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L'agriculture Bio nécessite un accompagnement de l'ensemble de la chaîne de production

L'agriculture biologique a connu un essor ces dernières années. Pour ajuster l'offre et la demande, le secteur sous l'impulsion du ministère de l'Agriculture, va initier des travaux lors d'assises mi novembre.

Agroécologie  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

L'essor de l'agriculture biologique de ces dernières années nécessite davantage d'accompagnement : c'est le constat auquel semble être arrivé le ministère de l'Agriculture.

Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, a ainsi demandé à Florent Guhl, directeur de l'Agence Bio, de lancer des réflexions en ce sens associant tous les acteurs concernés à l'occasion des Assises de la Bio le 14 novembre 2016. "Ce travail permettra de pérenniser la dynamique impulsée depuis 2013 par le programme Ambition Bio 2017 et pourrait se conclure par la poursuite de ce programme au-delà de 2017, une fois amendé si nécessaire", précise dans un communiqué le ministère de l'Agriculture.

Si les parts de marché de l'agriculture biologique restent encore faibles, les acteurs soulignent toutefois la dynamique du secteur : en 2015, ce dernier représentait près de 5,8 milliards d'euros, avec une hausse de + 14,7% par rapport à 2014, selon l'Agence Bio. Fin 2014, la surface agricole utile (SAU) biologique a atteint environ 4%. Ce qui situait la France comme la troisième surface agricole bio de l'UE, ex-aequo avec l'Allemagne.

En 2015, les terres cultivées en bio ont augmenté de 23% par rapport à 2014, atteignant les 1,375 million d'hectares et 5,12% de SAU. "Fin 2016, nous pensons arriver à 6%. L'objectif rappelé par le président de la République est de retrouver une place de leader en Europe, précise Florent Guhl. Il y a certes l'Allemagne mais devant nous il y a aussi l'Italie et l'Espagne". En mai dernier, François Hollande, à l'occasion de l'inauguration de la nouvelle halle du marché de Rungis (94) consacrée aux produits biologiques, avait en effet souligné l'ambition française de se "hisser au premier rang" et promis une progression des crédits publics accordés en 2016 et 2017.

Une augmentation des conversions de fermes de 9%

Fin 2015, les fermes bio représentaient 6,5% des exploitations françaises. La conversion à ce type d'agriculture a connu une augmentation de 9% par rapport à 2014. "En terme de fermes, le nombre de conversion en 2016 a franchi un niveau jamais encore atteint : entre 1.300 à 1.400 passages en bio ", pointe Florent Guhl.

Selon l'Agence Bio, cette agriculture est mieux représentée dans les cultures pérennes : près de 18% pour les surfaces plantées de vergers et plus de 9% des surfaces de vigne. En 2015, les surfaces bio de grandes cultures, par exemple de céréales, ont progressé de +33% par rapport à 2014 et représentent désormais 2,5 % de la SAU de grandes cultures.

"Nous avons des éléments de seuils importants, par exemple pour le stockage, justifie Florent Guhl. Pour avoir la capacité de stocker des céréales uniquement bio dans un silo réservé à cet effet, il faut dans ce secteur franchir le seuil de 5.000 tonnes dans un silo avec trois/quatre rotations par an. Ensuite, à l'aval, il faut que des meuniers bio, des boulangeries bio soient installés, c'est donc toute la chaîne qu'il faut pouvoir accompagner".

Pour ce qui concerne l'élevage bio, les filières les plus dynamiques s'avèrent être les élevages de bovins allaitants (+15% de fermés engagées) et l'élevage ovin (+10% de fermes). La part la plus importante est détenue toutefois par le secteur des poules pondeuses (8%) et l'apiculture (13,8%).

"Nous avons constaté une accélération assez importante de la demande et en partie de l'offre depuis 1 an et demi 2 ans : le baromètre CSA indiquait fin 2015 que 9 français sur 10 affirmaient avoir consommé des produits bio dans l'année, dont 65% régulièrement, note le directeur de l'Agence Bio. Nous allons examiner les facteurs et freins au développement, voir comment répondre à la fois en production, en transformation, en distribution, à tous les enjeux des produits bio de façon à ne pas rater le moteur de la demande ".

Progression des ventes de produits bio

Selon l'Agence Bio, en 2015, les ventes de produits bio ont progressé dans les circuits courts (+20% par rapport à 2014), les magasins spécialisés bio (+17%), les artisans-commerçants (+15%) et les grandes surfaces alimentaires (+11%).

"Les deux modes circuits courts et magasins spécialisés en bio sont ceux qui progressent le plus vite, le consommateur de produits bio a le souhait d'un lien, constate Florent Guhl. Nous allons examiner le possible développement d'outils numériques qui permettent aux consommateurs de trouver des produits bio si possible proches de chez eux, d'agriculteurs qu'ils peuvent identifier".

Du côté de la formation, des réflexions sont également en cours. Des pistes devraient être présentées au cours de rencontres professionnelles le 14 septembre à Paris. "Des chantiers sont menés dans l'enseignement agricole mais aussi dans l'enseignement général, souligne Florent Guhl. En mai dernier, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education a signé des arrêtés pour introduire, dans les formation niveau CAP et BEP pour les futurs épiciers, bouchers boulangeries, des formations à la bio. Pour les prochains examens, les sessions de 2017, il y aura des questions posées sur les spécificités de production, transformation et vente des produits bio".

Pour mémoire, le programme Ambition Bio 2017,présenté en mai 2013 par le ministère de l'Agriculture, vise les 8% de SAU fin 2017 et 20% de produits biologiques dans la restauration collective d'Etat.

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