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Notre regard anthropocentré sur les espèces nuit à la protection de la biodiversité

Biodiversité  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com

Alors que le sort de la biodiversité « ordinaire » peine à émouvoir face aux espèces emblématiques, des scientifiques viennent d'apporter une nouvelle explication à la différence de traitement que nous accordons entre les espèces animales. Une équipe du Muséum d'histoire naturelle (MNHN) et de l'Isem (Université de Montpellier-CNRS-EPHE-IRD) vient de publier la première « carte affective » du monde vivant.

 

Illustration notre empathie et de notre compassion en fonction de notre degré d'apparentement © A. Miralles
 

À travers un questionnaire proposé à 3 500 personnes, les chercheurs ont évalué la perception affective de nombreuses espèces et la manière dont notre empathie et notre compassion fluctuent d'une espèce à l'autre. Résultat : plus un organisme est évolutivement éloigné de l'Homme, moins nous nous reconnaissons en lui et moins nous nous émouvons de son sort. « Lorsqu'une espèce nous est évolutivement proche, nous partageons avec elles des caractéristiques, notamment physiques, progressivement acquises au cours de notre évolution commune. Ainsi pourrions-nous plus facilement reconnaître en elle un alter ego et adopter à son égard les mêmes comportements prosociaux que ceux nous permettant d'entretenir des relations harmonieuses avec nos semblables humains », expliquent les chercheurs.

Les résultats de cette étude questionnent sur l'influence exercée par nos biais sensoriels et émotionnels sur notre rapport au vivant en matière de préservation de la biodiversité, éthique alimentaire ou de bien-être animal.

Réactions3 réactions à cet article

 

Une des grandes progression de l'humanité sera d'apprendre à aimer ce qui n'est pas elle.
A l'échelle de l'individu nous privilégions la cellule familiale, le logis. Nous voulons le meilleur pour nos enfants, nous protéger, avoir le plus possible. Nous enjambons le SDF, nous décrions le migrant.

A l'échelle de la planète, nous compatissons pour les orangs-outans, les pandas, mais nous nous fichons de la micro faune du sol ou dy phytoplancton, parce qu'on a l'impression que cela ne nous touche pas.

Peut-être que si l'on comprend que cela nous touche (production agricole, d'oxygène, absorption de CO2...), cela nous fera changer d'avis, mais même, ce serait encore par intérêt immédiat, centré sur nous-même.

Dans une société d'abondance telle que nous la connaissons en Occident, le problème c'est la répartition des richesses (matérielles et immatérielles), pas l'existence des richesses. Nous avons fonctionné pendant des siècles avec la pénurie, ce qui impliquait de parer au plus pressé et subvenir à ses besoins de survie pour soi et ses proches. Puis à l'échelle du pays. Peu importe les conséquences environnementales, sociétales à terme, ...

Besoin dorénavant de voir plus loin, plus inclusif, de cesser cet anthropocentrisme de survie pour embrasser le vivant et revenir à l'humilité de nous considérer comme une simple espèce partie d'un tout, espèce particulière certes par ses capacités, mais juste une espèce quand même.

Qu'on laisse le vivant respirer, un peu.

krakatoe | 27 décembre 2019 à 10h25
 
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Prenons l'exemple du loup : il est devenu une espèce idolâtrée uniquement pour servir les intérêts de ceux qui misent sur la financiarisation de la nature afin de continuer à détruire pour en tirer du revenu pécuniaire.
A propos du loup taxé d’«espèce parapluie», de «clé de voûte de la biodiversité», d’«indicateur de la qualité ou de l’intégrité d’un habitat» et autres idées reçues qu’ils ont inspirées eux-mêmes, les auteurs, ( Boitani italie et Mech usa) constatent ceci : «Les loups ne méritent pas de tels labels. Si ceux-ci ont été de formidables moyens pour déclencher les émotions, obtenir et réunir rapidement des soutiens au rétablissement des loups, il nous faut prendre conscience que ce furent là des raccourcis pour vendre un produit, plutôt que de bonnes bases scientifiques.

ouragan | 27 décembre 2019 à 17h13
 
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C'est marrant, Ouragan, que vous preniez l'exemple du Loup... Une petite fixation obsessionnelle peut-être ?

Pégase | 08 janvier 2020 à 21h08
 
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