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L'agriculture doit évoluer pour répondre aux enjeux climatiques, énergétiques et environnementaux de demain

À l'occasion de sa 20ème session qui se tiendra du 25 au 28 avril prochain, le comité de l'agriculture de la FAO rappelle le rôle essentiel que jouera l'agriculture dans la résolution des grands défis climatiques, énergétiques et environnementaux.

Agroécologie  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Consulté périodiquement à travers la réalisation d'études et d'évaluations des problèmes agricoles et nutritionnels, le comité de l'agriculture de la FAO se réunit globalement tous les deux ans. Cette année, à cette occasion de la réunion prévue à Rome du 25 au 28 avril prochain, le comité souhaite rappeler le rôle essentiel que jouera l'agriculture dans la résolution des grands défis climatiques, énergétiques et environnementaux de demain. Dans un rapport préparatoire à la réunion, le Comité analyse la protection de l'environnement mondial selon une perspective agricole. Il décrit plus spécifiquement les trois facteurs importants pour la sécurité alimentaire que sont la diversité biologique, les changements climatiques et les bioénergies et leur relation étroite avec les économies agricoles.

En effet, le comité rappelle que l'agriculture est le premier bénéficiaire de la biodiversité : la diversité biologique agricole, forestière et halieutique sous-tend la production de denrées alimentaires, de combustibles et de fibres ainsi que toute une gamme de services écologiques. Mais il reconnaît que les stratégies imprévoyantes d'intensification et d'expansion agricole ont mis les ressources naturelles en péril. Des choix malavisés ont conduit à la destruction de la diversité biologique et des habitats, favorisé la pollution par les pesticides, accéléré la disparition de services environnementaux productifs et d'espèces sauvages et réduit les ressources génétiques agricoles pour l'avenir. L'augmentation escomptée de 50% de la population mondiale au cours des 50 prochaines années signifie que les productions agricoles devront augmenter. C'est pourquoi selon le comité, il est à la fois nécessaire et salutaire de gérer la diversité biologique dans le sens d'une adaptation afin de promouvoir une intensification durable de la productivité agricole, tout en conservant un volume adéquat de biodiversité naturelle et cultivée. Ajoutant que des systèmes agricoles durables, bien conçus et gérés dans l'optique d'une adaptation offriraient des solutions claires pour un fonctionnement symbiotique de l'agriculture et du milieu naturel. Le comité cite, à titre d'exemple, une gestion des ressources naturelles qui profiterait à l'agriculture tout en préservant l'environnement comme l'agroécologie et les systèmes d'exploitation mixte alliant par exemple aquaculture et riziculture. Ainsi même si l'agriculture a pu être néfaste pour la biodiversité, le comité est convaincu qu'elle est une partie de la solution pour stopper l'érosion de la biodiversité. De ce fait, il estime qu'il est nécessaire de planifier dès maintenant les changements et de convenir de mesures pratiques de conservation et d'exploitation optimale de la biodiversité pour l'alimentation et l'agriculture. Il considère que cette planification doit être envisagée au sein même du secteur agricole, étant donné que la correction des impacts négatifs a été et demeure l'un des rôles essentiels des institutions agricoles.

À sa prochaine session le Comité de l'agriculture rappellera également que le secteur agricole est étroitement lié au défi des changements climatiques. Les pratiques agricoles et forestières mondiales sont aujourd'hui responsables d'environ 25% des émissions de gaz à effet de serre, réduisent les puits de carbone et modifient les cycles hydrologiques exacerbant ainsi les retombées des changements climatiques. Parallèlement, la fréquence croissante des tempêtes, des sécheresses et des inondations a des répercussions sur les systèmes agricoles et leur rendu. Les changements climatiques risquent également de modifier la répartition agricole actuelle. Par exemple, les régions tempérées situées à des latitudes élevées pourraient enregistrer une augmentation de leur productivité, tandis que les régions tropicales de basse latitude pourraient constater une baisse de leur productivité céréalière. Dans son analyse, le Comité reconnaît que l'agriculture et la foresterie peuvent faire partie des solutions par les activités de conservation, de piégeage et de substitution du carbone. Mais selon lui, il convient d'accorder plus d'attention à l'adaptation aux changements climatiques que de débattre sur les mesures d'atténuation, surtout pour éviter que les pays en développement n'en subissent le contrecoup. L'agriculture a souvent montré par le passé une capacité réelle à s'adapter à l'évolution du climat. Au plan mondial, elle peut probablement s'adapter au réchauffement planétaire dans des proportions modérées, à condition que la variabilité climatique ne se manifeste pas brutalement, explique le Comité. C'est pourquoi, il encourage les recherches sur les possibilités d'adaptation au climat. Il rappelle que les populations diversifiées génétiquement et les écosystèmes à grande richesse spécifique ont de meilleures chances de s'adapter aux changements climatiques. Ainsi, en sélectionnant des variétés de riz adaptées et le bon régime d'irrigation, on peut réduire la production et les flux de méthane dégagés par les rizières inondées, tandis que la gestion des matières organiques du sol permet de réduire les besoins d'irrigation de 30 à 50%.

