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L'agriculture plaide pour la chimie végétale

Après la biomasse et les agrocarburants, l'agriculture s'intéresse à la chimie végétale. Les dérivés des plantes peuvent en effet remplacer le pétrole dans nombre de process industriels. Reste à prouver l'efficacité et la rentabilité de ce débouché.

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
L'agriculture plaide pour la chimie végétale
© Paolo Toscani
   
Ils sont renouvelables, biodégradables et peuvent remplacer dans de nombreux cas les procédés chimiques industriels. Les végétaux font l'objet d'une intensification de la recherche pour développer une chimie verte. Les cosmétiques, les détergents, les textiles, les produits d'hygiène ou d'entretien, les emballages pourraient être fabriqués à partir de matières premières végétales (amidon, glucose, glycérol, paille, résidus de bois, oléagineux…), en lieu et place des dérivés du pétrole.
L'agriculture, comme le montre le rapport publié en septembre 2009 par le haut conseil de la coopération agricole (« Chimie verte, une priorité pour la France »), soutient cette nouvelle filière. Les producteurs sont en effet à la recherche de nouveaux débouchés : ''ce qui fera demain la rémunération du producteur sera l'addition des revenus des différentes filières,'' explique Xavier Beulin, président du HCCA. Après la biomasse, les agrocarburants, c'est au tour de la chimie verte de trouver les faveurs des agriculteurs.
Pourtant, si les recherches sur la chimie verte affichent des résultats positifs, l'efficacité industrielle, économique et environnementale de la chimie végétale reste à démontrer.
En 2006, sur 600.000 tonnes de solvants utilisés sur le marché, seuls 2,5 % étaient des biosolvants, sur 400.000 tonnes de tensio-actifs utilisés, 33 % étaient d'origine végétale, avec une ambition d'ici 2015 de 10 % et 30 % respectifs. Les intermédiaires chimiques de synthèse offrent également un gros potentiel à la chimie végétale.

Un rapport en faveur de la chimie végétale

Limiter la dépendance de l'économie au pétrole, réduire les émissions de gaz à effet de serre, maintenir et créer de la valeur ajoutée et de l'emploi, participer à la croissance verte sur le plan international et enfin répondre aux exigences du règlement européen REACH… le HCCA ne manque pas d'arguments pour défendre le développement de la chimie végétale en France.
Néanmoins, le rapport souligne les conditions du succès de cette chimie verte. Il faut, dans un premier temps, réduire les impacts négatifs induits par l'utilisation jusqu'au tarissement de cette source de matière première. Il faut ensuite s'assurer de la performance et de la compétitivité de la biomasse par rapport au pétrole. Il faut enfin respecter les critères de durabilité environnementale, sociétale, économique d'une telle filière.
Le rapport note également qu'un effort de recherche est à entreprendre : ''les connaissances scientifiques et techniques concernant les constituants des graines et organes de réserve des plantes sont importantes, mais celles concernant les caractéristiques physico-chimiques et cytochimiques des parois végétales nécessitent encore des travaux de recherche indispensables.'' L'intensification de la recherche devrait permettre également ''d'abaisser les coûts de revient des molécules produites et d'assurer ainsi à terme leur compétitivité par rapport à celles issues des ressources fossiles.''
A la suite des polémiques nées autour de la question des agrocarburants, le rapport tient à préciser que ''le développement de la chimie végétale ne dépend pas uniquement de l'exploitation des terres agricoles mais bien d'une utilisation raisonnée, dès lors qu'elle est économiquement viable et écologiquement supportable, de toutes les formes de la biomasse encore largement inexploitée (déchets et résidus, bois et algues)''. De plus, selon le rapport, ''il s'agit de faire coexister les usages alimentaires et non alimentaires de la biomasse.''

Des propositions pour le développement de cette filière

Le HCCA propose quatre pistes pour développer la chimie végétale en France. Pour Philippe Vasseur, président de la section économique du HCCA, ''il ne faut pas chercher à tout traiter. L'avenir réside dans les produits à forte valeur ajoutée comme les biomatériaux dans les domaines du bâtiment, de l'automobile, de l'emballage ou les intermédiaires chimiques''. Pour ces préconisations, le HCCA se base sur une étude réalisée pour le compte de l'ADEME par le cabinet Alcimed en 2007.
Deuxième condition au succès de la filière : ''nous avons besoin d'un soutien massif à l'innovation. Nous demandons à ce que soient mobilisés 500 M€ de fonds publics sur 5 à 7 ans, dans le cadre du grand emprunt par exemple. Il y a un réel enjeu en termes d'emplois.''
Le rapport note qu'un certain nombre de leaders existent déjà dans ce domaine. Il s'agit de les conforter et d'en faire émerger d'autres, notamment les PME et start-up innovantes.
Enfin, le rapport demande à ce que le cadre fiscal et réglementaire soit optimisé. ''L'évaluation (études, analyses), la promotion (normes, labels, étiquetage) et les incitations (fiscalité, aides) font partie d'un cercle vertueux susceptible de créer une dynamique.''

Réactions1 réaction à cet article

 
problèmes actuels de l'environnement et remèdes?

j'aimerai saisir les difficultés actuelles que rencontre pour assujettir la terre c'est-à-dire,les problémes actuels sur l'agriculture,l'énergie...
dans l'espoir que vous me répondrai dans les minutes qui suivent,j'attends vos reponses

Anonyme | 12 octobre 2009 à 15h57
 
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