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Écologie industrielle : un atout pour l'économie locale et l'attractivité des territoires

Agnès Delamare Grandsire, dirigeante de eicosysteme, nous propose un avis d'expert sur la méthode consacrée à une démarche d'écologie industrielle et territoriale. Les intérêts en termes d'économie locale et d'attractivité des territoires y sont également abordés.

Avis d'expert  |  Gouvernance  |    |  Actu-Environnement.com

L'écologie industrielle et territoriale est une démarche innovante qui vise à considérer une zone d'activité comme un écosystème naturel à part entière. L'objectif est de rendre le système plus durable, à travers la mise en œuvre de synergies industrielles entre les différents acteurs, et de rompre avec l'approche linéaire classique.

L'écologie industrielle, formalisée en 1989

La notion d'écologie industrielle a été définie en 1989 par deux chercheurs de General Motors (Robert Frosch et Nicolas Gallopoulos) qui estiment qu'il devient nécessaire de recycler les biens usagés, d'économiser les ressources naturelles, et de rechercher des matières premières de remplacement. Ils préconisent un changement du fonctionnement des systèmes industriels en s'inspirant de l'écosystème biologique.

Des expérimentations dans le monde entier

Depuis la démarche a fait son chemin, plusieurs concrétisations ont vu le jour : aux USA, au Canada, au Japon, ou en Chine… Mais l'exemple le plus emblématique et le plus couramment cité reste celui de Kalundborg, ville portuaire Danoise, qui s'est lancée dans ces échanges de flux industriels, sous l'impulsion d'une volonté politique et industrielle. Le principe fondateur : la coopération est plus importante que la compétition comme moteur d'évolution et d'innovation. Ainsi ce sont une vingtaine de synergies opérationnelles répertoriées, d'échange d'eau, de matières ou d'énergie, entre six industriels locaux et la municipalité. Ce modèle permet d'économiser par an 3 millions de litres d'eau, 20 000 tonnes de pétrole et 200 000 tonnes de gypse. Le retour sur investissement est estimé entre 4 et 5 ans en moyenne, et les économies sont évaluées à 15 millions de dollars.

Une quarantaine de démarches répertoriées en France

En France, plusieurs études d'écologie industrielle ont vu le jour, une quarantaine de démarches sont actuellement répertoriées, et couvrent l'ensemble du territoire, à l'exception d'une partie ouest. Mais c'est le territoire dunkerquois qui offre à la France son expérimentation la plus aboutie. Plus de 200 entreprises ont déjà opté pour la mutualisation de leurs déchets tels les papiers cartons, les piles, les cartouches d'encre, les déchets dangereux…, l'échange de bonnes pratiques environnementales, comme les économies d'énergie, ou la gestion différenciée des espaces verts… D'autres pistes notamment sur les échanges de flux, la réutilisation de matériaux ou synergies de substitution, sont en cours d'étude, ouvrant ainsi le champ à de nouvelles typologies de synergies.

Autre expérience significative, le département de l'Aube qui a créé son club d'Ecologie Industrielle, en 2003, pour répondre aux enjeux du développement durable. Aussi le club s'appuie sur l'expertise de recherche, de l'Université Technologique de Troyes pour mener à bien ses travaux.

L'écologie devient un atout économique

L'écologie et l'industrie, longtemps considérées comme antagonistes, sont aujourd'hui intimement liées dans la notion de développement durable. L'écologie industrielle présente plusieurs niveaux d'intérêt :

  • d'ordre environnemental : elle tend à réduire la consommation de ressources naturelles, à économiser l'énergie, et à réduire les pollutions et les nuisances
  • d'ordre économique : elle permet de réaliser des économies d'échelle, réduire les coûts de transport, d'approvisionnement en matières premières et de traitement des déchets
  • d'ordre social : elle envisage de relocaliser les activités à proximité de ressources primaires ou secondaires nouvellement identifiées

Enfin, c'est également sur le volet de l'attractivité territoriale que l'écologie industrielle peut se positionner. Ces réflexes d'échanges et d'optimisation de la gestion des flux incitent à l'ancrage territorial, et prétendent même à appeler de nouvelles activités, en recherche de flux particulier.

Les 4 étapes des l'écologie industrielle

Pour engager une démarche d'écologie industrielle plusieurs grandes étapes sont nécessaires :

En premier lieu, il convient de fédérer un jeu d'acteurs motivés par la démarche. Généralement, il s'agit de mettre autour de la table : les collectivités territoriales ; les chambres consulaires ; les industries, les entreprises (PME PMI TPE) via ou non les clubs d'entreprises ; les agences de développement économique locales ; et enfin les partenaires institutionnels comme l'Ademe.

Dans un second temps, un pré-diagnostic territorial permettra de bien définir le projet, les acteurs cibles, le périmètre concerné,….Il mettra en évidence le contexte et les enjeux pour le territoire.

Puis la troisième étape constituant le fondement même de la démarche de l'écologie industrielle à savoir la connaissance qualitative et quantitative de la dimension physique des activités économiques, soit : les flux et les stocks de matières inhérentes à toute activité industrielle. C'est ce qu'on appelle l'étude du métabolisme industriel. En l'occurrence, cette étape passe par un véritable recensement des flux entrants et des flux sortants de l'entreprise. Cette collecte de données porte sur le qualitatif et le quantitatif des flux de matières, d'eau ou d'énergie. C'est aussi une expression des besoins de l'activité industrielle.

Cet inventaire permet d'identifier les pistes de synergies potentielles, directement par l'enquêteur lui-même qui compile ses données, ou via un logiciel dédié à cette mission de mise en relation des flux.

L'étape suivante sera l'étude de faisabilité des synergies ainsi identifiées. Chaque piste de synergie est évaluée sous les angles technique, environnementale, réglementaire, et économique…en vue d'aboutir à sa concrétisation. C'est au terme de cette étape, qu'une synergie est dite réalisable ou non. Un plan d'actions vient ensuite mettre en œuvre ces synergies.

Faire vivre l'écologie industrielle dans le temps

Au-delà, le territoire fait le choix de s'inscrire dans une démarche de long terme, et de pérenniser ses actions. Il envisage alors de développer l'animation et la diffusion de ses propres expériences, de façon à maintenir ces actions collectives qui face aux enjeux du développement durable, sont une partie de la réponse.

Avis d'expert proposé par Agnès Delamare Grandsire, dirigeante de eicosysteme (Ecologie Industrielle Conseils et Organisation)

Réactions3 réactions à cet article

 

Je suis très heureux après la lecture de cet article riche d'analyses.
Je voudrai donc par ce biais demander dans quelle mesure nous pouvons établir une collaboration avec Agnès allant dans le sens de la gestion des auvegardes environnementales et sociales des projets des infratstructures de dévelioppement (routes, adduction d'eau...)

Cyprien Farel MOUYANGOU
Chargé de mission sauvegardes environnementales et sociales
Projet Eau, Electricité et Développement Urbain (PEEDU)
Brazzaville - Congo
Tél + 242 05 547 03 59

Farel | 07 février 2012 à 11h00
 
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Petite précision : l'ouest de la France n'est pas en reste concernant les démarches d'écologie industrielle, Bordeaux, Vitré, ainsi que plusieurs autres opérations ont été conduites en la matière.

Ce qui n'enlève en rien le fait qu'Ecopal a surement mené en France la démarche la plus large.

Laurent | 07 février 2012 à 11h18
 
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Je suis très intéressée par cette démarche d'écologie industrielle territoriale. Comment peut-on obtenir le guide méthodologique COMETHE et se former sur la méthode?

Delphine | 11 février 2012 à 11h49
 
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