assez de leur salaire pour faire les pleins mensuels pour aller assumer des emplois avilissants et très mal rémunérés.
La voiture est un problème de société, "montre moi ta voiture, je te dirai qui tu es"
je suis fâchée en effet

mado | 11 juin 2019 à 15h12
 
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Bonjour
Nous venons de changer de voiture et quel casse-tête ! Nous étions sûrs dès le départ de ne pas prendre un SUV pour les raisons évoquées par Urbarural, mais il nous fallait assez d'espace, nous sommes grands dans la famille. Quant à la motorisation, fallait-il privilégier une moindre émission de CO2 ou de particules fines ?
Nous n'avons pas eu le choix dans le modèle puisqu'à part celui que nous avons pris, il aurait fallu un gros SUV voire un fourgon aménagé.
Et nous avons opté pour une essence, parce que nous faisons peu de km, mais avec un gros doute puisqu'il semble que finalement les particules fines viennent avant tout du système de freinage et de l'usure des pneus.
Ce n'est pas facile de vouloir bien faire...

Viniasco | 12 juin 2019 à 08h57
 
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On n'a pas fini de parler de voiture.
Avec le SUV, tout comme le (vrai) 4x4, on marche en effet sur la tête : on est depuis longtemps dans un souhait de moins émettre de gaz, et en même temps, on produit des voitures de plus en plus lourdes, avec des pneus de tracteur (tu m'étonnes que çà tienne la route), qui ont des accélérations supérieures à des GTI d'il y a 20 ans, et des consommations que je qualifierai de décevantes, tant on reste en moyenne au dessus des 7-8l/100kms (je parle en consommation réelle, pas normée), et tout çà avec des prix hors de ...prix..... mais çà marche! J'ai un monospace essence de 18 ans qui consomme autant, mais lui, il a la Crit'air 3, quand les nouveaux SUV essence de même gabarit sont Crit'air 1..... pas chercher à comprendre.
Alors que la logique aurait voulu qu'on se focalise sur des voitures qui consomment 2-3l au 100 kms, quitte à faire des versions frugalement équipées, on sait le faire en plus.

Précision concernant les particules. On a longtemps opposé l'essence au diesel (NOx pour les 1ers, particules fines pour les seconds). Je lisais récemment que ce schéma est maintenant mis à mal. En effet, les nouveaux moteurs essence qui utilisent l'injection directe connaissent eux aussi des problèmes d'émission de particules très fines, et donc se retrouvent (théoriquement) aussi concernés que les diesels fonctionnant avec le même type d'injection.

nimb | 12 juin 2019 à 22h06
 
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L'injonction contradictoire permanente mène au mensonge (les trucages des constructeurs pour passer des contrôles impossibles) à la bêtise pure (les subventions à l'acquisition de véhicules électriques et la diabolisation du Diesel, plus efficace et moins émetteur de GES).
Pour le choix d'un véhicule, j'ai récemment conseillé à un ami d'acquérir un Diesel récent (démonétisé par la bêtise pure susmentionnée) et de ne jamais se pointer en ville avec...

Albatros | 17 juin 2019 à 17h15
 
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La pub, la pub et encore la pub !
Il paraît qu'une loi interdit le greenwashing dans la pub... J'ai signalé quelques cas (Jeep, Rover mais Peugeot etc aussi) nous offrant des sensations pures avec l'intégralité de la pub se passant dans un décor digne d'un parc naturel et un discours genre "retrouver vos racines (et votre virilité), achetez un SUV, un gros !", et j'ai vraiment eu l'impression de pisser dans un violon, la musique en moins.
Alors pour que ces ineptes SUV arrêtent de se vendre, il va peut-être falloir une loi interdisant les lois qui font du greenwashing ?

Autre point, on parle ici d'évolution de part de marché, perso que ce soit du SUV ou de l'hybrid (je grossis volontairement le trait, merci de ne pas s'exciter), quand on connait l'impact carbone (pour ne citer que celui là mais ça marche aussi avec l'appauvrissement des ressources, la pollution de l'air, de la terre, etc.) de la construction d'une bagnole, le simple fait de voir que les ventes totales ont encore augmenté, c'est déjà suffisant...

Primes à la conversion, primes à la reconversion, primes à la casse, et quand ça ne suffit pas, on crée, puis on modifie les règles du contrôles techniques. Tout ça pour maintenir un secteur moribond au lieu de pousser sur les secteurs porteurs (mobilité durable, collective, ... isolation, ENR... pour ne citer que ceux là) alors que cela profite de plus en plus aux marques étrangères donc peu de retombées sur l'économie française (même cet argument ne tient plus).

Tombour | 05 août 2019 à 19h31
 
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