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L'Ademe pointe l'impact du développement du bois énergie sur le bilan carbone de la forêt

Qui dit développement de la biomasse dit augmentation des prélèvements de bois, ce qui impacterait le bilan GES de la forêt. L'Ademe présente les effets d'une hausse de ses prélèvements et formule des propositions.

Gouvernance  |    |  Anne-Sophie Luchez  |  Actu-Environnement.com

L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a publié, courant juin, un avis sur les conséquences d'un prélèvement croissant de bois sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la forêt. Elle formule également des recommandations destinées à les contourner, du moins les anticiper.

Dans le cadre de la transition énergétique, la France souhaite davantage recourir aux énergies renouvelables (EnR), parmi lesquelles la biomasse, qui figure en bonne place. D'ici 2020, celle-ci devrait représenter la moitié des EnR du bouquet énergétique français, rappelle l'Agence, selon un chiffre issu de la programmation pluriannuelle des investissements.

Or, pour y parvenir, les ressources nécessaires reposent "dans une large mesure" sur le bois, donc la forêt. "La récolte en forêt est [alors] amenée à s'intensifier d'ici les prochaines années", conclut l'Ademe. Bien que le bois-énergie ne soit pas considéré comme une énergie émettrice de gaz à effet de serre, l'augmentation des prélèvements de bois pourrait, en revanche, avoir un impact sur le bilan GES de la forêt.

L'avis a donc pour objectif, sur la base "d'une augmentation théorique de la récolte forestière en France métropolitaine", de fournir des éléments permettant d'orienter la politique énergétique et climatique française.

Le bilan GES de la forêt impacté

La biomasse ainsi que les produits bois constituent des réservoirs forestiers, qui émettent ou stockent du carbone. Ils font en effet l'objet de flux entrants ou sortants. Les premiers sont liés à l'accroissement de la biomasse. Quant aux seconds, ils correspondent aux prélèvements de bois.

Pour analyser les conséquences d'une hausse des prélèvements sur le bilan GES de la forêt, les auteurs de l'avis ont comparé cette augmentation avec des conditions environnementales stables. A savoir un scénario "au fil de l'eau" correspondant à "l'évolution prévue si rien ne change".

La conclusion ? Une augmentation des prélèvements de bois mènerait à une diminution de la séquestration de carbone, c'est-à-dire un retrait de carbone de l'atmosphère moins important. En effet, dans l'hypothèse de prélèvements de bois inférieurs à l'accroissement de la biomasse, le stock de carbone augmente. Aussi appelé "séquestration nette", ce processus permet de retirer du carbone de l'atmosphère. La hausse des prélèvements étudiée par l'Ademe entraînerait donc, assez logiquement, l'effet inverse : un retrait de carbone de l'atmosphère moins important. Le bilan GES de la forêt est bel et bien impacté.

Pallier le manque de séquestration de carbone

Cette diminution de la séquestration peut être compensée, rassure l'Ademe. Le premier mécanisme compensateur réside dans le stockage additionnel de produits bois. "[Leur] utilisation accrue, [et] l'allongement de leur durée de vie, notamment par le recyclage, permettent d'accroître le stock carbone", explique l'Agence. Toutefois, ajoute-t-elle, ce réservoir est beaucoup moins important que celui des écosystèmes. Et le stock tend, à l'échelle de la filière, à se stabiliser.

Autre piste de compensation : "les émissions fossiles évitées". Celles-ci désignent les émissions qui auraient été émises par d'autres filières, plus polluantes que celles de la filière bois, lors de la production du même service. L'idée ? Utiliser du bois en substitution d'énergies fossiles et de matériaux énergivores, tels que le PVC, l'aluminium, le béton ou l'acier. A noter toutefois que, "l'ampleur des effets de substitution varie selon les systèmes de production et l'intensité des émissions de GES émises par le matériau ou la source d'énergie remplacé", alerte l'Ademe.

Au-delà de ces mécanismes de compensation, l'avis fournit des pistes d'actions permettant d'amplifier "le rôle d'atténuation du changement climatique de la filière forêt bois". Pour cela, le renforcement de la politique forestière "est nécessaire", estime l'Agence.

Faire des compromis

Des compromis doivent être faits, selon l'avis, pour définir des "itinéraires sylvicoles optimisant la contribution de la forêt et la filière bois" à l'atténuation du changement climatique. Ses auteurs ont donc identifié des solutions favorisant, d'une part, la séquestration du carbone dans les réservoirs et, d'autre part, l'utilisation des produits bois.

Il faudrait, considère l'Agence, privilégier l'orientation vers des systèmes sylvicoles à vocation de bois d'œuvre ayant des débouchés industriels et énergétiques. Privilégier également la récolte du bois permettant "de diminuer la vulnérabilité des forêts aux perturbations naturelles dans les zones présentant de forts risques", avance l'Ademe. Autre préconisation : la préservation de la fertilité des sols afin de garantir la productivité et, ajoute-t-elle, la restauration des sols.

Optimiser l'utilisation du bois

L'Ademe propose l'usage du bois "en cascade". Le bois doit être utilisé "autant que possible" comme matériau, être recyclé puis utilisé en énergie lorsqu'il ne peut plus être valorisé. Autre recommandation : le développement des marchés de bois comme matériau "en levant les freins à la construction en bois et en développant les débouchés des bois feuillus". Le but selon l'Agence ? Structurer une industrie de transformation compétitive et valoriser davantage la ressource nationale. L'avis invite également à substituer en priorité les matériaux les plus énergivores et les énergies les plus émettrices de GES.

Les auteurs précisent que ces recommandations vont dans le sens des orientations du Plan national d'action pour la filière bois ainsi que du contrat stratégique de la filière bois et du plan "Industrie du bois" de la Nouvelle France Industrielle.

Pour conclure, l'Ademe soutient la politique française de développement du bois-énergie. L'enjeu, selon elle ? "Le renouvellement des forêts exploitées et la poursuite d'une gestion forestière durable".

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