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L'agriculture bio est en pleine croissance et grande pourvoyeuse d'emplois

Avec près de 134.500 emplois directs comptabilisés à la fin 2017, la filière bio est génératrice d'emplois, selon les derniers chiffres de l'Agence bio. Le marché des produits bio a de nouveau doublé en cinq ans entre 2012 et 2017.

Agroécologie  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

Le secteur bio poursuit sa croissance et crée des emplois. Au total, 1,77 million d'hectares étaient engagés en bio fin 2017, soit une hausse de 15,6% par rapport à 2016, selon les derniers chiffres présentés ce vendredi 1er juin par l'Agence bio. L'an dernier, plus de 5.000 exploitations se sont engagées dans le bio qui représente 6,6% de la surface agricole utile en France.

+40% de surfaces certifiées bio prévues d'ici 2019

Les surfaces produites en bio devront encore augmenter pour atteindre 15% de SAU d'ici fin décembre 2022. Un objectif fixé dans le nouveau plan Ambition bio, désormais inscrit dans le projet de loi Agriculture et Alimentation adopté, le 30 mai, par les députés.

Florent Guhl, directeur de l'Agence bio, se veut confiant sur l'atteinte de cet objectif "ambitieux". En considérant les surfaces en conversion fin 2017, l'Agence bio prévoit d'ores et déjà une hausse de 23% des surfaces certifiées bio en 2018 et de 13% en 2019.

36.691 producteurs bio sont ainsi dénombrés, soit une hausse de 14,7% des exploitants par rapport à 2016. Ils représentent 8,3% des fermes françaises. A l'aval de la filière, 17.353 transformateurs, distributeurs ou importateurs de produits issus de l'agriculture biologique sont également recensés (+17% en un an).

+9,5% d'emplois par an

"L'emploi de l'aval est celui qui a connu la plus forte croissance grâce à l'organisation des filières", ajoute l'Agence bio. Soit 43.910 emplois en équivalent temps plein (ETP) générés : vente au détail de produits bio (27.000), transformation de produits bio (15.000), distribution au stade de gros (1.800), boulangerie artisanale bio (320) et fabrication d'aliments pour bétail (210). La majorité des emplois en ETP (88.400) se situent dans la production.

 
Les fermes bio ont un contenu en emploi supérieur de 59% par rapport au secteur conventionnel.  
Agence bio
 

"Avec près de 134.500 emplois directs comptabilisés à la fin 2017, l'agriculture bio est en pleine croissance et plus que jamais créatrice d'une grande diversité d'emplois", se félicite l'Agence bio. L'emploi dans le secteur bio a ainsi augmenté en moyenne de 9,5% par an de 2012 à 2017. Soit + 58% en cinq ans.

Les fermes biologiques emploient en moyenne 2,41 UTA (Unité de Travail Annuel) contre 1,52 UTA en conventionnel. "Les fermes bio ont ainsi un contenu en emploi supérieur de 59% par rapport au secteur conventionnel".

Comme en 2016, quatre régions "leader" (Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire) concentrent près des 60% des fermes et des surfaces bio recensées. "Ces mêmes régions représentent plus de 40% des entreprises de transformation et de distribution certifiées en bio."

+17% de produits bio consommés

Le secteur bio est porté par la demande, toujours en hausse, des consommateurs français. Le marché des produits bio a augmenté de 17% en 2017 par rapport à 2016 pour atteindre plus de 8,3 milliards d'euros. Sur cette somme, 246 millions d'euros HT proviennent d'achats de produits bio servis en restauration collective (+7% en 2016) et 206 millions d'euros hors taxe en restauration commerciale (+13% depuis 2016).

Le projet de loi Agriculture prévoit que la restauration collective devra servir, d'ici 2022, au moins 50% de produits de qualité, dont au minimum 20% issus d'exploitations bio ou en conversion. Cet objectif est également fixé par le plan "Ambition bio 2022". Il faudra aussi "passer à la vitesse supérieure", a indiqué Florent Guhl, directeur de l'Agence bio."Tous les acteurs sont prêts".

Le premier lieu d'achat bio reste les grandes et moyennes surfaces (GMS) qui représentent 46,1% des parts de marché. "2017 marque un tournant : les GMS ont développé leurs gammes bio, de façon générale et de façon plus spécifique dans leurs magasins de proximité et le drive, porteurs de croissance", souligne l'Agence bio.

36% des parts de marché sont issus de la distribution spécialisée bio, en léger recul, "dû notamment aux commerces indépendants dont la croissance est très faible". La vente directe (13% des parts de marché) connaît également une croissance "un peu moins rapide qu'en 2016 en raison d'une demande forte des circuits longs de commercialisation, et ce malgré le dynamisme notable du secteur du vin (+26%)".

En 2017, 69% des produits bio consommés ont été "made in France". 31% des produits ont été importés contre 29% en 2016 : il s'agit de bananes, de cacao, de café, d'olives ou d'agrumes mais aussi de lait bio importé en raison de la mauvaise pousse de fourrages de 2016. La production d'origine France s'améliore concernant les grandes cultures ou encore l'oignon.

Le marché a de nouveau doublé en cinq ans entre 2012 et 2017. La consommation de produits bio représente 4,4% du marché alimentaire à domicile. "Cependant, la pénétration du bio est plus ou moins importante suivant les produits. En valeur, elle est de 30% pour les œufs et 12% pour le lait. Elle est de 7% pour les fruits et légumes frais", précise l'Agence bio.

Le ministre de l'Agriculture prévoit de mobiliser 1,1 milliard d'euros de crédits pour le plan Ambition bio sur la période 2018-2022. Dans le cadre de ce plan, une large concertation a été lancée par l'Etat avec les Régions de France, "dont le point d'orgue sera la réunion du Grand Conseil d'Orientation de l'Agence bio le 21 juin prochain", a annoncé Florent Guhl qui prévoit la fin des travaux à la fin de l'été.

Réactions2 réactions à cet article

 

L'agriculture bio qui fait passer du statut d'agricultueur à celui de bio-agriculteur - de préférence en permaculture et sous label BIO-COHERENCE - créerait encore plus d'emplois si étaient nettement plus nombreuses les mairies achetant au moins 50 % de bio pour les restaurants scolaires.

Et ça devrait aussi être un moyen pour la vente directe de baisser les prix aussi pour les particulier.

Alors que des supermarchés proposent du bio de moindre qualité (label feuille verte européenne) avec des marges excessives.

Sagecol | 04 juin 2018 à 11h29
 
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La marge "excessive" est difficile à trouver avec du lait "bio" à 87 cts le litre en grande surface... Surtout quand les grands prêtres du "bio" ont persuadé les producteurs à "se convertir" en leur faisant miroiter 1 euro le litre sortie de ferme... Merci qui ?
Une fatalité de la massification dans les marchés agricoles à laquelle le "bio" ne semble pas pouvoir échapper.

Albatros | 05 juin 2018 à 14h04
 
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