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Actu-Environnement

Les inégalités se creusent au sujet des dépenses énergétiques des ménages français

Aggravées par la hausse du prix des énergies, les inégalités face aux dépenses énergétiques dans les ménages français renforcent l'ADEME dans son action de sensibilisation. Mais le CREDOC démontre les limites de ces politiques publiques.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Selon l'analyse des résultats de l'enquête 2006 INSEE « budget des ménages » réalisée par l'Ademe dans sa lettre Stratégie et Etude, la part des dépenses d'énergie dans le budget varie de façon importante et structurelle. En 2006, les ménages les plus pauvres ont consacré 15% de leur revenu aux dépenses énergétiques contre seulement 6% pour les plus riches. Dans le cas des ménages les plus défavorisés 9% des revenus servent à payer les dépenses en combustibles fossiles (gaz, pétrole) et 6% l'électricité. En revanche, les ménages les plus aisés ne consacrent que 4% de leurs revenus aux produits pétroliers et 2% à l'électricité.
L'Ademe met également en évidence une forte inégalité entre les ménages selon leur lieu de résidence. Un habitant de Paris, qui dispose d'un réseau de transport en commun très dense, et qui vit en habitation collective, a une facture énergétique inférieure de 44 % à celle d'un habitant d'une commune rurale. Plus globalement, la part des dépenses énergétiques dans le budget d'un citadin reste inférieure de près d'un quart à celle d'un rural.

Ces inégalités structurelles ont tendance à s'intensifier avec la hausse constante des prix de l'énergie. L'Ademe rappelle ainsi qu'entre 1996 et 2006, l'indice du prix des combustibles fossiles en euros constants a augmenté de 4,2 % en moyenne annuelle : le prix du gaz domestique a par exemple augmenté de 2,1 % par an, le prix du fioul domestique de 5,2 %, le super sans plomb de 1,7 % et le gazole de 3,6 %. Et cette tendance ne risque pas de ralentir puisque l'Ademe mise sur une demande d'énergie en augmentation de 3,4% chaque année et une production de pétrole ralentissant : si l'on considère une relative stagnation de la production de brut jusqu'en 2020 suivie d'une décroissance, il est possible que le prix relatif des combustibles fossiles s'accroisse au même rythme que la demande dans les 15 prochaines années, pour ensuite progresser de façon exponentielle, explique l'agence.
Ces hausses de prix impactent plus fortement le budget des ménages les plus fragiles qui occupent bien souvent les logements les plus dégradés et les moins performants. Par ailleurs, ces ménages n'ont pas facilement accès aux logements en centre des grandes villes, plus coûteux. Ils sont ainsi logés dans des zones très excentrées et se trouvent en état de dépendance souvent complète à la voiture pour leurs déplacements contraints.

Au regard de ces statistiques, il est clair pour l'Ademe qu'il est essentiel d'encourager dès maintenant la réalisation de travaux d'efficacité énergétique et de privilégier les véhicules sobres en carburant pour préserver le pouvoir d'achat des ménages. Mais selon une étude du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC), la recherche du confort prime encore sur les économies chez les ménages français. En dépit d'une sensibilité écologique croissante, les comportements des ménages ne sont pas encore orientés vers des pratiques économes, explique le centre de recherche qui cite en exemple le fait que la température moyenne des logements est passée de 19° à 21° entre 1986 et 2003 et que les consommations d'électricité pour le confort ont fortement augmenté entre 1973 et 2003 (+ 85 % par m2), en raison de la multiplication des appareillages domestiques. Le CREDOC estime ainsi que l'impact de l'action publique de ces dernières années sur la modification des comportements des ménages a été limité. Selon lui cette situation s'explique par le fait que les gains à retirer d'un comportement économe ne sont finalement que modérément incitatifs au regard de la multiplicité des gestes quotidiens que cela implique de changer. Par ailleurs, les ménages entrent difficilement dans la logique de long terme qui consisterait par exemple à faire des travaux ou investir dans des équipements plus coûteux qui permettront de réaliser ensuite des économies, estime-t-il.
Pour le CREDOC, il ne faut donc plus simplement se baser sur la sensibilité écologique des ménages qui, bien que réelle, reste relativement indépendante des comportements. En étudiant les comportements liés au tri sélectif, le CRÉDOC a mis en évidence que l'adoption par les ménages de la pratique du tri était moins liée à leur conscience écologique qu'à la mise en place d'une offre de service public qui inscrit le geste individuel dans un cadre collectif canalisé (système de poubelles, taxes et redevances d'enlèvement des ordures ménagères). Pour l'énergie, il faut trouver un axe similaire. Il pourrait s'agir par exemple d'un système collectif de rationalisation des consommations d'eau et d'énergie à l'échelle des immeubles collectifs et les syndics d'immeuble pourraient y jouer un rôle majeur. L'une des principales mesures que les syndics pourraient mettre en œuvre consiste à baisser le niveau de température fourni par les installations de chauffage collectif et de fourniture d'eau chaude, propose le CREDOC. En attendant une généralisation de ce type de pratique, le centre de recherche reste convaincu qu'infléchir les comportements vers la maîtrise des dépenses d'énergie nécessite, aujourd'hui, de peser plus fortement sur les leviers de la consommation et de la gestion collective des usages individuels.

