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Technologies bas carbone, la recette de l'AIE pour sauver le climat

L'Agence internationale de l'énergie a publié la version 2015 de son Energy Technology Perspectives. Un plaidoyer pour le soutien aux technologies bas-carbone et leur déploiement dans les pays émergents.

Energie  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Technologies bas carbone, la recette de l'AIE pour sauver le climat

"Il sera difficile de respecter les objectifs climatiques uniquement à travers le processus de négociations des Nations Unies qui devrait aboutir à un accord en décembre à Paris (…). Un effort concerté pour l'innovation dans l'énergie propre est la seule façon pour le monde d'atteindre ses objectifs climatiques". C'est en substance le message que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) transmet à l'occasion de la publication de son Energy Technology Perspectives 2015 (ETP 2015). Présenté en France avant une tournée mondiale, le rapport démontre que le déploiement de technologies bas carbone éprouvées et rentables va rendre possible la transformation du système énergétique actuel tout en renforçant sa sécurité.

L'AIE s'appuie sur "les succès récents", tels que la croissance rapide de l'énergie solaire photovoltaïque et l'inauguration au Canada l'an dernier de la première centrale électrique équipée de la technologie de capture et séquestration du carbone (CSC), pour mettre en évidence "le potentiel considérable et inexploité" des technologies propres. "Ce résultat, impensable seulement il y a une dizaine d'années est le pouvoir de l'innovation", a déclaré Maria van der Hoeven, la directrice de l'AIE.

Mais pour l'instant les tendances ne sont pas bonnes. Le déploiement des technologies propres ne va pas aussi vite que le nécessite le scenario de l'AIE visant à limiter à deux degrés la hausse des températures à la surface de la planète en 2050. Depuis que l'AIE réalise cet exercice, c'est la première fois qu'aucune technologie ne suit le bon rythme de développement. Même l'éolien, jusque-là bon élève, accuse le coup en 2014. Pour l'AIE il est donc urgent de passer à la vitesse supérieure en matière de soutien à l'innovation pour renforcer la confiance des investisseurs sur le long terme.

Le rôle clef des gouvernements

A l'heure actuelle, les dépenses des gouvernements vers la recherche et le développement en matière d'énergie sont estimées à 17 milliards de dollars. L'AIE recommande de les tripler, ce qui exigera "que les gouvernements et le secteur privé travaillent en étroite collaboration (…) pour que les financements publics fassent un effet de levier sur les capitaux privés". Les Etats ont un rôle clef à jouer pour mettre en place les politiques et les outils de marché qui créeront un climat de confiance propice à l'innovation et à la prise de risque associée. Selon l'AIE, le soutien des gouvernements doit être solide à travers toutes les phases de R&D et après. "Les outils doivent être adaptés aux technologies et à leur stade de maturité, c'est la clef du succès", conseille l'Agence.

Pays émergents, cible prioritaire

Sachant que le secteur de l'énergie émet près des deux tiers des émissions de CO2 mondiales, le déploiement d'un portefeuille de technologies propres dans tous les secteurs pertinents sera essentiel à sa décarbonisation. L'AIE prône surtout l'alignement des objectifs d'innovation à l'échelle mondiale avec, en ligne de mire, les pays émergents qui "pourraient offrir de plus grandes avancées et plus rapidement". Leur demande croissante en énergie et la construction des infrastructures nécessaires crée "une occasion unique pour déployer ces technologies à faible carbone". Le transfert de technologie, un élément clef des négociations climatiques internationales, est donc clairement encouragé par l'AIE. Le nombre des brevets en matière de lutte contre les émissions de carbone a été multiplié par huit depuis les années 90 mais ces brevets restent concentrés dans quelques pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) alors que 75% des besoins sont dans les pays émergents. "Les pays de l'OCDE ont un rôle important pour partager les leçons apprises", plaide l'Agence.

La Chine, par exemple, ambitionne clairement de devenir le leader mondial dans les marchés des technologies à faible émission de carbone et elle s'en donne les moyens : "la Chine a démontré sa capacité à produire de l'innovation originale, intégrée et optimisée, note l'AIE. Elle continue de progresser dans la chaîne de valeur des technologies et systèmes innovants avancés". L'adoption récente de politiques plus strictes en matière de pollution de l'air, de qualité du charbon et d'efficacité de la production d'électricité, fournit des incitations supplémentaires. "En fin de compte, l'augmentation de la capacité de l'industrie chinoise à accélérer l'innovation renforce la confiance des décideurs à poursuivre des objectifs d'atténuation climatique encore plus ambitieux", conclut l'Agence.

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