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Agrocarburants : les changements d'affectation des sols toujours en débat

Un rapport de l'UE souligne la nécessité de poursuivre les études d'impact du changement d'affectation des sols sur le bilan carbone des agrocarburants. La Commission se prononcera en juillet et pourrait, selon les résultats, durcir la directive EnR.

Energie  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
   
Agrocarburants : les changements d'affectation des sols toujours en débat
© Filipe Varela
   

La Commission européenne présentera ''au plus tard en juillet 2011'' son analyse sur la prise en compte du changement d'affectation des sols dans l'évaluation de la durabilité des agrocarburants, a annoncé le 22 décembre Bruxelles en présentant un premier rapport sur le sujet.

La Directive européenne sur les énergies renouvelables (Enr) de 2009 précise en effet que l'utilisation des agrocarburants doit entraîner une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ''depuis la production de la matière première jusqu'à la consommation'' et prévoit également une ''restriction de l'usage des sols pour la production des biocarburants'' (terres à haute valeur en biodiversité et terres présentant un important stockage de carbone). Le texte fixe pour 2020 un objectif de 10% d'EnR dans le secteur des transports et de 6% de réduction des émissions de GES des carburants utilisés dans ce secteur via ''une contribution significative des agrocarburants'', rappelle la Commission.

Si le  rapport publié hier ''admet que les changements indirects dans l'affectation des sols peuvent atténuer les réductions d'émissions de GES associées aux agrocarburants'', il pointe du doigt ''diverses insuffisances et incertitudes associées aux modèles disponibles''. D'où la décision de Bruxelles de poursuivre les études d'impact du changement d'affectation des sols sur le bilan carbone des agrocarburants.

Vers un durcissement de la directive EnR ?

Cette ''analyse approfondie'' pourra être ''le cas échéant accompagnée d'une proposition législative concernant la modification des directives sur les ENR'', a prévenu la Commission, afin de réduire ''les effets secondaires négatifs'' des agrocarburants.

Cela pourrait se traduire par le relèvement ''du seuil minimal d'économies de gaz à effet de serre applicable pour les agrocarburants et bioliquides'' et l'instauration ''d'exigences supplémentaires de durabilité'' visant notamment à ''empêcher la conversion de zones de grande biodiversité et de puits de carbone, tels que forêts et zones humides'', précise Bruxelles.

'' Il nous faut veiller à ce que les agrocarburants que nous promouvons entraînent de réelles réductions d'émissions de gaz à effet de serre. Nous avons défini des critères de durabilité robustes pour la production de ces agrocarburants, mais nous ne devons pas négliger les effets indésirables qu'ils pourraient entraîner à l'échelle planétaire du fait de la demande ainsi créée. L'action dans ce domaine doit se fonder sur le principe de précaution'', a déclaré Connie Hedegaard, commissaire chargée de l'action en faveur du climat.

Réactions7 réactions à cet article

 

Apparemment ,il s'agit des agrocarburants de 1ère générations,donc des
ex cultures céréalières. Selon les sources d'infos sur leur validité, agriculteurs,industriels ou associatifs,on peut trouver des arguments
dans les deux sens! Alors, qu'on nous dise ,une fois pour tout, si ces
carburants complémentaires aux fossiles,diminuent ou augmentent
les GES et si ,oui ou non, le bilan énergétique est positif ou négatif?
Nous disposons des instituts de recherche ,pétroliers ou pas, pour
nous fournir des résultats crédibles ,également transmissibles à nos
jeunes et étudiants. Merci ,mais c'est urgent ,car on tourne en rond
depuis un demi-siècle sur ce sujet!

arthur | 26 décembre 2010 à 11h25
 
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Le tout n'est pas de savoir si les pays occidentaux peuvent se payer cette technologie sans mettre leur vie en danger par une augmentation des GES. Ce qui est extrêmement important est d'étudier l'impact des agrocarburants dans l'accès des populations de par le monde à une alimentation saine & peu couteuse. Nous pourrions ainsi découvrir que tout le monde peut manger à sa faim en laissant chaque peuple se nourrir par lui-même, en partageant équitablement les ressources terrestres !

