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Territoires bios pilotes : quand les collectivités s'emparent de la question agricole

Depuis plus de vingt ans, encouragés par la Fnab, des dizaines de territoires se mobilisent pour développer l'agriculture biologique au sein de leur périmètre. Au bénéfice de l'eau, d'abord, des agriculteurs et des habitants ensuite.

Agroécologie  |    |  Nadia Gorbatko
Territoires bios pilotes : quand les collectivités s'emparent de la question agricole

Malgré les écueils ou les freins rencontrés par l'agriculture bio - comme la baisse de la consommation de ses produits –, il est toujours possible de développer ce secteur dans les territoires. Les outils et les leviers existent. Tel est le message délivré par la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab) lors du Salon des maires, à l'occasion de la signature de la charte de son réseau des territoires bios pilotes.

Des agglomérations comme Seine-Eure et Château-Thierry, des métropoles comme Strasbourg et Montpellier, les parcs régionaux de l'Avesnois, du Pilat, des boucles de la Seine normande et d'Armorique… Sur la trentaine de membres que compte ce groupe, plus d'une dizaine étaient présents, témoignant de leur grande diversité : situés en zones urbaines, rurales ou intermédiaires, de petite taille ou de grande envergure, très avancés ou débutants dans leurs projets. « Contrairement à d'autres démarches qui valorisent plutôt les résultats, cette charte met en avant l'engagement des collectivités ou des syndicats dans un processus, leur volonté de progresser, de participer au réseau et de contribuer à son rayonnement », explique Clément Charbonnier, chargé de mission territoires bios au sein de la Fnab.

La protection de l'eau en priorité

Destiné notamment à favoriser le partage de connaissances entre tous, à leur apporter des informations nouvelles et à stimuler leur volonté d'expérimenter, le réseau a d'abord été créé par la Fnab en 2008, sous l'appellation Eau et bio, en partenariat avec l'Office français de la biodiversité (OFB). « Son objectif était alors d'utiliser l'agriculture bio comme un levier de la protection de l'eau, domaine où les collectivités territoriales avaient des compétences », détaille Clément Charbonnier.

 
Cette charte met en avant l'engagement des collectivités ou des syndicats dans un processus  
Clément Charbonnier, Fnab
 
C'est ainsi que pour protéger leurs zones de captage ou leurs nappes, l'agglomération de Lons-le-Saunier (Jura), du Douaisis (Nord) ou le parc naturel régional de l'Avesnois (Nord) ont lancé des programmes visant à réduire l'usage des intrants utilisés par l'agriculture conventionnelle grâce à un accompagnement à l'installation en bio ou à la conversion d'exploitations. Depuis, parallèlement au développement du savoir-faire des élus et de leurs équipes, le périmètre d'intervention de ces territoires s'est élargi à d'autres thématiques : atténuation du changement climatique ou adaptation, développement économique, construction de filières agricoles, protection de la biodiversité ou renouvellement des générations d'agriculteurs.

D'autres sujets émergents

Soutenu notamment par l'agence de l'eau Artois-Picardie et la Région Hauts-de-France, le PNR de l'Avesnois, par exemple, s'est particulièrement attaché à la construction d'une filière pour le lait, auprès des coopératives, et d'une autre pour la viande, auprès des bouchers. Dans le même temps, il s'efforce de flécher les produits vers les cantines des établissements scolaires et les consommateurs. Pour un montant de près d'un million d'euros, la ville et l'Eurométropole de Strasbourg, de leur côté, mettent en place les paiements pour services environnementaux aux agriculteurs, aidées par l'agence de l'eau Rhin-Meuse.

Tout en continuant à préserver ses zones humides et sa ressource en eau, la communauté d'agglomération de la région de Château-Thierry (Aisne) s'emploie également à maintenir l'activité agricole sur son territoire, via la mise à disposition de foncier communal pour les maraîchers. Mais elle travaille aussi à améliorer les habitudes alimentaires de ses habitants, par le biais d'un programme alimentaire territorial, déjà concrétisé par la mise en place d'une plateforme locale d'achat en ligne, sur le principe du Clic and Collect, la construction d'une légumerie ou l'aménagement d'une cuisine centrale.

Des résultats probants

Pour la plupart des membres de ce laboratoire d'innovation, les résultats sont au rendez-vous. Sur le territoire de Valence-Romans agglo, qui accompagne individuellement chaque agriculteur en conversion, les surfaces menées en bio ont augmenté de plus de 80 % entre 2016 et 2021 pour totaliser aujourd'hui quelque 20 % de la surface agricole utile (SAU) totale. Tout comme celles de la communauté d'agglomération du Pays de l'Or (Hérault). La communauté d'agglomération du Pays basque, pour sa part, a atteint 7 % de SAU et le PNR de l'Avesnois 10 %, au lieu de 2 % dans sa région (Hauts-de-France), en moyenne.

Ce dernier compte désormais 170 fermes bios, pour 32 en 2010, dont une partie en régie, grâce à l'action du mouvement Terre de liens. De ce fait, il accueille aujourd'hui la moitié des exploitations laitières AB de sa région. Ses exploitants disposent de huit marchés de producteurs dont quatre spécifiquement bios. « Mais il reste du chemin à parcourir », insiste Paul Raoult, président honoraire du parc qui compte fermement arriver rapidement jusqu'à 30 % de SAU en bio.

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