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L'ADEME met à jour sa méthode de sélection des techniques de traitement des sites et sols pollués

Après trois ans de test, l'ADEME met à jour sa méthode d'aide à la décision dénommée « traitabilité des sols pollués ». Le nouveau guide prendra désormais en compte la pollution des eaux et intègre de nouvelles techniques de dépollution.

Aménagement  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Lorsqu'un site est pollué et qu'une action de réhabilitation doit être engagée, le maître d'ouvrage doit choisir la ou les filières de décontamination les plus adaptées pour atteindre les objectifs de dépollution qui ont été fixés suite à l'évaluation des risques. Or, les techniques disponibles ne sont pas équivalentes tant en ce qui concerne leur domaine d'application que leur retour d'expérience ou même leur principe scientifique. Certaines techniques sont en effet « spécialisées » comme la bio-immobilisation, spécifiquement applicable dans le cas de pollutions de sols par du chrome hexavalent et d'autres sont plus « générales » comme le lavage chimique qui concerne un grand nombre de polluants du fait de la grande variété d'agents d'extraction utilisables. En termes de retour d'expérience certaines techniques comme la phytoextraction sont encore proches du stade de recherche et développement contrairement à des techniques comme la biodégradation qui bénéficient de plusieurs années d'expérience. Par ailleurs, le principe scientifique sur lequel reposent ces techniques peut être simple comme l'extraction des polluants par des méthodes physiques ou physico-chimiques ou plus complexe comme la phytostabilisation.
De ce fait, au moment de choisir la technique à employer, le maître d'ouvrage est souvent confronté à des incertitudes tant sur les techniques à mettre en œuvre que sur leurs performances. Il arrive donc fréquemment qu'il soit nécessaire de réaliser des essais préalables qui sont le plus souvent très coûteux.

Confrontée au problème du choix des techniques dans sa mission de maître d'ouvrage pour la réhabilitation de sites pollués à responsables défaillants, l'ADEME a donc décidé de mettre au point une méthode de sélection et d'évaluation des techniques de traitement des sols. Dénommée « traitabilité des sols pollués », cette méthode a pour objectif de sécuriser le choix des techniques et le respect des objectifs de dépollution. Elle a été développée pour un nombre limité de techniques choisies parmi les plus courantes et/ou les plus prometteuses. Conçue sous forme d'une arborescence, elle se compose de plusieurs étapes à tiroir qui nécessitent chacune de renseigner certaines caractéristiques du site concerné pour aboutir au final à la technique de traitement la plus appropriée et la plus efficace pour ce cas.
La première étape permet de présélectionner certaines techniques en combinant plusieurs données : caractéristiques du sol (composition physico-chimique, la granulométrie ou encore la teneur en matière organique), critères logistiques (accessibilité du site), critères chimiques (type de pollution), destination des terres dépolluées (centre de stockage ou réutilisation sur le site).
Une fois présélectionnée, chaque technique est testée pour déterminer la faisabilité du traitement ou pour préciser les conditions de mise en œuvre (température, durée, etc). Les résultats des essais permettent de voir si le traitement est faisable avec cette technique compte-tenu des objectifs de traitement fixés. Ces essais sont ensuite répétés dans des conditions plus proches de la situation du site afin de mettre en évidence les difficultés opératoires éventuelles.

Au final, tous ces éléments permettent de sélectionner une ou plusieurs techniques faisables et efficaces parmi un grand nombre.

Mise au point dans le cadre d'un programme de recherche d'une durée de trois ans, cette méthode a fait l'objet d'un guide méthodologique édité en juin 2003. Après trois ans de test sur plusieurs opérations de dépollution, cette méthodologie va être mise à jour. Le guide méthodologique dans sa forme actuelle se restreint aux pollutions des sols mais devrait intégrer prochainement la pollution des eaux souterraines, problème accompagnant fréquemment la pollution des sols.
Le guide bénéficiera également d'une mise à jour en termes de techniques de traitement : nouveautés, retour d'expérience supplémentaires… À ce propos, la prochaine version intégrera la technique de l'oxydation in situ qui a fait l'objet d'une étude approfondie par le BRGM. Par ailleurs, un cahier des charges type sera établi pour identifier les nouvelles techniques qui pourraient être intégrées dans ce guide.
Cependant, la mise en œuvre de cette méthodologie sur des sites concrets à révéler qu'elle s'avérerait lourde et très technique à certains niveaux, rallongeant de fait les délais de mise en œuvre finale du traitement. Elle ne peut donc être envisagée que lorsqu'il n'y a pas d'urgence en termes de risques et n'est pas forcément compatible avec le délai de réponse demandé par un donneur d'ordre (industriel, aménageur).

La prochaine version du guide méthodologique devrait être terminée fin 2007 et disponible pour la fin du premier trimestre 2008.

Réactions1 réaction à cet article

 
traitement des eaux

but informer et s'informer

Anonyme | 25 juin 2009 à 12h04
 
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