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Agrocarburants : la Commission européenne se prononce pour la certification volontaire

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
A l'heure où de nombreuses organisations dénoncent le développement des agrocarburants et les problèmes de déforestation en Indonésie et en Malaisie liés en partie à la culture de palmiers à huile, la Commission européenne publie deux communications visant à encourager les Etats membres, les entreprises et les ONG à avoir recours à des systèmes de certification volontaire pour les carburants issus de la biomasse.

''Pour les années à venir, les biocarburants représentent la principale alternative à l'essence et au diesel utilisé dans les transports, à l'origine de plus de 20 % des émissions de gaz à effet de serre dans l'Union européenne. Nous devons toutefois veiller à ce que les biocarburants que nous utilisons soient des biocarburants durables. Notre régime de certification est le plus strict du monde; il garantira que les biocarburants consommés dans l'UE satisfont aux normes environnementales les plus élevées. Et parce qu'il couvre les biocarburants importés, il produira des effets positifs sur d'autres régions du monde également'', justifie Günther Oettinger, membre de la Commission chargé de l'énergie.

Selon la communication, la Commission vérifiera si ces régimes de certification sont fiables et à l'épreuve des fraudes. Ils doivent garantir que tous les agrocarburants commercialisés sous le label en question sont durables et produits selon les critères établis par la directive sur les sources d'énergie renouvelables. Entre autres critères, les agrocarburants ''ne devraient pas être produits à partir de matières premières extraites de forêts tropicales, de zones récemment déboisées, de tourbières drainées, de zones humides, ni de terres de grande valeur en termes de biodiversité''. Le texte indique clairement que la conversion d'une forêt en plantation de palmiers à huile est contraire aux critères de durabilité.

Pour répondre aux polémiques sur les changements d'affectation des sols dus au développement des agrocarburants, la Commission souligne que ''la réalisation de l'objectif de 10 % nécessiterait quelque 2 à 5 millions d'hectares de terres, selon différentes estimations de l'incidence nette du changement d'affectation des sols. L'UE dispose d'une quantité suffisante de terres précédemment exploitées à des fins agricoles et désormais en friche pour constituer la superficie nécessaire, même si tous les biocarburants consommés devaient être produits en Europe. De même, dans d'autres régions du monde, il existe des alternatives à la déforestation. En Indonésie, on estime entre 3 et 12 millions d'hectares les superficies déboisées dans le passé et laissées en friche. Il serait normal de remettre ces terres en exploitation''.

Autre point soulevé par l'instance européenne : la question de l'impact des agrocarburants sur les émissions de gaz à effet de serre. Selon la Commission, seuls entreront en ligne de compte dans le calcul des objectifs nationaux de 2020 en matière d'énergies renouvelables, les agrocarburants qui permettent d'importantes réductions des émissions de gaz à effet de serre (35 % au moins dans un premier temps, 50 % en 2017, puis 60 %). La Commission précise que seuls ces agrocarburants sont admissibles à une aide publique nationale, telle qu'un dégrèvement fiscal. Rappelons qu'un rapport publié en mars dernier par l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) pour le compte de la Commission européenne soulignait qu'au-delà de 5,6 % d'agrocarburants dans les carburants consommés par le secteur européen des transports, les émissions de gaz à effet de serre liées au changement indirect d'utilisation des sols augmentent rapidement et érodent la ''durabilité'' environnementale de ces carburants.

Pour les Amis de la terre Europe, cette prise de position de la Commission européenne ne suffit pas : ''la politique européenne sur les agrocarburants est intrinsèquement non durable. Elle conduit au déboisement, endommageant l'environnement, créant plus d'émissions de gaz à effet de serre, augmentant la faim et encourageant l'accaparement de terres dans les pays du Sud. Ce sujet nécessite beaucoup plus que quelques critères et des plans volontaires pour devenir réellement durable. L'UE devrait abandonner cette folie et investir dans de véritables réductions d'énergie dans le secteur du transport''.

Rappelons que l'objectif européen est d'atteindre 10 % d'énergies renouvelables dans la consommation totale de carburants d'ici 2020.

Réactions2 réactions à cet article

 
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bsr je veux savoir les type de plantes dans lesquelles les bayeurs de fond s'interessent pour faire le biocarburants

tchao | 30 août 2010 à 21h33
 
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Je reste encore peu convaincu de l'initiative de l'UE qui a finalement pensé la filière des agrocarburants sous l'angle durable. Mais que fait l'UE dans les pays du Sud où sont déjà présentes plusieurs firmes internationales et qui opèrent de façon hypothétique dans ladite filière? Je pense que c'est une mesure qui est juste prise pour faire taire toutes les polémiques qui se font autour de la problématique. Une certification qui ne contraint pas les pays du Sud à définir un canevas strict prenant en compte tous les aspects du Développement durable et auquel sont assujettis tous les industriels, est loin d'être la solution. l'intérêt est ce qui préoccupe le plus les multinationales et l'histoire nous a souvent renseigné qu'en relations internationales, il y a toujours une très grande différence entre la théorie et la pratique. Qu'ils aient faim et qu'ils soient rachitiques au Sud et que nous, on maximise les profits en les dupant et en les exploitant, tel est le leitmotiv caractéristique des relations que développe le Nord avec le Sud. Réfléchissons donc à notre modèle économique capitaliste en panne et apportons des solutions idoines aux poussières qui l'enrhument, au lieu de toujours chercher à nous construire sur la ruine des autres.

José | 12 janvier 2012 à 18h33
 
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