Réactions8 réactions à cet article

 
Plein de bon sens

En tout bien tout honneur, le particulier ne pourra prétendre à des pratiques écologiques et économiques que si on les lui impose quelque part. Sa conscience étant déjà prête, il ne se sentira pas forcément dans une contrainte. Il faut de toute façon faire évoluer plutôt qu'attendre que les gestes suivent les pensées dans les moeurs des français comme ailleurs. Le tri doit être obligatoire, la mise en place de panneaux solaires, ou la diminution du chauffage à 20°C serait de bonnes idées. Toutefois, il y aura toujours des exceptions à prendre en compte: domiciles de personnes âgées, etc..
Quelque part, le temps presse! Il faut FAIRE-agir!

Kent | 10 avril 2008 à 11h11
 
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Sans intérêt

Sans intérêt.
L'ADEME démontre qu'il existe des inégalités financières entre les riches et les pauvres. Rien de plus. On n'avait pas attendu les 530 ingénieurs de l'ADEME pour le découvrir.

Rene-Pierre | 10 avril 2008 à 11h44
 
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Augmentation des tarifs énergétiques trop sobres !

L'ADeme prend elle exprès une décennie pour établir une moyenne annuelle d'augmentation des tarifs énergétiques ?
Les chiffres données par l'Ademe, et repris par vous sans autre explication, nient toute les inflations récentes. Rien qu'en 2006, le prix du gaz a augmenté de + 18 %, au bas mot. et le sp 95, seulement 1,7 % Vous devriez donner les explications des calculs de tels chiffres!
Sinon d'haitude j'apprécie vos articles

athenais | 10 avril 2008 à 12h21
 
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Re:Plein de bon sens

facile de mettre obligatoire encore faut-il avoir les moyens.
Quand on est novice comme moi pas facile de s'y retrouver.
je souhaitais investir dans des systèmes plus propres hors il y a de véritables marchands de tapis pour vendre de tout et n'importe quoi.
Certains se sont engouffrer dans un marché douteux il devrait y avoir beaucoup plus de contrôle dans la vente avant de mettre obligatoire.
Dommage, car notre planète doit être préservée pour nos enfants.

Anonyme | 10 avril 2008 à 15h28
 
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Enfin !!

Ce que je comprends est simple : l'ademe se congratule des actions, mais le CREDOC démontre la futilité et l'incapacité de diminuer les consommations d'énergie.

Pour moi, il faut arrêter la sensibilisation inutile et se consacrer aux vraies cibles : le collectif (mairie, syndics, entreprises,...). Tout le reste n'est que poudre aux yeux et permet des niches fiscales aux bobos bien empressés de s'équiper en ballon solaire ou a spéculer sur de la revente d'électricité verte...

En tout cas merci de l'info, ça permet enfin une vraie analyse comparative !

Konan | 10 avril 2008 à 18h30
 
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Re:Re:Plein de bon sens

Concernant les artisans du renouvelable, je suis d'accord sur le fond, il faudrait un contrôle mais bon.. il est impossible de mettre un contrôle de la vente systématique. Comme dans tous les domaines il y aura toujours des arnaques. Cela dit, novice ou non, il y a toujours moyen de s'informer plus et toujours plus avant d'investir. Ce site est un bon moyen déjà ;

Kent | 14 avril 2008 à 11h01
 
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Re:Augmentation des tarifs énergétiques trop sobre

ce n'est pas Actu qui donne le %moyen sur 10 ans , c'est l'ADEME !
bon reprenons le cas du SP 95( le moins cher bien sure mais pas forcement le plus utilisé !)le prix de l'essence sans plomb 95, qui coûtait en moyenne 1 euro en janvier 2004 valait 1,33 euro en juillet 2006, soit une hausse de 33 % en deux ans et demi.!!! quid du prix de 2007 à 2008?
supposons que l'augmentation moyenne de 1996 à 2005 ai été de 0,5% par an , c'est déjà faux , mais bon, supposons pour les besoins du raisonnement :
donc 0,5x9=4,5% pour cette période de 9 ans et 1,7 X10 ans= 17% pour l'ADEME
donc je suis en droit de supposer que l'augmentation est de
17-4,5=12,5% pour 2006 !!! et c'est faux car les vrai chiffres de 2004 à 2006 donnes 33% !!! ce qui n'est pas du tout la même approche
alors pour dormir tranquille faisons la même application des statistiques sur la courbe d'augmentation du CO² en moyene sur 50 000 ans et là on constaterai que ce n'est pas si important !!! (comme c.Alègre ?) et donc on pourrai continuer à utiliser sans vergogne toute l'énergie fossile voulue ?
on peut faire tout dire aux statistiques : la preuve et son contraire
mais moi je constate qu'en moins de trois ans mon plein de super 98 est passé de 60€ à 90€
Taxons à fond non pas les utilisateurs mais les super profits des banque d'affaire et des spéculation boursières et affectons les aux transports en commun et flottes de véhicules normes écolo partagées au lieu de toujours traire les automobilistes
Marcel

smile17 | 21 avril 2008 à 02h27
 
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traitement des copropriétés

Qui parle des 8 millions de logements en copropriété et du formidable reservoir d'économies d'énergie qu'ils représentent?
on gagne du pouvoir d'achat par les baisses de charges de copropriété et on contribue à la baisse du CO2 en maitrisant les dépenses d'energie!on compense carbone!!!!

voir notre site

eco-copro | 25 décembre 2008 à 13h19
 
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