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Actu-Environnement

Les agriculteurs du réseau CIVAM redeviennent paysans

Passer de l'agriculture intensive à l'agriculture durable, deux frères agriculteurs adhérents du réseau CIVAM ont tenté l'expérience avec succès. Partenaire du réseau, le WWF encourage fortement cette conversion.

Agroécologie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Au même titre que « l'agriculture raisonnée », le terme « agriculture durable » a fait son apparition dans le vocabulaire agricole depuis quelques années. Portée par les Centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural (CIVAM), cette agriculture durable se définit par une agriculture écologiquement responsable, socialement équitable et économiquement performante, pour une production d'aliments de qualité. Plus concrètement, selon ses partisans, il s'agit d'une agriculture économe en intrants (énergie, eau, pesticides, engrais, aliments du commerce...) qui cherche à « valoriser au mieux les ressources présentes sur l'exploitation avant d'envisager des achats à l'extérieur ». Elle privilégie également le recours à des modes de commercialisation locale et la valorisation de l'accueil familial, social et éducatif en milieu rural.

Depuis septembre 2007, l'association de protection de l'environnement WWF s'est associée au réseau CIVAM pour faire partager les expériences et les bonnes pratiques mises en œuvre par les 200 associations et les 10.000 adhérents qui animent le réseau. Elle a souhaité mettre en avant dernièrement la ferme Gosselin en Basse-Normandie. Les frères Gosselin sont emblématiques de la démarche de progrès qui caractérise l'agriculture durable pratiquée par les adhérents des CIVAM, explique le WWF.
Propriétaires d'une exploitation de plus de 72 ha sur laquelle ils élèvent 65 vaches laitières et 2.300 porcs, les deux frères ont entamé depuis les années 1990 une reconversion de l'intensif au durable. Ils sont donc passés d'un objectif de rendement maximum à atteindre par tous les moyens (vaches à très haut potentiel de rendement, production de maïs et de céréales avec une utilisation importante de pesticides, forte charge de travail) à une approche plus « personnelle ». Le leitmotiv des deux frères est de retrouver une plus grande autonomie sur leur exploitation, c'est-à-dire limiter au maximum le recours aux intrants extérieurs (pesticides et engrais, énergie, eau, aliments...), explique le WWF. Pour cela, plusieurs actions ont été mises en place : pâturage des vaches qui permet de réduire les surfaces de maïs (le maïs n'est utilisé qu'en complément de l'herbe), désherbage mécanique afin de limiter l'utilisation de pesticides, recours aux antibiotiques uniquement en cas de besoin et plus de manière systématique...
Aujourd'hui les objectifs semblent atteints : la baisse des besoins extérieurs (achats d'aliments, frais d'élevage...) a amélioré leur revenu qui atteint aujourd'hui pour eux et leur salarié plus de 2.000 € net par mois chacun. Avant, les réponses aux problèmes venaient toujours de l'extérieur (phytosanitaires, antibiotiques...), aujourd'hui on se pose des questions, on se remet en cause, on prend le temps de comprendre, expliquent les deux frères. Pour les deux frères, c'est la redécouverte du métier de paysan, estime le WWF.
Cette logique les incite à améliorer continuellement leurs pratiques et à rechercher de nouvelles solutions comme l'installation d'équipements plus économes en énergie. Associées à d'autres pratiques comme le maintien des haies et la mise en place d'assolements variés et de rotations culturales, ces améliorations auront également à terme un impact positif sur la qualité environnementale de l'exploitation. Les frères Gosselin ont également à coeur de montrer que la ferme n'est pas qu'un lieu de production mais aussi un espace ouvert vers l'extérieur. Ils organisent donc tout au long de l'année des événements sur leur exploitation, notamment, depuis 2 ans, avec une association locale, la « Faîtes des énergies renouvelables », afin de faire découvrir ces alternatives énergétiques au grand public et à leurs voisins.

Outre le facteur économique et environnemental, l'agriculture durable a aussi vocation à renouer le lien entre agriculteurs et territoire. Pour maintenir un milieu vivant et dynamique, les CIVAM favorisent l'installation agricole et la transmission des exploitations en s'appuyant sur un réseau d'agriculteurs qui jouent le rôle d'accompagnateurs. Il est aussi question d'ouvrir le monde agricole vers le monde urbain. Certaines fermes accueillent par exemple des enfants de banlieue parisienne favorisant ainsi de nouveaux échanges ville-campagne. L'accueil en milieu rural favorise le décloisonnement entre les agriculteurs et les citadins, entre les groupes sociaux, entre les générations, entre les cultures, explique le WWF.

L'ensemble des adhérents au réseau CIVAM participeront prochainement à l'opération « La France de ferme en ferme® » pour promouvoir l'agriculture durable. Cette opération se déroule sous forme de portes ouvertes dans les fermes les 26 et 27 avril 2008. Le public est invité à rencontrer sur le terrain des hommes et des femmes passionnés par leur métier et désireux de faire partager leur expérience et leur vision d'une agriculture durable, explique le WWF.

Réactions3 réactions à cet article

 
le courage de dire NON

Je ne suis pas de souche paysane mais je félicite ces nouveaux agriculteurs. Enfin des professionnels qui refusent la course au rendement illusoire et qui osent dire non aux aberrations que l'état instaure. La culture modérée et intelligente prouve bien que les frais parallèles (achat d' insecticides, implants etc...) rendent le travailleur de la terre dépendant du systhème. J'espère que la nouvelle génération " paysane" saura faire de bons choix et penser par elle même afin de ne pas continuer à être une assujettie sociale ( quand on y réfléchi c'est ce qui se passe aujourd'hui dans le monde agricole ). Alors BRAVO et continuez ...

sélène | 25 avril 2008 à 09h43
 
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Re:le courage de dire NON

Et si le vrai modernisme était de renforcer les points forts offerts déjà par la nature?

lopi | 01 mai 2008 à 18h37
 
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Re:Re:le courage de dire NON

ben c'est ça! connaitre le cycle de la terre et de la vie sans la dénaturer. L'oublie de cette base fondamentale qu'est la vraie connaissance de notre planète est l'erreur suprême de certain chercheurs ayant depuis longtemps bandé leurs yeux pour jouer aux magiciens, somme toute champions de l'illusion...Enfin, certains cerveaux se réveillent et pensent plus " terre à terre", mais on ne les écoute pas, vue le peu de rentabilité financière, mais tout est une question de choix. Y en a qui veulent plus vite, plus facile, donc, sans se préoccuper de ce que sera demain " après moi la fin du monde"...Dans la projection de notre évolution, nous ne sommes que des homo-sapiens ADOLESCENTS donc rebels à toute mesure de prévention.
La claque dans la gueule ( excusez moi de l'expression) va nous arriver en pleine face et le réveil risque d'être violent. Enfin, certains ados ne sont pas tous comme ça...Y en a qui écoutent mais on ne les entend pas. Leur donnerons nous raison?

sélène | 01 mai 2008 à 20h18
 
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