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Produits numériques reconditionnés : l'Ademe évalue les gains environnementaux

L'Agence de la transition écologique publie une étude sur les produits électroniques reconditionnés. Elle pointe les conditions permettant d'en réduire le plus possible l'impact environnemental.

Déchets  |    |  Philippe Collet
Produits numériques reconditionnés : l'Ademe évalue les gains environnementaux

Le reconditionnement des produits numériques permet de réduire l'extraction de matières premières et les émissions de gaz à effet de serre (GES) associées à leur fabrication. Ces gains sont d'autant plus marqués que le reconditionnement allonge la durée de vie du produit et qu'il peut être réalisé localement en changeant un minimum de pièces. Attention, toutefois, il faut respecter certaines bonnes pratiques pour « ne pas faire du marché du reconditionné une caution à la surconsommation ».

 
Ne pas faire du marché du reconditionné une caution à la surconsommation  
Ademe
 
Telles sont les grandes conclusions d'une étude de l'Agence de la transition écologique (Ademe), publiée le 9 septembre. Intitulée « Évaluation de l'impact environnemental d'un ensemble de produits reconditionnés », elle passe en revue quatre familles de produits sur l'ensemble de leur cycle de vie : smartphones, tablettes, ordinateurs portables et fixes. Initialement, l'Ademe ambitionnait d'étudier aussi les box, les serveurs et les consoles de jeux. Mais, pour ces trois produits, faute d'informations suffisamment robustes, le rapport se contente de présenter en annexe des extrapolations à partir des données des ordinateurs portables.

Travaux sur l'impact du numérique

Concrètement, l'Ademe a comparé l'impact environnemental de produits reconditionnés et de leurs équivalents neufs sur l'ensemble de leur cycle de vie. Les analyses de cycle de vie (ACV) des produits neufs avaient déjà été réalisées dans le cadre de l'évaluation de l'impact du numérique publié par l'Ademe et l'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep).

Pour les ACV des produits reconditionnés, l'Ademe a pris pour hypothèses deux durées de vie des produits : une avant reconditionnement, l'autre après. Elles sont respectivement de trois et deux ans pour les smartphones et les tablettes, et de cinq et trois ans pour les ordinateurs portables et fixes.

À noter que les smartphones tiennent une place importante sur le marché des produits reconditionnés. En 2020, les ventes de mobiles reconditionnés ont progressé de 18 %, pour atteindre un chiffre d'affaires de 700 millions d'euros, soit près de 14 % des ventes totales de ces appareils, explique le Syndicat interprofessionnel du reconditionnement et de la régénération des matériels informatiques, électroniques et télécoms (Sirrmiet).

L'Ademe plaide pour un reconditionnement raisonné

En termes d'impact global annuel (« hors radiations ionisantes expliquées par le mix nucléaire français », précise l'Ademe), acheter un mobile reconditionné, plutôt qu'un neuf, permet une réduction de 64 à 87 %. Pour une tablette, le gain est de 46 à 80 %, pour un ordinateur portable de 43 à 97 %, et pour un ordinateur fixe de 36 à 99 %. Ces gains reviennent à prévenir l'extraction de 76,9 kg de matières premières et l'émission de 24,6 kg de gaz à effet de serre (GES) par année d'utilisation d'un smartphone. L'Ademe évalue ces gains à 80 kg de matières premières et à 20 kg de GES pour une tablette, à 127 kg de matières premières et 27 kg de GES pour un ordinateur portable, et à 259 kg de matières premières et à 42 kg de GES pour un ordinateur fixe.

Ces gains varient en fonction de trois critères. Le premier est le nombre de pièces changées : plus il est élevé, moins le reconditionnement présente de bénéfices environnementaux. S'agissant des ordinateurs portables, par exemple, l'écran, la mémoire vive (la RAM) et le disque constituent la majorité des impacts de l'équipement (20 à 57 % de l'impact du neuf). L'Ademe recommande « une politique raisonnée de changement de pièces [et l'utilisation de] pièces de seconde main ».

Le second critère essentiel est la durée d'utilisation totale du produit. Dans l'idéal, il faut augmenter aussi bien la première vie du produit que celle après reconditionnement. Autre exemple tiré de l'ACV des ordinateurs portables : « Si l'augmentation de la durée de vie est inférieure à cinq ans (durée de première vie), alors le reconditionnement, en changeant la plupart des pièces par des pièces neuves, a un impact supérieur à la production d'un équipement neuf utilisé pendant cinq ans ». Sur ce point, il faudrait « apporter un service après-vente de qualité afin d'assurer une réelle augmentation de la durée de vie ».

Le troisième est lié à localisation de l'approvisionnement et du reconditionnement. Pour les mobiles, par exemple, l'Ademe a évalué le reconditionnement d'un modèle type qui prend en compte trois lieux de reconditionnement (France, pour 48 % de l'approvisionnement, Europe, pour 26 % et Asie, pour 26 %) et quatre lieux d'origine des téléphones (France, pour 18 %, Europe, pour 44 %, Asie, pour 11 %, et États-Unis, pour 25 %). Sans grande surprise, le reconditionnement local en circuits courts est à privilégier sur le plan environnemental.

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