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L'Ademe veut encourager le recours aux énergies renouvelables et de récupération dans l'industrie

Une étude de l'Ademe dresse un panorama du recours aux énergies renouvelables et de récupération dans douze secteurs industriels. L'étude s'appuie sur dix cas concrets reproductibles illustrant des situations très variées.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
L'Ademe veut encourager le recours aux énergies renouvelables et de récupération dans l'industrie

Jeudi 22 mars, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a publié une étude sur l'intégration des énergies renouvelables et de récupération dans l'industrie. "Même s'il existe quelques belles réussites, le déploiement des énergies renouvelables et des technologies de récupération est encore trop peu avancé", déplore l'Ademe, qui a décidé de démontrer que les difficultés techniques, contractuelles et économiques liées à l'intégration et l'exploitation des renouvelables peuvent être surmontées.

Une marge de progrès significative

L'industrie est le troisième plus gros consommateur d'énergie français, après les transports et le secteur résidentiel. Elle consomme de l'ordre de 19% de l'énergie finale consommée en France. Bien sûr, les professionnels sont attentifs à leur facture énergétique et ont progressivement investi pour améliorer leur compétitivité énergétique. Mais la marge de progrès reste encore "significative".

Les progrès les plus sensibles ont été réalisés dans le domaine de l'efficacité énergétique : entre 1990 et 2014, ce secteur a diminué ses consommations énergétiques de 11%. Pour autant, le potentiel d'amélioration est encore de 20% d'ici 2035. 
En outre, le secteur industriel rejette encore chaque année 109,5 térawattheures (TWh) de chaleur fatale supérieure à 30°C, soit l'équivalent de 36% de la consommation en combustibles de l'industrie. La moitié de ce potentiel est composé de rejets à plus de 100°C. Enfin, les renouvelables n'ont pas réellement percé : elles représentent seulement 6% du mix énergétique de l'industrie française.

Priorité à la chaleur renouvelable

Le document aborde l'intégration des renouvelables par le biais des possibilités offertes à court terme par les technologies de récupération et les énergies renouvelables. Il se focalise sur douze grands secteurs industriels à forte intensité énergétique. Il s'agit notamment du raffinage, de la chimie, de la pharmacie, du textile, de l'agroalimentaire, des forges et fonderies et de la fabrication de ciment, de chaux, de plâtre, de carton, de papier, de produits en caoutchouc, en plastique, en céramique ou terre cuite.

Du côté des énergies retenues, le rapport se focalise essentiellement sur la récupération. Jusqu'à "87 % du gisement potentiel de chaleur fatale dans l'industrie" peut être récupéré grâce à quatre technologies : échangeurs sur buée de séchage, économiseur sur chaudière vapeur, condenseurs de groupes froids et échangeurs de fumées de four. Quant aux six énergies renouvelables étudiées, elles sont "matures et applicables a priori par le plus grand nombre". Il s'agit de la géothermie très basse température (température inférieure à 30°C), du solaire thermique, du biogaz, de la biomasse, du photovoltaïque et de l'éolien. L'originalité de l'étude est de s'appuyer sur dix cas représentatifs et variés pour illustrer les forces et faiblesses des technologies.

Des PME aux grands sites industriels

L'exemple de L'Oréal illustre l'utilisation de trois technologies sur une usine de parfum et de cosmétiques à Creuzier-le-Vieux (Allier) : la géothermie très basse température, la récupération de chaleur fatale sur effluents liquides et l'installation de compresseurs d'air et fumées de chaudière. Quelque 6.300 mégawattheures de gaz sont économisés chaque année sur le site qui regroupe plus de 40 lignes de production réparties sur 50.000 m2. Les différents dispositifs répondent à des besoins variés, allant de l'eau glacée à 6°C (pour le refroidissement des procédés et des locaux), à des niveaux compris entre 50°C (pour le lavage ou le séchage) et plus de 100°C (pour la distillation). "La démarche systémique (…) a permis de valoriser la chaleur fatale à différents niveaux de température", résume l'étude, précisant que "cette installation (…) peut être applicable à n'importe quel site ayant des besoins de chaleur basse température, ainsi que de froid".

La SARL Cavet (affinage de fromage) montre que les technologies étudiées ne sont pas réservées qu'aux grands sites industriels. L'entreprise utilise le solaire thermique et la récupération de chaleur sur groupes frigorifiques pour le chauffage de l'eau du procédé d'affinage des fromages. L'installation, d'un coût total de 130.000 euros (dont 88.000 pour le solaire thermique), a bénéficié du fonds chaleur à hauteur de près de 54.000 euros et offre un retour sur investissement estimé à 6 ans grâce aux aides et à la réduction de 33% de la facture de fioul. Cet exemple montre que l'installation de capteurs solaires thermiques pour produire de l'eau chaude "est assez facilement applicable pour des besoins de température jusqu'à 80°C".

L'étude revient aussi sur des exemples plus classiques d'utilisation de la biomasse : Siat Braun (entreprise de sciage et rabotage du bois et de production de granulés biomasse implantée dans le Bas-Rhin) illustre le recours aux coproduits, Everball (fabrication de papier recyclé dans l'Aisne) l'utilisation de plaquettes forestières et Osiris (site chimique en Isère) la combinaison avec des combustibles solides de récupération (CSR). De même, le biogaz fait l'objet de trois retours d'expérience.

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