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Ingénieur environnement : un métier d'avenir ?

A l'occasion de ses 30 ans, l'association française des ingénieurs et techniciens de l'environnement (AFITE) organisait une conférence sur l'évolution de la fonction environnement dans le monde de l'entreprise. Résumé des débats.

Gouvernance  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
Ingénieur environnement : un métier d'avenir ?
© Keith Frith
   
Longtemps considéré comme la bête noire de l'entreprise, l'ingénieur environnement trouverait de plus en plus sa place aujourd'hui. Quoique… Le sujet a fait l'objet d'un débat organisé mardi 9 juin par l'association française des ingénieurs et techniciens de l'environnement (AFITE) à l'occasion de ses 30 ans.

L'ingénieur environnement, des années 60 à nos jours

Pour Frédéric Ogé, chargé de recherche au CNRS, dans les années 60 à 80, l'ingénieur environnement était un ingénieur cagibi. Un militant, souvent considéré comme farfelu qui, en parlant de pollution gêne la production. Cet affrontement était mal vécu par l'entreprise, commente le chercheur. Dans les années 80-90, l'ingénieur devient alibi ou encore termite : il approfondit la dimension environnementale de l'entreprise sans que la direction générale s'en rende compte. Il a été nommé parce que la conférence de Stockholm a eu lieu, celle de Rio arrive bientôt. L'image de l'entreprise est en jeu. Ce n'est plus le temps de l'affrontement mais de l'évitement, note Frédéric Ogé. A ce moment là, on lie souvent environnement et sécurité. Le premier est rentable quand il permet d'éviter les risques. Peu à peu, vers la fin des années 90, on passe au temps de l'adaptation. Le concept de développement durable est apparut.
Depuis les années 2000, selon le chercheur, l'ingénieur environnement est établi, écouté, consulté. Pour les différents participants à la table ronde, ce constat est moins évident : un large chemin reste encore à parcourir. La marge de manœuvre varie en fonction de la taille de l'entreprise, du secteur d'activité. Avec le Grenelle de l'environnement, l'ingénieur environnement est devenu un métier à part entière, il a acquis plus d'importance. Mais cela reste une fonction nouvelle, surtout dans les PME, note Jean-Baptiste Chanonat, conseiller énergie de la CCI Essonne.

Une fonction devenue indispensable ?

L'environnement est pris très au sérieux par les chefs d'entreprise que je rencontre, commente Sébastien Désillons, chef du service régional de l'environnement industriel de la DRIRE Ile-de-France. Cependant, la position de l'ingénieur environnement dans l'organigramme est liée à la personnalité du dirigeant, à sa sensibilité. Mais malgré le contexte économique actuel, la tendance de fond est là. Sur le long terme, cette fonction s'imposera. L'augmentation de la réglementation, les attentes sociétales y seront pour beaucoup. Aujourd'hui, on ne peut pas faire d'économies sur cette fonction, il y a des lois, des tribunaux. Le procès de l'Erika et la responsabilité de Total sont la preuve de cette évolution sociétale.
Pour Thomas Sénac, responsable environnement, chez Roquette Frères, l'ingénieur environnement a besoin de construire sa crédibilité. Mais il y a néanmoins une évolution récente : les contraintes externes sont mieux perçues aujourd'hui par les directions générales. Auparavant, lorsqu'on parlait du prix de carbone, on passait pour un fantaisiste, aujourd'hui avec le marché des quotas, on ne peine plus à convaincre.
Philippe Laffite, chef du service Environnement chez Apave Parisienne confirme : la pression sociétale est de plus en plus forte. Ceux qui ne veulent pas s'en rendent compte sont à contre sens et vont à l'encontre de leur pérennité.
Aisé de se faire entendre au sein de l'entreprise ? Ce n'est pas une question de moyens mais d'influence, analyse Jacques Salamitou, ancien directeur Environnement chez Rhône Poulenc. Il faut d'abord qu'il y ait un bon système d'information interne mais le pouvoir de l'ingénieur dépend également de ses contacts avec l'extérieur. La fonction de lobby, qui a tendance à se perdre, est très importante.

La schizophrénie de l'ingénieur environnement

Pris entre différents enjeux, ceux de l'entreprise d'abord mais aussi ceux de l'environnement, l'ingénieur environnement doit sans cesse trouver des compromis. On est dans une fonction support qui prend de l'importance aujourd'hui, note Thomas Senac. Nous devons anticiper les aspects réglementaires, les aspects techniques, identifier les nouvelles contraintes, les solutions…Ce qui est nouveau aujourd'hui, c'est que nous devons gérer la question de l'image de l'entreprise : la peur des consommateurs, des voisins, des clients… Ce qui mène parfois à la schizophrénie : je représente au sein de l'entreprise la réglementation, le voisinage, le consommateur… A l'extérieur, je représente l'entreprise à 200 %. Ce qui aboutit à différents discours, adaptés à chaque interlocuteur et à chaque question à résoudre.
Sébastien Dessillons confirme cette schizophrénie de l'ingénieur environnement : les enjeux de communication, d'information, de concertation ne sont pas encore assez développés aujourd'hui. Après quinze ans d'exploitation, il n'est pas rare que la direction d'une entreprise et les élus locaux où celle-ci est implantée ne se soient jamais rencontrés ! Il y a beaucoup de pédagogie à faire et c'est le rôle de l'ingénieur environnement. Celui-ci doit évidemment changer de discours en changeant d'interlocuteur.
L'ingénieur doit sans cesse savoir trouver un équilibre, un compromis. Nous avons un rôle de facilitateur, résume Thomas Senac.

Réactions2 réactions à cet article

 
Très juste

Cet article décrit parfaitement la position d'ingénieur environnement. La communication est la clé de notre métier aujourd'hui.

Céline | 11 juin 2009 à 11h31
 
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Bonsoir,
je suis une jeune lycéenne désireuse de s'orienter vers l'environnement, et particulièrement vers le métier d'ingénieur en environnement. Toutefois, je m'interroge sur les offres d'emplois suite à cette formation. Est-il facile de se faire embaucher après ce diplôme d'ingénieur en 2012 et dans les années futures...? car on entend pas mal de préjuger en ce qui concerne les métiers de l'environnement.

sammie | 25 mai 2012 à 01h39
 
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