Verine | 30 décembre 2010 à 09h37
 
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Malheureusement, ce n'est pas si simple.
Cela dépend tellement des hypothèses de calcul (raisonnement moyen ou marginal, nombre d'années considéré, etc.) et des situations particulières (type de biomasse, type de sol, méthodes agricoles, etc.) qu'il est très difficile de répondre simplement à ce type de questions...

sebso | 30 décembre 2010 à 14h24
 
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J'aime bien la réaction de Monsieur Arthur. Je pense toutefois qu'il attendra encore longtemps avant d'avoir une réponse. Personne n'y connaît rien car il n'existe pas d'étude sérieuse. Le principal est de rester dans le politiquement correct et les effets de mode.Ce qu'il faudrait surtout connaître, c''est le rapport énergétique entre l"énergie pour produire un litre d'agro-carburant et l'énergie que ce litre restitue. C'est ce que l'on appelle le rendement. Quant à l'utilisation des terrains, n'importe qui est prêt à faire n'importe quoi s'il y a des subventions importantes à la clé. La détérioration de la nature, le CO2 absorbé par les plantes et forêts pour leur permettre de survivre, c'st tout à fait secondaire. Paul Chérel

Paul Chérel (je ne pratique pas le pseudo ) | 31 décembre 2010 à 16h59
 
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Les agrocarburants et le changement d'affectation des sols.
Il est heureux que l'UE se penchent sur ce sujet car de nombreux pays du Sud notamment Africains se sont lancés dans la création de plantations de jatropha curcas afin de produire du carburant.
L'UE n'a pas donné de norme pour effetuer les plantations ,or il est évidant pour les investisseurs que le type de plantation retenu ne sera que la plantation industrielle. Le risque est grand de voir les bonnes terres affectées à la culture du Jatropha curcas et cela au détriment des cultures vivrières. Pourtant l'UE devrait inciter les communautés à planter le jatropha en limite des champs sous forme de haies vives . Ce mode de plantation permettrait au contraire de restaurer les sols en luttant contre l'érosion éolienne et hydrique. Dans ce cas le jatropha devient une opportunité pour l'aménagement des espaces et répondre au besoin de limiter les propriétés et règlerait en partie les problèmes de foncier.
Par ailleurs, il serait heureux que l'UE puisse avec le concours des instituts de recherche proposer des modèles familiaux de plantations de palmiers à huile afin des recréer des écosystèmes tout en proposant des revenus aux familles pauvres. Le Bénin pourrait profiter de ce type de recherche appliqué puisque ce pays est le berceau du Palmier à Huile dans le monde.
Je reste disponible pour échanger avec les responsable de ce dossier à l'UE .
Jean Yves Clavreul
jean-yves.clavreul@wanadoo.fr

clavreul | 02 janvier 2011 à 09h55
 
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En fait, tant que les études se feront en terme de rendement : la capacité d'une homme à produire une quantité toujours plus importante quelque soit l'énergie mis dans le système, nous arriverons toujours au même résultat.
Chercher des solutions avec le même raisonnement conduit aux mêmes erreurs. Ce n'est pas en introduisant une donnée supplémentaire, les GES en l'occurrence que la solution sera trouvée.
Introduit-on la notion d'efficacité (énergétique notamment) d'un système ?
Lors de la production d'une Tonne équivalent Pétrole en agro-carburant, il serait intéressant de comparer trois systèmes. Le système actuel en introduisant ce qui n'est jamais introduit dans les calculs car le système économique ne les introduit pas, les coûts extérieurs : les coûts de construction des infrastructures nécessaires (forage, pipe-line, supertanker, raffinerie, ...), les coûts d'entretien, les coûts de démantèlement (que fait-on des sites polluer, des matériaux arrivés en fin de vie, ...). Même en terme de GES uniquement, sans compter les coûts environnementaux & sociaux, il y aurait beaucoup à dire.
Et comparer à un système qui nous semble ridicule, nous occidentaux habitués à penser la démesure dans la production en monoculture, comme le suggère très justement Jean Yves Clavreul, de petites unités de production.
Là point n'est besoin de gaspiller des tonnes de métal pour le matériel, de goudron pour les routes, de sols qui s'érodent à force de gavage en terme d'engrais & de pestic ...

Verine | 03 janvier 2011 à 13h02
 
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Puisqu'on "internalise les externalités", il serait intéressant de mettre dans la balance des éléments tellement liés aux ressources énergétiques fossiles et à leur exploitation qu'on les oublie quand il s'agit d'affubler les biocarburants de tous les maux: guerres, dépenses d'armement et de soutien aux régimes des états pétroliers, déplacement de populations, pollutions chroniques (delta du Niger) et accidentelles (Amoco Cadiz, Exxon Valdez et autres Erika, Deep Water Horizon), gras émoluments des avocats "environnementalistes" (qui touchent sur les deux tableaux, pollueurs et pollués), etc.
Merci de ne rien oublier...

Remi Aubry | 10 janvier 2011 à 17h23
 
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