En terme de bioénergie, l'agriculture et la foresterie sont bien évidemment au cœur de la problématique. Le Comité souligne que les marchés énergétiques ont toujours eu une influence sur les marchés agricoles étant donné que les fluctuations des prix de l'énergie ont une incidence sur le coût des engrais, des pesticides et du carburant. Mais au cours des dernières années, les prix élevés des produits pétroliers et l'évolution des politiques vers un recours accru aux biocombustibles ont fait de certains produits agricoles des sources compétitives d'énergie. Les investissements dans les bioénergies ont été stimulés, ce qui a eu des retombées directes sur les prix à la production, notamment pour plusieurs produits alimentaires de base comme le maïs ou le sucre. Le développement des bioénergies suscite par conséquent des préoccupations pour la sécurité et la disponibilité alimentaire mais également sur les impacts environnementaux. Selon le Comité, il est probable que la production de biocombustibles aura un coût notable pour l'environnement. Ce sera notamment le cas si les systèmes de production agricole sont intensifiés de manière non viable, avec des répercussions en termes de pollution et d'épuisement des sols et des ressources en eau, de déboisement, de destruction des habitats naturels et de la diversité biologique, explique le Comité qui cite, comme exemple de dégradation environnementale, la transformation des forêts naturelles en plantations énergétiques dans nombre de pays.
Conscient des risques et des dérives possibles, le Comité de l'agriculture de la FAO estime qu'il faut définir des politiques pour réglementer l'affectation des terres. Il est urgent d'évaluer la faisabilité de certains systèmes bioénergétiques, en fonction des besoins et des dotations en ressources des pays, du climat politique aux niveaux national, régional et mondial et des scénarios plausibles concernant les variables économiques, environnementales et politiques.

Ainsi, l'agriculture est amenée à jouer des rôles divers dans lesquels des compromis difficiles mais d'une importance considérable doivent être trouvés. Selon le Comité, la problématique agricole doit être revue de manière globale afin d'intégrer les objectifs pour la sécurité alimentaire, l'énergie, les changements climatiques, les écosystèmes, le commerce et le développement. Il convient d'anticiper les changements dont l'avenir sera probablement porteur, et de commencer à modifier les pratiques de production. Toutes ces propositions seront donc discutées fin avril entre tous les représentants des états membres soit 112 pays.

Réactions3 réactions à cet article

 
L'agriculture

En effet, l'agriculture doit jouer un rôle capital dans l'avenir de notre société. J'ai vu il y a quelques jours, un reportage sur un agriculteur français, qui a eu une idée remaquable afin de conserver l'humidité de ses terres agricoles. En effet, il a par une idée toute simple venue du CANADA, arrosé ses terres avec du bois réduit en extremement petit , qui avec la pluie et le temps forme une mousse qui conserve anisi l'humidité du sol. Je ne suis pas agricultrice donc je ne maitrise pas vraiment les termes de cette profession, mais je crois que cette idée est à la fois simple et promesse d'avenir, car peu couteuse et très rentable : économie d'eau et meilleur terrain d'exploitation.

djudju | 19 avril 2007 à 09h19
 
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Re:L'agriculture

Bonjour,
Si vous voulez plus de détails sur ce bois réduit que l'on appelle en fait BRF (Bois Raméal Fragmenté) et sur lequel Actu-environnement a fait un excellent article le 01/09/2006, rendez-vous sur le site : www.lesjardinsdu brf.com. C'est devenu "mon site de chevet"
Nyv.

Nyv. | 20 avril 2007 à 07h17
 
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comment les paysans peuvent s'adapter aux changem.

Il est important des proposer des stratégies que les paysans peuvent realiser car no

clement | 09 octobre 2008 à 09h34
 
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