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L'Agence Bio doit mieux s'adapter aux enjeux de la filière

Le prochain contrat d'objectifs et de performance de l'Agence Bio va devoir refléter les évolutions de la filière en matière de gouvernance et de communication. Les arguments vont devoir s'affiner et de nouveaux acteurs doivent entrer dans la danse.

Agroécologie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

Depuis sa création en 2001, l'Agence Bio évolue dans un contexte qui a fortement progressé en faveur de l'agriculture biologique. Ce groupement d'intérêt public, sous la tutelle du ministère de l'Agriculture, témoigne chaque année de l'appétit grandissant des consommateurs français pour les produits qui en sont issus. Alors qu'en 2003, 46% des Français n'en consommaient jamais, ils sont aujourd'hui 83% à faire confiance à l'agriculture bio et 82% à penser que son développement est important pour protéger l'environnement. Le montant des ventes s'en ressent : il passe de 5,76 milliards d'euros fin 2015 à 7 milliards d'euros un an plus tard, soit une hausse de 21%.

Ce succès, l'Agence Bio n'y est pas totalement étrangère. Depuis sa création, elle a en effet quatre missions : accroître la connaissance du secteur, réaliser la promotion et la communication, aider à la structuration des filières et des synergies entre les acteurs, et gérer les données du secteur notamment en recevant les déclarations d'activité obligatoires des opérateurs en agriculture biologique. Aujourd'hui, elle fait face à de nouveaux enjeux que son contrat d'objectifs et de performance (COP) doit refléter. Une mission du Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) propose des changements pour le COP 2018-2022.

Convaincre de nouveaux consommateurs plus versatiles

La filière des produits bio entre dans une phase de gestion de la croissance. Le panel des consommateurs bio s'élargit et la filière sort d'un marché de niche pour conquérir le marché de masse. Une évolution qui n'est pas sans conséquence sur son image. Les associations de consommateurs posent les yeux et s'interrogent de plus en plus sur ces produits. L'association 60 millions de consommateurs a d'ailleurs écorné l'image "saine" de l'agriculture bio en révélant que que les saumons d'élevage bio étaient plus contaminés par des produits chimiques que les saumons d'élevage conventionnels. Si l'Agence Bio a, semble-t-il, bien géré cette communication de crise, le CGAAER alerte : "L'agriculture biologique est désormais plus exposée au risque de campagnes médiatiques déstabilisantes. Il s'agit d'anticiper des scénarios de crises ou d'attaques pouvant affecter la confiance du consommateur".

D'autant plus que les néo-consommateurs de bio sont moins convaincus et plus versatiles."Les nouveaux consommateurs de bio seront plus sensibles à des campagnes médiatiques pouvant altérer leur confiance (…) Les discours selon lequel le bio est par définition et par essence bon pour la santé et pour l'environnement ne suffira plus", prévient le CGAEER. Il encourage l'Agence Bio a étayer son argumentaire a partir d'expertises sur les diverses externalités positives du bio.

Faire entrer de nouveaux acteurs

La démocratisation du bio et la conquête de nouveaux consommateurs sont le résultat du développement de nouveaux circuits de distribution. Fini le temps où les produits bio étaient cantonnés à des magasins spécialisés. En 2016, la grande distribution représentait 45% des parts de marché du bio. Une évolution notable pour le CGAEER qui recommande que ces acteurs disposent d'un représentant au sein de l'Agence Bio et notamment le syndicat de la distribution bio (Synadis bio). "Un rééquilibrage au profit de l'aval et de la distribution permettrait d'affirmer la vocation de l'Agence Bio à fédérer toute la filière", estime la mission. Le CGAEER fait également remarquer que les conseils régionaux sont désormais chargés de l'attribution des aides à la conversion et au maintien en agriculture biologique. Leur place à l'Agence Bio doit être envisagée.

De même en amont. Cinq interprofessions sont représentées à l'Agence Bio, mais face à la montée de l'agriculture bio, d'autres filières manifestent de l'intérêt. Et les Etats généraux de l'alimentation, qui doivent aboutir à des plans de filière ambitieux en matière de signes de qualité, vont renforcer cette demande. Ces nouvelles interprofessions seraient les bienvenues pour compléter le financement du fonds Avenir Bio. Géré par l'Agence, ce fonds soutient, via des appels à projets, des programmes de développement des filières biologiques. Renforcé en 2014 dans le cadre du programme "Ambition Bio 2017", le fonds est maintenant doté de 4 millions d'euros par an mais devrait être renforcé dans le cadre du prochain plan bio en cours de préparation.

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